Procès, hier, à Accra: Le juge ghanéen se fâche contre Koné Katinan

A peine cinq (5) petites minutes, et un nouveau report du procès Koné Katinan. L'ancien ministre ivoirien du Budget et porte-parole de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, devra patienter jusqu'au jeudi 17 janvier 2013 pour être probablement situé sur son sort.

Vendredi 21 Décembre 2012 - 07:12


Le gouvernement ivoirien apporte de nouvelles preuves.Le procès reporté au 17 janvier 2013

Image d'archive
Image d'archive
C'est en effet dans un mois environ que Koné Katinan saura s'il sera extradé ou non vers la Côte d'Ivoire, comme le réclament les autorités ivoiriennes. L'audience d'hier jeudi 20 décembre 2012, au tribunal de grande instance d'Osu (Osu magistrate Court), à Accra au Ghana, a été expéditive.
A 10H10, sanglé dans un costume bleu nuit avec une chemise bleu ciel et une cravate rouge, et suivi de Me Lucie Bourthoumieux, l’avocate franco-camerounaise, Koné Katinan Justin franchit la porte de la salle d'audience, et s'installe directement dans le box des accusés. Le juge Aboagye Tandoh, président de cette Cour de justice ghanéenne et en charge du dossier, s'en prend aussitôt au porte-parole de Laurent Gbagbo. « M. Koné Katinan, pourquoi êtes-vous si en retard à votre procès ? », apostrophe-t-il l'ex-ministre. « Excusez-moi M. le président, j'ai été pris dans les embouteillages. J'habite assez loin d'ici et la circulation est très dense ce matin », se défend l’ex-ministre ivoirien. « Eh bien, la prochaine fois, prenez toutes les dispositions pour arriver à l'heure. La Cour ouvre à 8H30, et ce n'est pas nous qui devrions vous attendre mais plutôt vous. Car, ce sont vos intérêts qui sont en jeu. La prochaine fois, je ne tolérerai pas de retard », reprend furieux, le magistrat ghanéen. Après cette brève mise au point, le juge Aboagye Tandoh annonce à Koné Katinan qu'il devra repasser le 17 janvier 2013. « Le Gouvernement ivoirien a fait parvenir à la Cour, il y a deux jours, un document contenant de nouveaux éléments (il ne précise pas la nature, ni le contenu du document). Votre avocat devra venir le chercher pour l'étudier avant cette nouvelle date. Nous nous reverrons donc ici le 17 janvier, mais cette fois tachez de venir à l'heure », informe le magistrat.
Mais le juge se rend compte que le porte-parole de l'ex-président Laurent Gbagbo, n'est pas accompagné de son conseil juridique, l'avocat ghanéen Patrick Sobodjor. « Mais où est votre avocat », interroge M. Tandoh. « Je ne sais pas, M. le président. Je pensais le trouver ici au tribunal », répond Koné Katinan. « Quand avez vous vu ou parlé à votre avocat pour la dernière fois », questionne à nouveau le juge. « Il y a de cela deux jours », précise l'accusé. « Veuillez informer votre avocat qu'il y a un document ici pour lui, et qu'il passe le chercher dans les meilleurs délais en vue de l'audience du 17 janvier. Au cours de cette prochaine audience, je pense que je vais rendre ma décision. Donc que votre avocat se dépêche pour venir chercher le document », insiste le président de la Cour.

Koné Katinan contrarié

Koné Katinan semble embarrassé par ce nouveau report, et il le signifie au juge ghanéen. « M. le président, j'espérais que vous rendriez votre décision aujourd'hui. On va de report en report, et je commence à m'impatienter. Je pense, M. le président, que vous me comprenez. Parce que j'ai envie de pouvoir revivre en toute quiétude avec ma famille et mes proches », plaide l'ex-ministre ivoirien.
Le juge fait savoir (en français cette fois-ci, car Aboagye Tandoh a vécu, étudié et travaillé en Côte d'Ivoire pendant quelques années) à Katinan Justin que la procédure ne saurait durer indéfiniment, et que ce serait probablement le dernier report. Ces assurances du magistrat ghanéen ne font pas baisser pour autant la nervosité apparente du porte-parole de Gbagbo.
A 10H15, il sort de la salle d'audience en fulminant. « Comment se fait-il que les gens ont eu plus d'un mois et demi pour apporter des éléments de preuve, et c'est seulement à 48H de l'audience qu'ils envoient un document. Si ce n'est pas faire du dilatoire, comment on appelle cela ?», se plaint un des responsables de la jeunesse ivoirienne en exil, présent au procès, et souhaitant garder l’anonymat. « C'est un combat de nerfs. Les autorités ivoiriennes savent qu'elles ne pourront pas obtenir l'extradition de M. Katinan. Alors, elles ont décidé de faire trainer la procédure en longueur pour éprouver le ministre. Car, en agissant ainsi, elles savent que même si M. Katinan est libre de ses mouvements, il ne peut sortir du Ghana. C'est ce qu'on appelle la stratégie de l'immobilisation », commente un autre membre de l'ex-galaxie patriotique, en exil au Ghana.
Koné Katinan fait quelques allées et venues devant le portail d'entrée du tribunal, et explique aux journalistes présents (L'inter, l'AFP et la BBC) qu'il est astreint au devoir de réserve et que de ce fait, il ne peut donner d'interviews. C'est Me Bourthoumieux qui se charge de répondre à quelques questions et d'apporter quelques précisions sur l'embarras de l'ex-ministre du Budget, compte tenu des reports successifs du procès.
A 10H26, Koné Katinan Justin embarque à bord de son véhicule de type pick-up 4X4 double-cabine et quitte le tribunal d'Osu. Faut-il le rappeler, c'est depuis le 24 août 2012 que l'ancien ministre ivoirien du Budget est « dans les mailles » de la justice ghanéenne.
Le porte-parole de Laurent Gbagbo, en exil au Ghana depuis la fin de la crise postélectorale en avril 2011, a été arrêté à cette date, à l'aéroport d'Accra. Koné Katinan sur qui pèse un mandat d'arrêt international délivré par les autorités ivoiriennes, est poursuivi pour « crimes économiques » et « crimes de sang ». Abidjan réclame, depuis, son extradition. Rendez-vous est donc pris pour le 17 janvier 2013.

ANASSE ANASSE
Envoyé spécial à Accra, Ghana)

Source: L'Inter.
 
 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !