Quand un pays est dirigé par des totos: le Cas de la Côte d’Ivoire (Par Calixthe Beyala)

Mercredi 22 Août 2012 - 07:31


Quand un pays est dirigé par des totos: le Cas de la Côte d’Ivoire (Par Calixthe Beyala)
C’est curieux, oh combien, certains événements vous laissent perplexe, sans voix presque.
Depuis ce matin, I télé diffuse en boucles, en ronds et en débâcle, l’information selon laquelle les FRCI aurait attaqué le siège du FPI, brûlé celui du journal le temps, blessé au passage quelques gamins réunis en blablaterie politique.
J’en suis étonnée d’autant que cet acte ne saurait relever d’un Etat digne de ce nom, de responsables politiques conscients de leur rôle dans la société !
En effet, ce n’est nullement au siège d’un parti politique ou d’un journal, qu’on saurait venir attraper des soi-disant assaillants ou commandants qui depuis plusieurs semaines, tiennent les FRCI en échec dans plusieurs villes Ivoiriennes.
Ce commando qui pour tout observateur un peu averti ne saurait être constitué de simples civiles aussi opposants soient-ils, mais de personnes aguerries aux choses de la guerre si l’on considère leur méthodologie, leur technique d’action, leur manière d’agir. Ce commando dont on ignore tout et dont le souci premier est de préserver la vie humaine, notamment celle des civiles, semble être formé de personnes douées d’une grande intelligence, d’un sens de responsabilité étatique. Il ne saurait donc s’agir de simples pro-Gbagbo comme aiment à l’avancer les autorités Ivoiriennes ; Les pro-Gbagbo que personnellement j’appelle des syndicalistes tant ils sont doués pour les manifestations pacifistes, la mobilisation à travers les rues de Paris et d’ailleurs.
Faudrait-il rappeler aux FRCI que l’armée d’un pays n’est pas aux ordres des politiques, mais est là pour protéger les citoyens et la souveraineté de la Nation. En aucun cas, une armée digne ne saurait retourner ses armes contre la population; en aucun cas, elle ne saurait procéder à des arrestations arbitraires, à la torture, aux meurtres sous prétexte que celle-ci serait opposer au régime en place.
L’armée d’un pays est pérenne et doit survivre aux hommes politiques, aux aléas historiques qui perturbent souvent la bonne marche d’une nation…
Ces actes de barbaries perpétrés contre des journalistes ou de hommes politiques ne peuvent en aucun cas apaiser, calmer les tensions…. Tout au contraire, ils exacerbent les haines, renforcent l’idée selon laquelle il conviendrait d’en découdre.
Les FRCI rétorqueront peut-être qu’ils étaient à la recherche des documents au siège du FPI et du journal le temps, documents qui leur auraient permis d’arrêter le commando inconnu. Peut-être. Sans doute. Mais pour cela, un Etat n’a nul besoin d’agresser des civiles, de saccager des lieux… Il suffit juste de demander pacifiquement la perquisition des lieux. Si Etat agit différemment, alors, il ne s’agit plus d’un Etat, mais d’un groupuscule de voyous, de mafieux et autres bandits de grands chemins… Si un Etat agit différemment, incontestablement on peut les appeler une bande de TOTO, vous savez mes amis, lorsque Mamadou et Bineta allaient encore à l’école.
 
Calixthe Beyala




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