Présidentielle du 25 octobre 2015 en Côte d'Ivoire: Le NPR appelle Affi N'Guessan à retirer sa candidature.

Mardi 20 Octobre 2015 - 17:39


Blaise Pascal Logbo, président du NPR
Blaise Pascal Logbo, président du NPR

LETTRE OUVERTE DU NPR A MONSIEUR PASCAL AFFI N'GUESSAN ,CANDIDAT A L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 25 OCTOBRE 2015 EN CÔTE D'IVOIRE.


 

A

Monsieur Pascal Affi N'Guessan,

Candidat à la présidentielle du 25 octobre 2015 en Côte d'Ivoire,


 

Cher Candidat,


 

A l'heure où notre pays traverse une fois de plus des moments décisifs de son histoire, je voudrais, en mon nom personnel et au nom de mon parti le NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement), prendre la responsabilité de vous lancer un appel solennel dans le sens de la défense de la démocratie, de la justice, des libertés et de la paix dans notre cher pays.

Cet appel vous est adressé en votre qualité de citoyen, de candidat et d'homme de gauche. Car j'estime que vous partagez encore des valeurs de la Gauche, en dépit de votre situation politique actuelle née du schisme qui continue de marquer le Front Populaire Ivoirien (FPI).

Votre posture d'homme de gauche a été bien exprimée le 07 septembre 2013, lors de la cérémonie de passation de charges qui vous a permis de reprendre la présidence du Front Populaire Ivoirien, après plus de deux années d'injuste incarcération politique.

Ce 07 septembre 2013, vous avez dénoncé l'insécurité généralisée qui "représente à l'heure actuelle la première source d'inquiétude des ivoiriens". A ce sujet, vous fustigiez le non désarmement des ex-rebelles qui ont porté Alassane Ouattara au pouvoir, tout en qualifiant ce dernier de "père de la rébellion". N'a pas non plus échappé à vos virulentes critiques l'instrumentalisation inconstitutionnelle des chasseurs traditionnels appelés "Dozos", au détriment de la police et de la gendarmerie désarmées.

En outre, vous avez dénoncé la dictature installée, mis en cause la légitimité des institutions qui en découlent, ainsi que "l'Etat de droit, les libertés et les droits de l'homme." Dans cet ordre d'idées, vous avez condamné cette politique liberticide faisant des prisonniers et des exilés politiques. Cette condamnation vous a conduit à demander le retour des exilés et la libération des prisonniers politiques, afin d'aller à la paix et à la réconciliation nationale.

Le non respect de la Constitution par le pouvoir en place, était également au coeur de vos critiques. La décision du Conseil constitutionnel du 09 septembre 2015 validant la Candidature d'Alassane Dramane Ouattara en est une illustration des plus saisissantes.

Poursuivant vos critiques dans votre remarquable discours auquel j'ai déjà fait référence, vous n'avez pas manqué de clouer au pilori la Commission Electorale Indépendante. A ce sujet, je me permets de citer vos propos sans appel: "La Commission Electorale Indépendante (CEI), responsable de la grave crise post-électorale, continue de siéger et de fabriquer au profit du pouvoir, des majorités politiques fictives.", avez- vous soutenu.

 

Cher Pascal Affi N'Guessan,

 

Comme 2010, cette CEI que vous avez fustigé continue d'être présidée en 2015 par monsieur Youssouf Bakayoko. Comme en 2010, cette CEI continue d'être majoritairement composée des représentants du RHDP (Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la Paix) ainsi que de ses partis politiques et organisations satellites. Inéluctablement, cette CEI, comme en 2010, continuera de fabriquer au scrutin du 25 octobre 2015, et au second tour qui pourrait en découler, une "majorité politique fictive", au profit du candidat inconstitutionnel Alassane Dramane Ouattara.

Le résultat de cette présidentielle ne saurait être en votre faveur, dans cette situation de non désarmement effectif des ex-combattants qui continuent de faire régner l'insécurité dans le pays. Face à Alassane Ouattara, contrôlant à son avantage la CEI et le Conseil Constitutionnel, depuis la nomination de monsieur Koné Mamadou à la présidence de cette Institution, aucun autre candidat ne pourra faire le miracle de gagner cette présidentielle du 25 octobre 2015. Comment cela pourra être possible avec une liste électorale composée de multiples doublons et d'électeurs illégaux, et qui manque de ce fait de crédibilité ? Comment cela pourra être possible avec une CEI qui déjà viole le code électoral en son article 15, en prorogeant la distribution des cartes d'électeurs jusqu'au mercredi 21 octobre 2015, alors que la loi l'enjoint d'achever cette phase du processus au plus tard deux semaines avant le scrutin ? Comment cela pourra être possible pendant que tous les candidats, excepté Alassane Ouattara, sont de fait interdits de faire campagne au nord, zone où ils sont persona non grata ? Comment cela pourra être possible pendant que des ex-combattants en armes et des chasseurs traditionnels "Dozo", sans compter des FRCI zélés et instrumentalisés, continuent de faire planer l'insécurité sur la présidentielle du 25 octobre 2015 ?
 

Cher Pascal Affi N'Guessan,
 

Je vous sais conscient de la situation qui prévaut dans le pays et de tout le dispositif mis en place pour un passage en force d'Alassane Ouattara pour s'offrir un second mandat par une mascarade électorale, après avoir usé des armes pour s'offrir 5 années de règne. Ne soyez pas complice de cette tentative de légitimation d'un régime, qui souffre de légitimité depuis son avènement le 11 avril 2015.

Je voudrais avec insistance, si cela est encore possible, vous dissuader d'être l'artisan d'une légitimation du pouvoir de monsieur Alassane Ouattara en allant à une élection dont le résultat est connu d'avance.

Pour toutes les raisons ci-évoquées, je ne saurai comprendre votre obstination à maintenir votre candidature à cette présidentielle du 25 octobre 2015, qui fait planer un climat de peur et d'angoisse dans le pays, du fait de l'insécurité généralisée et de la déflagration sociale qui pourraient s'en suivre, au détriment de la paix et de la réconciliation.

Par conséquent, je vous invite solennellement à retirer votre candidature de cette présidentielle. Vous ferez ainsi preuve de patriotisme, de loyauté et de fidélité aux valeurs de gauche que vous défendez. Vous marquerez ainsi l'histoire de notre pays et la conscience des ivoiriens.

Dans votre déclaration du 07 septembre 2013 vous avez lancé cet appel aux ivoiriens: "Comptez sur ma fidélité et ma loyauté.". A l'heure actuelle, retantit encore plus fortement cet appel. Pour nous, votre fidélité et votre loyauté doivent trouver l'occasion de se manifester par le retrait de votre candidature dans cette mascarade électorale qui ne fera que ternir votre image en vous humiliant, en plus de vous faire perdre toute crédibilité politique.

J'espère avoir été entendu et compris par vous. J'espère par ailleurs que s'en suivra l'acte majeur que les ivoiriens attendent de vous, afin de ne pas participer à cette entreprise de légitimation de ce pouvoir dont souffre la Côte d'Ivoire et dont les ivoiriens devront tôt ou tard se débarrasser par le combat politique basé sur les saines règles de la concurrence démocratique.


 

Fait à Paris, le 20 octobre 2015


 

Blaise Pascal Logbo

Président du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement)


 





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