Programme présidentiel d’urgence: A quoi servent les ministres de Ouattara ?

L’initiative est louable : réparer dans l’urgence une partie de ce que les forces du mal ont endommagé dans la conquête ensanglantée du pouvoir d’Etat. Les domaines de compétence sont définis à bien propos : eau potable, santé, éducation, électricité et salubrité urbaine. Aujourd’hui, le Programme présidentiel d’urgence (PPU), dans la pratique, pose de gros problèmes de gouvernance et d’éthique gouvernementale.

Vendredi 20 Septembre 2013 - 08:27


image d'archive: une réunion des membres du gounernement
image d'archive: une réunion des membres du gounernement
D’un montant initial de 45 milliards FCFA en 2011, le budget du PPU est passé à 60 milliards FCFA, puis à 80,5 milliards FCFA en 2012. En 2013, il est monté à 125 milliards FCFA. « Nous avons sollicité 300 milliards FCFA pour 2014. Mais on nous a annoncé  qu’on ne peut m’accorder au plus 135 milliards FCFA. C’est peu pour l’immensité des besoins à satisfaire. Mais on fera avec ce qu’on nous donne » , explique un haut cadre de la cellule de coordination du programme. Immensité des tâches ? Il convient de rappeler le détail des interventions du PPU. Dans le secteur de l’eau potable, on note la réparation de pompes villageoises, la réalisation de forages, la réhabilitation de stations de traitement, l’extension et le renforcement de réseaux de distribution ainsi que la construction de bornes-fontaines. Dans le domaine de la santé, les compétences vont à la réhabilitation de centres hospitaliers universitaires et régionaux, l’équipement partiel des centres de santé en appareils de dialyse, les dotations en fauteuils dentaires, ambulances et groupes électrogènes. Dans celui de l’éducation, il y a la distribution de kits de fournitures scolaires, la réhabilitation et l’équipement d’établissements publics. Dans celui de l’électricité, il est prévu  le développement de l’éclairage public,  la réhabilitation et l’extension des réseaux, la subvention pour les branchements sociaux. Depuis 2012, s’ajoutent à cette liste les problèmes de voirie et entretien routier, les projets de création d'emplois. « Ces domaines ne peuvent-ils pas être couverts par les ministères ? Nous, les conseillers techniques, nous ne servons pratiquement plus à rien. C’est dans les medias que nous apprenons que des travaux ont été effectués concernant nos domaines de compétence. Tout est centralisé au niveau du coordinateur du programme. C‘est lui et lui- seul qui décide de ce qui doit être fait en ce qui concerne les travaux, même ceux qui ne sont pas forcément des urgences. Les ministres ne sont sollicités que pour la paperasse, et encore en cas de besoin», se sont récemment confiés à nous des conseillers techniques. Ils soutiennent  que les instructions se passent entre la présidence de la République et la cellule de coordination du PPU. « Quand des populations ou des cadres sollicitent des infrastructures, le chef de l’Etat donne des instructions au coordinateur qui les exécute. Il ne cherche même pas à savoir si les dossiers qu’il doit mener  ne se trouvent pas déjà dans le pipeline des travaux à effectuer par les ministères techniques. Tout se passe comme si le gouvernement n’existait pas » , se renfrognent nos interlocuteurs.
Les ministres royalement négligés
« Faux ! » , rétorque  un autre membre de la cellule de coordination sous le sceau de l’anonymat. « Nous avons de très bons rapports avec les ministères. Mais ils ont des procédures tellement longues, tellement fastidieuses que s’il faille les suivre jusqu’au bout, on ne fera rien dans le court terme. On n’a pas l temps, il y a trop de demandes à satisfaire. Nos procédures sont simples et le règlement se fait dans un délai de trois semaines au plus » , se défend-t-il. Réplique des agents des ministères : « Les procédures simplifiées renvoient au gré à gré. On confie des marchés à des amis avec qui on se partage les jetons (sic), puis on se plaint quelque temps après  que les travaux n’ont pas été bien effectués. C’est de l’hypocrisie.  Alors que chez nous, ce sont les appels d’offres qui sont la règle. Le  vrai problème, c’est qu’ils disposent d’un budget colossal qu’ils gèrent entre eux. Et politiquement, ça fait l’affaire du chef de l’Etat puisque les populations croient que c’est avec son argent que les chantiers sont ouverts» , dénoncent-ils. Les accusations se poursuivent avec les élus des collectivités locales. Quid de la collaboration avec les conseils généraux récem - ment supprimés, les maires ? « Nous travaillons avec les préfets. Que les conseillers généraux leur confient leurs doléances. Les pré - fets se feront fort de nous les transmettre. Après étude des cas, nous lançons les projets. En tous cas, il faut retenir que le PPU n’est pas prêt à cesser ses activités parce que toute la Côte d’Ivoire est dans l’urgence. Le premier mandat du président Ouattara est un programme d’urgence et les gens doivent  le comprendre ainsi » , tranche-t-il. Malheureusement pour les animateurs du PPU, il y a des « gens» qui ne sont pas de cet avis. Tel que le président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (Uvicoci), François Al - bert Amichia, qui ne cesse de récriminer contre le ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur qui n’a pas encore mis les budgets à la disposition de la majeure partie des communes. Du fait du PPU. Les ministres, eux, sont contraints au silence. Sinon…..

J-S Lia liasylve@yahoo.fr
Source: Notre Voie N°4523 du jeudi 19 septembre 201 3




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