Prétendu retour massif des exilés: La vérité qu’on cache aux Ivoiriens. Un montage grotesque !

Dimanche 2 Février 2014 - 09:58


Images d'archives: Soldats ivoiriens
Images d'archives: Soldats ivoiriens
Lorsque le régime Ouattara annonce, à grand renfort de publicité, le retour massif des exilés politiques civils et militaires, l’actuel gouvernement livre ainsi des contrevérités aux Ivoiriens. Car ni les militaires appartenant aux différents corps des ex- Forces de défense et de sécurité (Fds), ni les personnes qui ont trouvé refuge dans certains pays limitrophes lors de la crise postélectorale, ne prennent actuelle- ment massivement le chemin du retour vers la Côte d’Ivoire. « Il y a des milliers de réfugiés ivoiriens au Togo dont le nombre ne baisse pas malgré les “rapatriements volontaires” organisés par le HCR. Bien au contraire, le nombre des ré- fugiés augmente. Tout ça, à cause des recrutements pa- rallèles faits par Chériffou Mamadou, l’ex-président des réfugiés ivoiriens au Togo et la Cnar (Coordination nationale d’assistance aux réfugiés), l’autorité en charge des réfugiés au Togo. Je l’affirme parce que j’ai les preuves », révèle Sidibé Diaby Yacouba Chérif, ancien président des communautés des réfugiés au Togo, dans une interview accordée, le vendredi 24 janvier der- nier, à Notre Voie. Cet ex- commissaire du Rdr à M’Batto, dans le départe- ment de Bongouanou, explique qu’il a vu Chériffou Mamadou, avec des fiches d’enregistrement, en train de recruter des commerçants, des transporteurs, des gens qui résident en Côte d’Ivoire et qui viennent à Lomé pour un bref séjour d’une ou deux semaines. « Ces personnes- là ont eu curieusement le statut de réfugiés », s’indigne M. Diaby. Un officier ivoirien réfugié au Togo, le commandant Aka Tchao (c’est un pseudonyme pour des raisons évidentes de sécurité), évoquait égale- ment, à Notre Voie, une supercherie orchestrée par des militaires avec la complicité du ministère ivoirien de la défense. « Parmi les six militaires qui sont partis à Abidjan, deux sont revenus à Lomé. Ce sont le capitaine Beugré et le caporal Lath Méliane du Gspr qui avaient pris leurs quartiers à l’Hôtel Paradis où ils ont été rejoints par deux autres personnes venues du Bénin. Et depuis, on apprend de temps en temps que des soldats ivoiriens en exil sont en train de rentrer en Côte d’Ivoire. Mais de quels soldats parle-t-on puisque nous sommes toujours là. A part le seul voyage où on comptait les 5 militaires, aucun soldat dans nos rangs à Lomé ou  au Bénin, n’est rentré au pays. On imagine aisément comment se recrutent tous ces individus qu’on assimile aux militaires exilés », rapporte-t-il.

La colère de la grande muette

Pour lui, cette histoire de « rapatriement volontaire » des militaires n’est en réalité qu’un gros mensonge et une affaire de gros sous. « Nous disons que nous n’avons jamais envoyé Lath Méliane et le capitaine Beugré en Côte d’Ivoire pour négocier un quelconque confort pour notre retour. Ils sont partis pour leur propre business. Nous ne les avons jamais en- voyés”, soutient l’officier en exil. A Abidjan, un sergent de l’armée dénonce le fait que le ré- gime Ouattara  tente de faire passer, en ce début d’année 2014, les militaires laissés sur le carreau des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire, la défunte Fanci, pour des soldats « pro- Gbagbo » qui sont rentrés d’exil. « Mais de qui se moquent-ils, ces gens-là ? Moi, je ne rentre pas d’exil. Et ceux qui sont dans mon cas sont nombreux. Nous sommes-là depuis le début de la crise. C’est vrai qu’au début, on a un peu déserté les casernes, mais quand tout est redevenu calme, nous sommes revenus. Quand j’ai vu mon nom dans la liste des soldats dits pro- Gbagbo qui viennent de rentrer, mon sang a fait un tour. Ce n’est parce qu’on me qualifie d’être un soldat pro- Gbagbo, mais parce que c’est faux. C’est un mensonge d’affirmer que nous venons d’exil ». C’est en ces termes que ce  sous-officier qui a requis l’anonymat s’est confié à nous. C’était il y a quelques jours, non loin du ministère de la Défense à Abidjan-Plateau. Ce militaire est rejoint par une dame qui n’a pas arrêté d’attirer notre attention sur le sort de son fils qui, malgré la crise postélectorale, n’a pas quitté le pays. Son garçon, raconte-t-elle, sorti de l’école de police peu avant la guerre, a été mis sur la liste des militaires rentrés d‘exil. Elle craint que son fils ne soit pris en compte que dans le cadre du processus DDR (démobilisation-désarmement-réinsertion) que brandissent actuellement les autorités ivoiriennes aux excombattants. Les recrutements parallèles de personnes à « rapatrier» avec la complicité des autorités des pays d’accueil et des organisations en charge des réfugiés telles que le HCR ne pouvaient pas longtemps passer inaperçus. Et plus grave, la grande muette a décidé de faire entendre. Malgré les menaces de Paul Koffi Koffi, ministre délégué auprès du chef de l’Etat chargé de la défense, les prétendus exilés militaires dénoncent ce qu’ils qualifient de « grosse arnaque du régime Ouattara contre la communauté internationale et les bailleurs de fonds ».
Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr

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Retour de militaires exilés : un montage  grotesque !

 « Nous sommes dans l’armée de Côte d’Ivoire. Nous vivons dans les casernes. Il n’y a pas de militaires exilés qui rentrent au pays. Le Pouvoir fait du faux pour piéger les militaires exilés qui seraient tentés de rentrer. » C’est la révélation faite par des soldats qui disent être scandalisés par la propagande du pouvoir sur des militaires qui rentreraient d’exil par milliers. Ils accusent le régime Ouattara de vouloir faire de la manipulation en annonçant depuis un moment que 1.200 voire 1.400 militaires exilés seraient revenus au pays. Selon des sources militaires crédibles, les militaires en exil y sont toujours. « C’est toute une armée qui est en exil », avoue sans sourciller un sous-officier. Avant de préciser : « des militaires appelés contingents Blé Goudé avaient déjà achevé leur formation au 1er bataillon. Quand Ouattara a pris le pouvoir, ils ont  été jetés à la rue. Ces gens qui ont manié les armes ne sont pas sortis du pays. Ce sont ces derniers qu’on rappelle pour leur faire signer des documents et on les fait passer pour des militaires rentrés d’exil. ». Selon nos sources, pour parfaire le faux sur les documents qu’on leur demande de remplir, ces soi-disant exilés doivent dire pourquoi ils seraient allés en exil et pourquoi ils sont rentrés au pays. « En réalité c’est une stratégie pour recruter dans l’armée sous le couvert de retour de militaires exilés. On reprend des personnes déjà formées au maniement des armes, mais qui ne sont jamais allés en exil et on fait croire qu’ils rentrent d’exil. Il y a ces cas dans l’armée, dans la gendarmerie et dans la police »,ajoute une autre source militaire. Révélant qu’une dame qui était la secrétaire du général Mathias Doué se fend en déclaration sur les antennes de la télévision ivoirienne pour  faire croire qu’elle est rentrée d’exil alors qu’il n’en est rien. Nos sources expliquent aussi que pour intensifier le recrutement des soldats, de nombreux militaires sont considérés comme de grands malades. « Un message circule actuellement pour demander la mise à la retraite des militaires sous prétexte qu’ils sont des grands malades. Ainsi, le pouvoir procède  à des recrutements pour remplacer ces derniers. Sans même un minimum de vérification, on suspend les salaires des militaires parce qu’on les croit déjà à la retraite alors qu’ils sont en activité », grogne une source militaire.

Benjamin Koré

 Source: Notre Voie N°4631 des samedi 1er & dimanche 2 février 2014





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