Quand il pleuvra à La Haye, Abidjan sera inondé

Mercredi 6 Juin 2012 - 05:00


Manifestation du 14 juillet 2011 à la CPI
Manifestation du 14 juillet 2011 à la CPI
L’alliance politique qui gouverne en Côte d’Ivoire doit être toute excitée de voir poindre le 18 Juin 2012. Cette alliance, amie des coups d’états et rebellions, amie des dozos et autres soudards, pensent ce jour, voir les charges contre le Président Laurent Gbagbo, confirmées par la CPI. Elle a déroulé son système, très sophistiqué avec en amont un certain monsieur nommé Moreno Ocampo. Même si le tristement célèbre Sarkozy sort officiellement du dispositif, les espoirs, pour eux, demeurent toujours. Vu la détermination de ce monsieur à voir condamner le Président Laurent Gbagbo, appelé aussi « le colis gênant » par Denis Kah Zion et son Journal plus RDR que PDCI, les gouvernants de la Côte d’Ivoire s’apprêtent à frétiller de joie. Ils n’ont même pas attendu l’issu de l’audience de confirmation des charges pour offrir au soleil leur belles dents. L’acte d’accusation de leur Moreno a suffi à précipiter leur joie. Nous devinons déjà comment ils comptent fêter cette « victoire ». Ils sont certains que le Président Gbagbo Laurent sera condamné au nom de la paix. Et Dieu seul sait combien ils sont, ceux qui versent dans de telles bassesses.
En réfléchissant ainsi, ils semblent oublier que depuis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye, la réconciliation est devenue impotente. Le Président de la commission dite Vérité et réconciliation, aidé par le tout nouveau premier ministre, peinent à trouver des béquilles qui conviennent à dame réconciliation. C’est donc couchée sur le ventre plein d’échecs ou assisse à même le sol, que cette réconciliation sentira la pluie de la Haye inonder le pays. Autrement dit, pendant que le procès se déroulera à la Haye, les effets se ressentiront en Côte d’Ivoire et cela quelles que soient les conclusions des juges.
La confirmation des charges voudra dire que le Président Gbagbo Laurent a de fortes chances d’être emprisonné. Il ne pourra donc plus regagner son pays natal, il sera définitivement séparé de sa famille biologique, politique ainsi que de ses amis. Cette nouvelle tuera certainement de joie certains dignitaires du régime dictatorial d’Abidjan. Ils auront réussit enfin à se débarrasser d’un homme, leur ennemi juré. Mais quel dividende pourra recueillir l’ensemble de la communauté nationale? Si nous partons du principe que l’ensemble de la communauté prend en compte les partisans de Laurent Gbagbo et que ces derniers ont décidé de « s’aligner derrière Laurent Gbagbo », il est clair que cette réconciliation qui est déjà impotente, tirera sa révérence et sera inhumée comme un nouveau né. Si également nous nous référons aux dérives du sieur Alphonse Soro Tiorna qui a affirmé : « les gens ne sont pas prêts pour nous (…) il y a un système anti Ouattara qui est entrain de se développer en Côte d’Ivoire», l’on comprendra qu’une confirmation des charges nourrira très bien ce « système anti Ouattara » qui prendra rapidement du poids. Du coup, le « vivre ensemble » tant chanté par le RDR, mais jamais dansé, ne connaitra aucune matérialisation. Voici la première inondation qui vaincra le plan Orsec. Certains esprits malins du pouvoir diront certainement que, passé le premier choc de la confirmation des charges, le temps fera son effet et les partisans de Gbagbo, se résigneront. Les tentatives de corruption auront leur mot à dire, mais tout compte fait, ces partisans préféreront « mourir débout que de vivre à genoux. »
Quant à l’infirmation des charges, c’est-à-dire la relaxe pure et simple, au terme des délibérations des juges, elle imposera Laurent Gbagbo au sol ivoirien. En un mot, il devra retourner en Côte d’Ivoire. Il ne restera pas en exil. Cette nouvelle tuera rapidement certains cœurs fragiles du pouvoir. Elle paralysera certains atteints d’hypertension artérielle partiellement affectés par le mal. Ils préféreront retourner à la poussière que de voir Laurent Gbagbo retourner triomphalement en Côte d’Ivoire. Ils s’en iront aussi vite parce qu’ils boiront leurs instincts grégaires, plus toxiques que la siguë. Cette inondation là sera autant dévastatrice que la première. Voir la ville d’Abidjan inondée par une telle nouvelle démontrera aux yeux de tous que les tenants du pouvoir sont médiocres dans tous les domaines sauf dans l’art de comploter. Mais au delà, si celui que le camp de Ouattara présente comme le tueur est libéré, il va falloir précipiter devant cette juridiction internationale, les accusateurs au pouvoir afin que l’on sache s’ils sont tout à fait innocents. Tous ces chefs de guerre qui paradent glorieusement dans des biens acquis au prix du sang d’innocents ivoiriens, tous ces barbus qui ne savent pas ce que signifie le mot ingrat, devront poser leurs baluchons à la Haye dans l’espoir d’y vivre éternellement.
La libération de Laurent Gbagbo aussi ressuscitera certains unijambistes intellectuels, des procureurs à gages qui soutiendront que Laurent Gbagbo sera jugé et condamné en Côte d’Ivoire pour crimes économiques. Même dans ce cas de figure, Abidjan sera immergée.
La vague d’inondation est donc inévitable. Pile ou face, les gouvernants seront confrontés aux effets du transfèrement du Président Gbagbo Laurent. Ils comprendront que leur amateurisme politique a été un mauvais conseiller. Aujourd’hui que leur nombril Sarkozy a ses problèmes et ses futurs procès à gérer, le clan Ouattara devra avoir le moral nécessaire pour tenir. Malheureusement son moral est déjà atteint.
Nous ne baissons pas la garde.
Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
 
 
 

manifestation du 14 juillet 2011 à la CPI
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