Preuves contre Gbagbo: Les derniers espoirs de Bensouda ruinés par les experts de l’ONU

Le bureau du procureur fon - dait beaucoup d’espoirs dans le dernier rapport des experts de l’Onu sur la Côte d’Ivoire, rendu public depuis hier. A l’arrivée, ce fut un pétard mouillé contre le président Laurent Gbagbo. Comme bien d’autres, annoncés avec enthousiasme et qui au final, ont fait flop !

Lundi 21 Octobre 2013 - 06:11


La Procureure de la CPI, Fatou Bensouda
La Procureure de la CPI, Fatou Bensouda
Le 09 octobre dernier, à la Haye,  la juge Sylvia Fernandez de Gurmendi, a convoqué une audience  à l’effet d’entendre les deux parties,- dans l’affaire « le procureur contre Laurent Gbagbo »-, conformément à la règle 118-3. Une occasion, pour la Défense et l’Accusation d’apporter d’éventuels nouveaux éléments pouvant influencer le prochain jugement sur la question de la libération conditionnelle du président Laurent Gbagbo. Un exercice auquel ne se sont point soustrait et le bureau du procureur et les avocats du dirigeant ivoirien même si de l’avis des spécialistes, la prestation du représentant de Fatou Bensouda a volé bien bas. Et justement, comme s’il avait conscience de n’avoir point convaincu,  le procureur Mac Donald avait finalement donné l’impression d’en avoir volontairement laissé sous la semelle et que le moment opportun, il sortirait enfin le grand jeu pour terrasser définitivement ses adversaires directs de même que tous ceux qui moquent sa science depuis le début, dans cette affaire. Sûr de son fait, l’homme ira jusqu’à indiquer la date du 15 octobre 2013, pour voir la nouvelle preuve dite de béton, qu’il verserait aussitôt à la juge Sylvia. Et cela, sous la forme d’un rapport, le dernier en date, des experts de l’Onu, censé apporter la preuve que le président Laurent Gbagbo possède des fonds insoupçonnés dans certaines banques de la place, la banque pour le financement de l’agriculture (BFA) notamment. Le rapport ainsi annoncé est désormais disponible. Et cela, depuis hier. De preuve en béton, devant faire pencher la balance en leur faveur, il n’en est rien car là où Fatou Bensouda et les siens attendaient que les enquêteurs onusiens soient mieux disant, ils n’ont eu droit qu’aux banalités du genre ; « (…) 163. Le groupe des experts de l’ONU a adressé une lettre  à la banque pour le financement de l’agriculture (BFA) afin d’obtenir des précisions sur deux comptes au nom de M. Gbagbo. 164. Le groupe d’experts s’efforce actuellement de contacter la filiale du crédit lyonnais situé à Londres pour obtenir des précisions sur un compte qui appartiendrait à M. Gbagbo. » A la lumière de ces conclusions, on réalise que ni le bureau du procureur de la CPI, ni les experts onusiens,- avec tous les moyens dont ils disposent et les solides entrées qu’ils revendiquent auprès du régime Ouattara-,  ne peuvent apporter la preuve de leurs accusations. Surtout que la BFA est là et fonctionne encore. Dans ces conditions, avoir le cœur net sur les comptes prêtés à l’ex-chef de l’Etat ivoirien ne devrait être, en principe, qu’un jeu d’enfant pour les adversaires du président Laurent Gbagbo. En un clic et le tour est joué ! Alors pourquoi diantre, en sont-ils encore aux incertitudes ? Me Emmanuel Altit était donc bien fondé à enrager le 09 octobre dernier contre la Cour accusée de suivre indéfiniment le procureur dans ses  tergiversations et autres approximations là où il ne devrait s’agir que d’arguments imparables. A l’analyse, on réalise que le procureur Mac Donald qui nous avait annoncé la foudre pour cette  mi-octobre, vient de perdre ses dernières illusions dans le projet d’accabler davantage le président Laurent Gbagbo. Assurément, une mauvaise conjoncture pour le bureau de la magistrate gambienne  et qui à contrario, déblaie un peu plus, le chemin, pour la libération prochaine du ‘Woody’ de Mama. Pour rappel, cela fait bientôt deux ans que le leader ivoirien est enfermé derrière les grilles du pénitencier de Scheveningen. Et en sept audiences, aucune charge véritable n’a pu encore être retenue contre lui. Mieux, ses adversaires ont même vu leur copie déchirée le 03 juin dernier par les juges de la CPI, les invitant ainsi à plus de professionnalisme et de responsabilité. Ont-ils pigé la leçon ? Pas du tout  évident au vu de ce qui
précède. L’Union africaine et tous ceux qui suivent la situation en Côte d’Ivoire, regardent  à présent le juge Sylvia. Qui joue ici sa carrière. ▄

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°485 du Samedi 19 au Dimanche 20 Octobre 2013




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