Présidentielles 2015: RDR-PDCI, c'est mal parti !

Le parti d'Alassane Ouattara pourrait être privé du soutien crucial de son allié du Pdci à la présidentielle de 2015, comme ce fut le cas en 2010.

Mercredi 28 Août 2013 - 07:27


Présidentielles 2015: RDR-PDCI, c'est mal parti !

Du moins, de tout le Pdci. Il semble peu probable en effet que le parti au pouvoir puisse tirer parti du poids sociologique du parti d'Henri Konan Bédié dans la perspective de la reconduction d'Alassane Ouattara.

En tout cas si l'on se fie aux récurrentes récriminations de ce parti contre son allié du Rdr, mais aussi aux convulsions auxquelles le parti sexagénaire est en proie depuis quelque temps. On se souvient qu'au conclave qui s'est tenu la semaine dernière à Yamoussoukro, les secrétaires généraux de section, réunis autour de Bédié, s'étaient fendus d'un communiqué brocardant, en certains points, leur allié du Rdr. Ils ont repris à leur compte la rhétorique de la dialectique du cheval et du cavalier, entendu au Bureau politique du Pdci de juin 2012.

Une fois encore, ces militants de base du parti dirigé par Bédié, se sont offusqués de voir leur parti être confiné au rôle de cheval dans son alliance avec le Rdr au pouvoir. Ce qu'ils ont d'abord traduit sous le vocable enrobé d' « insuffisance de promotion des cadres du parti à des postes de responsabilité ». Pour les militants et cadres du parti de Bédié, leur parti n'est pas assez bien récompensé pour avoir servir de perche à Alassane Ouattara pour franchir l'obstacle Laurent Gbagbo au second tour de la présidentielle de 2010.

Aussi ont-ils laissé transparaître leur grogne contre l'allié du Rdr en se départissant des circonlocutions pour dénoncer vertement ce qu'ils ont appelé « la politique de rattrapage » pratiquée par le parti au pouvoir. Que le Pdci, supposé cogérer le pouvoir avec le parti d'Alassane Ouattara, ose faire sien cette terminologie dont les partisans de Gbagbo affublent le régime Ouattara, est le signe qu'un malaise profond semble s'être installé entre les deux alliés. Et cela est d'autant plus troublant que ce vocable apparaît dans un document officiel du Pdci, censé avoir été approuvé par Bédié ; puisque ce communiqué final sanctionnait le conclave convoqué par celui-ci à Yamoussoukro.

En s'appropriant ce vocable, agité par les pro-Gbgabo pour discréditer le régime Ouattara, le Pdci jette lui aussi le discrédit sur son allié, taxé ainsi de procéder à des nominations à des hauts postes de l'Etat, sur des bases tribales. Les secrétaires de section du parti sexagénaire ont en effet appelé leur allié à « respecter le principe sacro-saint de l'égalité d'accès de tous les citoyens aux fonctions et emplois publics en mettant fin à la politique dite « de rattrapage » ». C'est assurément une grosse pierre qui est ainsi jetée dans le jardin du parti de Ouattara.

Le parti de Bédié aurait voulu montrer à son allié qu'il entend désormais prendre ses distances vis-à-vis du régime, qu'il ne s'y prendrait pas autrement. D'ailleurs, les partisans de Ouattara l'ont bien compris, qui ont vigoureusement riposté par journaux interposés au lendemain du conclave de Yamoussoukro.

Outre ces récriminations du Pdci qui alertent sur le malaise au sein du Rhdp, il y a les yoyos au sein de la famille Pdci, qui n'augurent rien de bon. Au train où vont les choses, les remous dans la maison Pdci pourraient conduire à une scission de ce parti, comme ce fut le cas de la fracture ayant donné naissance au Rdr après le décès d'Houphouët Boigny. Dans ces conditions, le Rdr ne pourra compter, dans le meilleur des cas, que sur la portion du parti qui sera restée entre les mains de Bédié et ses inconditionnels. Ce morceau du Pdci suffira-t-il à permettre à Ouattara de rempiler en 2015 ? Bien malin qui pourra le dire.

Assane NIADA
Source: L'Inter

 




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