Prêt du Congo à la Côte d’Ivoire/ Le gouvernement justifie l’injustifiable

La Côte d’Ivoire a sollicité et obtenu un prêt de 100 milliards FCFA de la République du Congo-Brazzaville. Un prêt qui interpelle sur l’inanité des promesses d’Alassane Ouattara quant à l’émergence de la Côte d’Ivoitre à l’horizon 2020.

Mercredi 13 Novembre 2013 - 12:31


La Côte d’Ivoiure a emprunté de l’argent au Congo ! Ce n’est pas tant le montant ni le pays emprunteur qui dérangent, mais tout le secret qui a entouré cette  transaction. Ce qui oblige l’opinion nationale à finalement ouvrir grand les yeux sur  la qualité de l’Etat emprunteur. Car quand le Fmi, la Banque mondiale, la France, bref, les pays nantis, ainsi que les institutions bancaires internationales,  prêtent de l’argent à la Côte d’Ivoire (même pour des montants insignifiants), cela a toujours fait l’objert d’une déclaration officielle. Pourquoi alors ce silence sur le prêt congolais? Il y a visiblement une véritabler gêne à annoncer que le Congo-Brazzaville a fait prêt de 100 milliards FCFA à la Côte d’Ivoire. Certes comparaison n’est pas raison (et la situation présente le confirme), mais le Congo- Brazzaville, c’est 7400 milliards FCFA de Pib contre 12.300 milliards FCFA pour la Côte d’Ivoire. C’est aussi une croissance de 3,2% sur les trois dernières années contre 9,8% en 2012 pour la Côte d’Ivoire. Ainsi, emprunter de l’argent au Congo renvoie à l’image de ce Pdg qui emprunte de l‘artgent  au vigile de l‘entreprise pour arrondir ses fins de mois. Rien ne justifie cette humiliation. Et nous avons eu honte de voir le porte- parole du gouvernement, Koné Bruno, justifier l’injustifiable : « Nous pensons que c’est un débat inutile tout simplement parce qu’un pays qui a besoin de ressources peut faire appel à tous ceux qui peuvent lui en apporter. Ça peut être des pays voisins, des pays plus éloignés, des pays plus riches
ou plus pauvres. La trésorerie d’un Etat ne se gère pas en termes de pauvreté ou de richesse. Ce sont des pratiques normales. Les pays les plus puissants au monde s’endettent ». Oui, il faut en convenir : les pays les plus puissants s’en - dettent, mais pas auprès des plus pauvres. La Grèce  est actuellement en pleine crise économique. Mais jamais, il ne lui viendra à l’esprit de s’endetter auprès de la Côte d’Ivoire, merme en sa qualité de locomotive de la sous- région, ni auprès du grand Nigeria, ni même auprès de l’Afrique du Sud, première puissance économique africaine. Et l’exemple des Etats unis utilisé par Koné Bruno est révélateur de la méconnaissance que le gouvernement a de la réalité économique américaine. « Il faut savoir que l’un des pays les plus endettés au monde aujourd’hui, ce sont les Etats unis. Pourtant c’est la 1ère puissance mondiale. Le premier créancier des Etats unis aujourd’hui c’est la Chine », soutient-il. Les Etats unis sont effectivement endettés. Avec cette particularité d’être plutôt redevables vis-à-vis des Américains eux-mêmes. C’est-à-dire que c’est la dette intérieure qui est importante. Encore qu’elle peut être dénouée facilement à travers des mécanismes simples de remboursement ou en utilisant la planche à billets. Quant à l’endettement vis-à- vis de la Chine, elle est extérieure et ne compromet pas le développement de la première puissance mondiale. Par exemple, le train de vie aux Etats unis demeure élevé et bien supérieur à celui des nations émergentes – 40.000 dollars de revenus par tête aux Etats unis contre 2000 en Chine. Qu’en est-il de la Côte d’Ivoire ? Selon la note confidentielle du Fmi, cet argent devrait servir à rembourser la dette intérieure dont le stock résiduel est estimé à 80 milliards FCFA.  Nuance donc !

La Côte d’Ivoire droit dans le mur

Le prêt du Congo-Brazzaville nous a appris que l’économie réelle ivoirienne est gangrenée et la croissance usurpatoire. La croissance de la Côte d’Ivoire est, en effet, pour beaucoup factice, car elle est artificiellement créée par l’endettement. Et pour s’humilier devant le Congo, c’est  que le niveau de l’endettement extérieur auprès de la communauté financière internationale a atteint son seuil de tolérance maximum. La Côte d’Ivoire  est gravement malade et on ne voit aucune porte de guérison. L’économiste-banquier est visiblement dépassé par les événements. Laurent Gbagbo, pourtant historien, nous avait prévenus : construire une croissance durable ne peut être articulé sur les seuls socles de la finance ou de la hausse de l’endettement, et qu’elle est un phénomène de l’économie réelle, fondée sur la capacité à innover, à créer des emplois, des produits, voire des technologies nouveaux. Les mécanismes de l’endettement et de la finance peuvent faire illusion et masquer les lacunes de l’économie réelle, mais guère longtemps. Le cas du prêt congolais est là pour nous convaincre que la Côte d’Ivoire va dans le mur. Le pire est malheureusement devant nous. Koné Bruno l’a avoué : « Dans notre budget cette année, il y a une part qui est réservée à des ressources extérieures. Vous pouvez voir vous-mêmes les emprunts d’Etat qui sont lancés. Je peux vous assurer que dans un emprunt d’Etat, il y a des zones bien plus pauvres que ce que vous imaginez ou vous citez ».  Quand Solution devient Problème !


J-S Lia liasylve@yahoo.fr


Source: Notre Voie N°4566 du mardi 12 novembre 2013




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