Prochaine sortie de "Expressions de combat", recueil de poèmes de Lazare Koffi Koffi

Mercredi 30 Avril 2014 - 05:53


Lazare Koffi Koffi
Lazare Koffi Koffi
En attendant la sortie prochaine du recueil de poèmes de Lazare Koffi Koffi, "Expressions de combat", la préface donne le ton :
Avertissement : Âmes sensibles, supporters émotionnels et partisans affectifs et inconditionnels, s'abstenir !! Il faudra plutôt s'arracher ce livre qui est à la fois exaltant et formateur.

PREFACE

    Dans cet ouvrage, Lazare Koffi Koffi, nous met à disposition des poèmes qui traduisent sa vision du combat pour la démocratie et celle du monde. L’exploration qu’il nous invite à faire à travers ses écrits est à la fois exaltante et périlleuse.
     Exaltante car l’auteur aborde les différents sujets sans tabou et avec l’ouverture qui sied à un espace démocratique et donc incite aux débats d’idées. C’est en même temps sa liberté de parole qui bouscule certains conformismes. L’épice que porte par endroits son expression rend  sa  posture  périlleuse,  puisqu’il  tend  à  affecter  les  jalons  totémiques  que  dressent  ceux  qui  revêtissent  circonstanciellement des habits de démocrates pour masquer leur réelle inclination à la frilosité et au sectarisme. Pendant que ceux-là diffèrent à jamais les débats de fond au nom d’une apparente cohésion, l’auteur a choisi ici de dire les choses comme il les ressent. Les poèmes qui vont suivre sont pédagogiques. Il faudra bien les lire. Il faudra bien les comprendre. Ce que l’auteur dit, n’est pas une posture de négation de la cohésion dont tout parti politique a besoin. Historien, il sait également que «  à vaincre sans périr, on triomphe sans gloire  ». L’auteur a certes du caractère  ; mais il sait être modeste et respectueux. Certains voient sa posture comme un «  suicide  ». Ce sont ceux qui veulent louvoyer avec l’histoire  ; ce sont ceux qui pensent qu’il faut toujours différer les débats à l’accession au pouvoir. C’est bien la preuve que nombre de partisans de Laurent Gbagbo n’ont pas tiré toutes les leçons de la pratique du pouvoir. Il interpelle alors ses camarades de lutte sur la méthode de l’organisation, en lien avec les enjeux.
    Dans ses poèmes, «  Expressions du combat  », l’auteur exprime son refus à la tendance nombriliste qui, d’un côté est allergique à l’appel à l’introspection qui invite à s’inscrire dans une démarche prospective, au lieu de se satisfaire de gérer l’immédiateté, et de l’autre, est installée dans un attentisme vicieux puisque la pratique n’est pas de nature à avoir une prise sur les évènements. En fait, il y a l’homme Koffi Koffi qu’on voit, qu’on lit dans les journaux, qu’on lit sur les réseaux sociaux ou sur d’autres supports publics. Mais l’auteur n’est pas seulement celui-là. Pour ma part, c’est après avoir lu son livre  (le troisième) : «  Côte d’Ivoire, ma passion. Une expérience de foi en politique. L’Harmattan, Paris, 2014  » que j’ai vu la profondeur de l’homme  dont le sens de la fidélité, de la loyauté et de l’aversion à l’ingratitude est réel. Il faut le connaître pour le comprendre. Koffi Koffi, cet ancien ministre de Laurent Gbagbo continue son combat en exil où il vit depuis que le président Laurent Gbagbo a été renversé, en violation flagrante des lois de son pays et déporté illégalement à La Haye. L’auteur est un intellectuel digne du nom car il est ouvert à tout débat d’idées. Ceux qui promeuvent la pensée unique le taxent d’indiscipliné quand d’autres mots inamicaux ne viennent pas le dépeindre aux fins de l’accabler.
    Dans la lutte qui est menée, des Ivoiriens au nombre desquels on compte des hauts responsables du Front populaire ivoirien, se plaisent à faire des jugements de valeur sur Koffi Koffi sans s’intéresser aux problèmes qu’il pose ou à des questionnements qu’il met à disposition. Souvent, les détracteurs, comme pour diaboliser l’auteur de ce recueil de poèmes, le marginaliser ou le mettre simplement hors d’état de «  nuire  », sortent ses propos critiques de leurs contextes et les présentent sous un angle de nature à attiser l’antipathie ou l’inimitié à son égard. Pourtant, il ne fait que rappeler les rudiments de la vision qui est affichée collectivement. La convention du Fpi vient encore de valider cette option majoritaire qui est de n’avoir pour l’heure que comme préoccupation première pour ne pas dire priorité, la libération du président Laurent Gbagbo. C’est cette résolution collective que l’auteur rappelle constamment à ses camarades du parti quand ceux-là s’emballent dans une tentation à porter l’ambiguïté. Il faut noter que le classement en modérés ou extrémistes est une distribution d’hypothétiques bons ou mauvais points que des âmes intéressées s’ingénient à distribuer.
    Dans le combat de la quête de la liberté, de la dignité et de la souveraineté, s’il est vrai que nombre de nos compatriotes souffrent quand ils ne sont pas morts de la situation qui sévit en Côte d’Ivoire, il est également pertinent de considérer qu’il faut diluer l’émotion dans le temps sinon l’absoudre un tant soit peu pour approcher les questions avec tout le sens de responsabilité que cela requiert. Dans les débats que l’auteur ouvre, la question de la libération du président Laurent Gbagbo est un point qui culmine. Ses poèmes évoquent également la question de la solidarité, de la fidélité, de la loyauté et des débats d’idées comme des principes auxquels il faut rester attaché dans une démarche de lutte. L’auteur condamne «  la félonie  » et veut la combattre de toute son énergie.
    J’ai pu mesurer grâce à ses différents ouvrages combien Koffi Koffi connaît son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi). Ce fut pour moi une autre occasion d’apprendre qui est l’homme, tout ce qu’il a subi, les affectations intempestives dont il fut l’objet pour le déstabiliser dans son dessein effréné à contribuer à l’implantation du Fpi, sans compter le prix de la prison. A cela, il faut ajouter les campagnes de dénigrement dont il fut l’objet pour le discréditer aux yeux du président Gbagbo, à l’époque du pouvoir comme encore actuellement par ceux qui le trouvent gênant dans le déroulement de leur agenda.
    Au lieu de chercher à le discréditer et le mettre dans le viseur comme un adversaire à vaincre ou un ennemi à abattre, il conviendrait d’examiner les pistes que l’auteur suggère. Car à y regarder de près, sa posture traduit l’inquiétude de nombre de militants, de sympathisants du Fpi et de la grande partie de ceux qui se reconnaissent dans le combat de Laurent Gbagbo. Il n’est pas le seul à s’interroger et à émettre des inquiétudes sur la stratégie qu’il faut au Fpi pour recouvrer le crédit d’antan et pour réunir les conditions propices à sceller de nouveau le contrat social qui a été rompu avec le peuple.
    On comprend aussi que l’histoire appelle le Fpi à rompre avec des approches souvent angéliques quand elles ne se montrent pas suffisantes. Ce recueil de poèmes invite les uns et les autres à recentrer le débat sur les conclusions de la dernière convention (des 21 et 22 février 2014), à se concentrer sur la libération de Laurent Gbagbo qui a donné de toute sa vie pour le combat des idéaux notamment les plus élémentaires à savoir, le droit de tout homme à vivre librement, à participer aux prises de décisions qui engage son destin, la solidarité et le droit à la dignité,…
    Il faut dire que l’auteur ne comprend pas ce qui peut justifier la traitrise, la trahison et le reniement qu’il lit dans la posture de camarades de son parti. Pour l’auteur, l’histoire des luttes ne contraint pas tous les militants à vivre au pays. Ceux qui se plaisent à dire que «  c’est sur le terrain que cela se passe  » refusent toujours de comprendre que pour être efficace, une répartition des rôles est judicieuse, surtout dans la configuration actuelle de la Côte d’Ivoire.
    Par ailleurs, si l’histoire plus ou moins récente de la Côte d’Ivoire a connu la promotion d’ignorants au sommet de l’Etat, cela ne devra pas être un cas d’école. Le clientélisme et la promotion sur la base de clans ou d’amitiés sont des dérives dont l’auteur veut bien se souvenir à cause des nombreux dégâts qu’ils ont produits.

    Enfin, l’auteur ne supporte pas que des camarades qui ont eu des promotions de Gbagbo, enterrent ce dernier avant sa mort politique. Il est indécent d’utiliser son nom comme une enseigne qu’on affiche quand cela peut contribuer à gagner en popularité, sans réellement vouloir qu’il revienne.
    Quand on travaille pour l’intérêt du peuple et surtout lorsqu’on est à un certain niveau de responsabilité, on doit être apte à intégrer que la duplicité et l’égoïsme sont des polluants pour la collectivité. Surtout que la brutalité et l’ordre traumatique que la crise ivoirienne porte, ne doivent laisser de place ni à la facilité ni à la complaisance pour satisfaire le quotidien.
    Comme l’assène l’auteur  : «  … Et vous dites  : «  Tout va bien ! Tout va bien ! » Alors que rien ne va.  » Il soutient qu’«  IL Y A UN PREALABLE A LEVER  ! LIBEREZ GBAGBO  !  ».

Dr Claude KOUDOU,
Enseignant-Ecrivain, Directeur de la Collection «  Afrique Liberté  »





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