Professeur Ouraga Obou: Du devoir d'ingratitude au devoir de corruption.

Jeudi 29 Mars 2012 - 22:17


Professeur Ouraga Obou: Du devoir d'ingratitude au devoir de corruption.

Le Professeur Ouraga Obou a été nommé, depuis le 25 juillet 2011, membre du Conseil Constitutionnel par Alassane Dramane Ouattara. Le jour même de sa nomination, Ouraga Obou affirmait face aux médias: «En renouvelant ma gratitude au Chef de l`État, je voudrais également remercier tous ceux qui m’aiment et tous ceux qui m`ont fait confiance. Et je demande à ceux-là d`être exigeants envers moi pour que je puisse, avec abnégation et loyauté, m`acquitter, envers le chef et envers toute la nation, de mon devoir d`ingratitude. Lorsque on vous nomme à une fonction aussi importante que celle-là, il est bon de remercier la personne qui vous a nommé, mais vous n’êtes pas soumis à la personne. Vous êtes un devoir national. On n’a pas à ce soumettre aux injonctions de la personne, il faut s’acquitter d’un devoir pour la nation, c’est ça le devoir d’ingratitude.» Et pourtant, l’illustre constitutionnaliste a bien trahi cette belle profession de foi. Il s’est servilement soumis à celui qui l’a nommé. Ses propos étaient loin d’être ceux d’un intellectuel courageux et déterminé à servir la loi fondamentale de son pays, dans l’intérêt supérieur de la Nation.
Il en est ainsi depuis le lundi 12 mars dernier. Sous les yeux de l’illustre constitutionnaliste, la Constitution ivoirienne a été violée sans vergogne par les pseudo- républicains et démocrates du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix). Or il était sensé en être l’un des farouches défenseurs, comme il l’a lui-même exprimé dans sa belle profession de foi. L’histoire retiendra que le professeur est resté muet, comme auto-muselé. Corruption oblige! Gratitude oblige! Donc fini le devoir d’ingratitude! Il fallait céder, en se prosternant devant la volonté du maître Dramane Ouattara. Le maître voulait se débarrasser de son fils trop gênant, trop encombrant et trop puissant. Il fallait le faire avec un minimum de sagesse, surtout que le fils détient encore le couteau trop tranchant que le père lui a confié. Le père ne voulait surtout pas être victime de son propre couteau. Alors le fils devait être sagement éconduit au parlement. Ainsi, au nom du père, du fils et de l’esprit corrompu du Conseil constitutionnel présidé par Francis Wodié, Soro Guillaume est devenu président de l’ANC (Assemblée Nord-Centre) de Côte d’Ivoire.
«Le Président de l'Assemblée nationale et le Premier Vice-président sont soumis aux mêmes conditions d'éligibilité que le Président de la République.», article 65 alinéa 2 de la Constitution ivoirienne. Or selon l’article 35 alinéa 2 de cette Constitution, «Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus.» A la lecture de ces deux articles, il est claire que l’imposture est flagrante et supercherie nauséabonde. Soro n’aura en réalité 40 ans que le 8 mai prochain. Mais la force de l’usurpation a pu fléchir la loi.
Il n’y a pas que le critère d’âge qui soit prévu par l’article 35 de la Constitution. Cet article exige par ailleurs des candidats à ces postes qu’ils soient de bonne santé physique et mentale, de bonne moralité, qu’ils aient de la probité, qu’ils fassent la déclaration de leurs patrimoines et en justifient les origines. Aucun de ces critères n’a été respecté par le chef de la rébellion et le RHDP, son soutien politique. Il ne faut pourtant pas s’en étonner et s’en offusquer outre mesure. Engagés dans une logique permanente de rébellion, les actuels gouvernants ne pouvaient s’illustrer autrement. L’apôtre du devoir d’ingratitude a choisi lui aussi de danser au rythme de cette mélodie de l’usurpation. Il a manqué d’audace, là où sa profession de foi aurait pu faire école. Le devoir d’ingratitude proclamé n’a été que parole sans assise dans les faits. La faiblesse du devoir d’ingratitude a cédé à la force du devoir de corruption. Ce taire face à une telle usurpation n’est rien d’autre qu’une corruption manifeste. Un choix a été clairement fait, celui de la préservation des honneurs et du salaire d’une fonction, contre l’intérêt de la Nation. Un intérêt qui commande le respect scrupuleux de sa Loi fondamentale.
Ayant manqué à son devoir national et professionnel, Ouraga Obou devient un homme pitoyable et de moins en moins crédible. Avait-il vraiment de la crédibilité, l’homme qui défend des thèses de gauche les jours pairs et qui manœuvre pour la droite les jours impairs? A-t-il jamais été un homme de gauche, celui qui dit à qui veut l’entendre que Henri Konan Bédié avait voulu faire de lui le président du Conseil constitutionnel en 1995? A-t-il vraiment été un homme de gauche, celui qui se réjouit d’être nommé membre du Conseil constitutionnel, après avoir fait campagne pour la réélection de Gbagbo, alors que celui-ci, victime d’un coup d’État de l’impérialisme, croupit dans une prison de La Haye par la volonté d’impérialistes occidentaux et de leur marionnette Ouattara?

ZEKA TOGUI



 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 
















 





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !