Présidentielle de 2015/ Les préalables du Dr Claude Koudou:"Soyons plus sérieux pour un bon devenir de notre pays"

Lundi 27 Janvier 2014 - 12:35


Dr Claude Koudou, lors de d'une manifestation de février 2013 devant la CPI (Cour Pénale internationale
Dr Claude Koudou, lors de d'une manifestation de février 2013 devant la CPI (Cour Pénale internationale
Notre pays a subi la brutalité que nous savons. Cette brutalité est venue couronner une campagne d'un lot de mensonges construits sous nos yeux pendant que nous privilégiions d'autres logiques. Notre manque de vigilance et notre propension à banaliser les choses ont fait que la forfaiture a pris le dessus et s’est aujourd’hui installée plus ou moins durablement. Il nous faut donc regarder comment le monde fonctionne autour de nous pour puiser les ressources nécessaires à l'émergence de notre pays. Que s'est-il passé pour que le Président se retrouve à La Haye sur la base de ce nombre de morts - moins de deux centaines - qu'on veut lui imputer en comparaison avec le nombre de victimes qu'on compte en Syrie - plus de 130 milliers – suivant les compteurs. Concernant un décès, même une seule personne morte est toujours un drame. Il faut donc respecter la mémoire des victimes innocentes. Mais la vraie question est qu'est ce qui s'est passé pour que la même Communauté internationale discute avec Bachar Al-Assad, le Président syrien, contrairement à notre cas ? Il faut rappeler que dans tout Homme, il y a du bon et du mauvais. Le mauvais côté est plus exacerbé chez certains alors que chez d'autres, c'est le bon côté qui prend le dessus.
Qu'est ce qui prouve alors que les nôtres qui font apparaître leurs bons côtés aujourd’hui ne seront pas plus mauvais demain ? La reconquête du pouvoir est une chose. Mais quelles réflexions, quel bilan de 10 ans d'exercice de pouvoir, quelle émulation à l'innovation et à l'inventivité, quel encouragement à l’initiative qui pourrait être bénéfique à la collectivité ? La dimension de la construction d'un nouveau paradigme ne semble pas se lire dans notre façon de faire, et nombre d'entre nous pensent que nous devons avancer têtes baissées par solidarité sur la question de la reprise du pouvoir. Ce ne serait ni franc avec le peuple ni juste avec nous-mêmes. La démarche actuelle que nous lisons, ne s'est pas encore démarquée d'une approche purement alimentaire. Il faut naturellement encourager, féliciter et saluer ceux qui se battent pour chasser la peur chez nos compatriotes.
Qu’avons-nous fait  ? A-t-on protégé le pouvoir  ? Avons-nous accompagné comme il se devait celui qui a valorisé certains  ? On ne doit pas remettre tout cela à demain au risque de manquer de sérieux vis-à-vis de l’opinion  ! Comment fait-on pour avoir une opposition crédible et qu’allons nous faire du pouvoir et comment  le ferons-nous ? Voilà quelques questions qui doivent plus nous occuper plutôt que de ne se focaliser que sur la reconquête du pouvoir  ! Que ferons-nous demain  ? Avons-nous tiré des leçons  ? L’angélisme  ; la délation  ; la suffisance  ; le sectarisme  ; le copinage  ; le favoritisme  ; corruption et l’arrogance  ; … Quelles solutions imagions-nous pour faire face à ces maux qui gangrènent notre société  ? Quelle base éducationnelle imaginons-nous pour cette jeunesse longtemps sacrifiée qui manque conséquemment de repères  ? Les autres ne viendront pas faire à notre place. Dans la solidarité et la mutualisation de nos efforts, il nous faut un minimum de responsabilité dans le respect de tous. Si nous faisons l’économie des grands débats, nous aurons du mal à reconstruire une opposition forte. Pour être efficaces, il conviendrait que ces débats et les paliers de construction se fassent en interne. Ce qui suppose par ailleurs que ceux qui orientent écoutent les autres. Et leur laissent un espace de proposition. Les sacrifices consentis et les épreuves âprement vécues ne laissent plus d’espaces à supporter des feintes.
Hier, ces mêmes alertes étaient comme tombant dans des oreilles de sourds. Plus rien ne devrait donc être comme avant  !!
Où en est l’affaire du journaliste Guy-André Kieffer  ? Quel est ce monde où un scandale supplémentaire passe comme une lettre à la poste  ?  : «  Le juge Patrick Ramaël qui instruisait l’affaire Kieffer est promu Conseiller de Ouattara  ». Que disent les chancelleries avec lesquelles nous discutons  ?
Parler d’élections  ? Lorsque ceux qui sont de retour au pays, ne sont pas dans leurs maisons  ? Lorsqu’il y a des détenus sans jugement  ? Lorsque des exilés n’ont aucune garantie sur leur sort s’ils retournaient. Lorsqu’il y a le gros problème de la CEI. Lorsqu’on ne sait pas comment faire pour le désarmement  ? Lorsqu’on naturalise à tour de bras  ? Il convient de poser les jalons d’un véritable débat pour que la confiance revienne. Cela est important pour que le doute quitte le peuple.

Dr Claude KOUDOU





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