Présidentielles 2015 : Pdci, aller en "solo" ou en Rhdp ?

Mercredi 6 Novembre 2013 - 10:52


Henri Konan Bédié, président du PDCI- RDA
Henri Konan Bédié, président du PDCI- RDA
A l’issue du XIIème Congrès, beaucoup de résolutions et décisions sur la vie du parti et sur son rôle national dans le contexte actuel, ont été adoptées. L’une des résolutions a explicitement recommandé au président du parti de prendre deux mois, à compter de la fin des travaux, pour mettre en place toutes les instances rénovées.
Or, deux semaines seulement après ce grand rendez-vous des militants, nous avons appris à travers les journaux que les nominations sont tombées à la grande surprise de certains militants qui estimaient avoir été exclus de la concertation qui a donné lieu à ces nominations. D’où des sons de cloche discordants entendus ici et là. Les uns et les autres s’accusent réciproquement de créer, dans la précipitation, des clans afin d’induire le président en erreur dans la perspective de 2015. Certes, des omissions graves ont été faites, mais faisons confiance à Bédié qui saura leur trouver une solution.
Heureusement, le président, en homme sage, s’est saisi du dossier à temps pour procéder aux réglages indispensables afin de ramener le calme dans notre maison et rassurer les militants que les nominations sont faites à partir de critères objectifs d’équité. En conséquence, chacun de nous doit soutenir, le mieux qu’il peut, le président afin que l’ensemble des militants se sente rassuré. Ne serait-il pas le cas, également, que chacun de nous procède à une introspection et voir dans quelle mesure il peut être utile au parti? Ceci nous aidera, sans doute, à modérer le ton de nos revendications pour que le président rende son verdict en ce qui concerne les réglages dans les instances du parti.
Du reste, la parfaite réussite du Congrès aurait dû décourager les uns d’accuser les autres et, que chacun s’en tienne aux décisions prises ensemble afin de ressouder nos rangs autour de notre chef qui a été plébiscité à plus de 93% des voix exprimées. Les lampions du grand rassemblement se sont éteints et nous ne devons plus nous comporter comme des supporters qui se battent pour un candidat. Or, une fois le candidat élu et la messe dite, certains continuent d’accuser le chef de tous les péchés d’Israël. Certes, ces contestations participent de la démocratie interne, mais elles ne doivent pas dépasser le cadre de la légitime revendication, au risque de salir l’image du parti et de remettre en cause son unité plurielle.
Aujourd’hui, nous savons très bien que le président, avec l’équipe qui l’entoure, est en train de s’activer pour qu’il y ait le moins de frustrations possibles, contrairement à ce qui est advenu, hélas, lors de la première publication. À ce propos, j’invite les militants à comprendre et à accepter les décisions qui seront prises à l’issue des réglages nécessaires. Quoiqu’il en soit, il y aura toujours des frustrés puisque les congressistes à l’unanimité ont décidé de réduire de moitié l’effectif des membres du Bureau politique qui passe désormais de 800 à 400 membres. C’est un sacrifice qui est demandé aux militants pour le bien commun. Si le président, au lieu de diminuer le nombre des membres du Bureau politique, l’avait plutôt augmenté, la grogne actuelle n’aurait pas lieu d’être puisque personne n’aurait été écarté. Cette diminution du nombre des membres des instances étant faite pour rendre les institutions internes plus fonctionnelles, nous devons plutôt nous en réjouir.
Aussi, une fois de plus, je demande aux militants de faire entièrement confiance au président et de le laisser agir en tenant compte des aspirations de la base qui saura lui faire les propositions idoines. Cette fois-ci, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, car à plusieurs reprises déjà, l’ours nous a échappé. Nous avons pour preuve les élections législatives où le président ayant senti la dynamique de la victoire en Rhdp, avait souhaité que nous y allions unis. Or, ceux qui étaient chargés d’expliquer la position du président ont mal présenté le dossier si bien que les militants en sont sortis divisés et le résultat nous le connaissons. Au lieu des 110 députés attendus en allant en Rhdp, le Pdci n’a obtenu en fin de compte que 75 députés sans les indépendants. Au scrutin régional et municipal, le même scénario s’est répété et nous en sommes sortis plus qu’affaiblis. Et, c’est après coup que nous réalisons que le président Bédié avait eu tort d’avoir raison très tôt.
Tirons donc la leçon de nos défaites et faisons mentir l’adage qui dit qu’il n’y a jamais deux sans trois. Cela suppose de notre part une meilleure compréhension des décisions de notre chef qui voit plus loin que nous, en sachant qu’il mènera la barque à bon port. Évitons de fragiliser le parti qui a tant souffert des divisions de ses enfants. Car, comme le disait notre père à tous, le président Félix Houphouët-Boigny, l’injustice est préférable au désordre, puisque l’on peut réparer l’injustice tandis que le désordre est difficile à rattraper.
Au lieu de lutter chacun pour sa chapelle, mobilisons-nous pour diffuser le message du président Bédié parce que les enjeux actuels et futurs sont importants et difficiles à gagner. Nous devons savoir que la longévité du PDCI-RDA est avant tout due à sa discipline derrière son leader. Agir autrement est suicidaire. Sans victoire, les frustrations perdureront et finiront par affaiblir durablement le parti que nous aimons tous. Je pense que c’est un impératif catégorique de nous rassembler autour du président. Les militants, que nous sommes, ne doivent pas se mesurer en pro-Bédié et anti-Bédié, mais en militants unis qui croient en la communauté de destin.
Ne soyons pas des sadomasochistes qui s’auto-flagellent ou qui continuent de laver leur linges sale sur la place publique. Cela suppose, pour chacun de nous, une abnégation, un sacrifice personnel au profit du bien commun qu’est le parti. C’est aussi cela la vie de militant dont les efforts ne sont pas toujours récompensés selon le mérite. Les décorations à titre posthume en sont la démonstration la plus éclatante.

Le président Bédié lors dans son discours de clôture, au XIIème Congrès, a levé le doute sur le comportement du parti en ce qui concerne l’élection présidentielle de 2015. Il a dit que le Pdci-Rda décidera en fonction des propositions que la Convention fera à ce propos. Il est donc prématuré et malvenu de lui faire des procès d’intention à partir d’exégèses. Le bon sens voudrait que les militants soient unis derrière lui pour mener les difficiles négociations avec les autres partenaires du Rhdp qui s’avèrent d’ores et déjà nécessaires pour activer les réglages qui s’imposent. Alors, balle à terre. Faisons-lui confiance en nous fiant à son expérience incommensurable et à sa grande sagesse. Cela nous évitera, j’en suis convaincu, les erreurs du passé récent, car le Pdci ne peut plus se payer le luxe d’une division de ses membres et, par conséquent, une énième défaite qu’il mettra du temps à surmonter.
Plus que jamais, nous devons ressouder nos rangs autour du président que nous avons plébiscité au XIIème Congrès. C’est une nécessité vitale si le Pdci veut continuer à jouer un rôle primordial dans le pays qu’il a conduit sur les fonts baptismaux de l’Indépendance et modernisé pendant plus de quarante ans. Le Rhdp étant la maison naturelle des enfants d’Houphouët, pourquoi ne pas le renforcer? Pourquoi nous battre comme des adversaires irréconciliables, chacun pour sa propre chapelle, si à la fin nous devons nous retrouver tous dans la même maison ? C’est en étant rassemblés et unis autour de Bédié que nous renforcerons le Rdph.
Les militants doivent se convaincre que ce n’est pas dans l’isolement que le Pdci peut réussir dans ses combats. Il importe donc de réfléchir sur nos échecs dans nos négociations au sein du Rhdp et d’en tirer les leçons. Ne faisons pas de passe à l’ennemi qui est aux aguets et prêt à se faufiler dans la moindre brèche de notre maison pour nous détruire.
Enfin, j’invite les uns et les autres à taire leurs particularismes et à ne voir que les raisons de vivre ensemble dans la grande famille du Pdci-Rda, tous unis comme un seul homme, derrière le président du parti. C’est une question de respect de nos textes et de survie même de notre parti.

Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani,
Membre du Secrétariat exécutif du Pdci-Rda


Publié le mercredi 6 novembre 2013  |  Le Nouveau Réveil




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