Présidentielle 2015: Secrets du huis clos Onu-CNC

Le sous-secrétaire de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, accompagné de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU Aïchatou Mindaoudou, a rencontré mardi, le presidium de la coalition nationale pour le changement (CNC) au siège de Lider. Retour sur cet important entretien qui s’est nourri de quelques vérités en off.

Vendredi 5 Juin 2015 - 17:00


Le sous-secrétaire de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet
Le sous-secrétaire de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet
Pour la coalition nationale pour le changement qui  cherche ses marques après avoir été portée sur les fonts baptismaux, il y a quelques semaines, dans la polémique, cette rencontre avec l’ONU tombait à pic. Et le porte-parole adjoint de la CNC Bertin Kouadio Konan n’a pas manqué de le noter. Car à quelque quatre  mois de la présidentielle, aucun de ses leaders n’est encore le bienvenu à la table de négociation de Ouattara qui refuse ainsi de donner la moindre légitimité à la coalition. La seule fois où il a d’ailleurs évoqué le nom de cette nouvelle force politique, c’était pour railler son manque de patriotisme, la CNC demandant à l’ONU d’assurer la sécurisation du processus électoral en raison du caractère monoethnique de la nouvelle armée régulière. De sources proches de la CNC, 83% des effectifs des FRCI sont en effet originaires du nord de la Côte d’Ivoire, 11.000 anciens combattants pro-Ouattara ayant été recrutés depuis 2011 pour les récompenser d’avoir pris les armes contre l’ancien régime. La CNC mobilise donc, depuis plusieurs semaines, ses militants à travers le pays en attendant sa première sortie officielle. C’est dans ce contexte que le sous-secrétaire de l’ONU chargé du maintien de la paix, en visite à Abidjan pour y collecter des données qui seront ensuite analysées le 11 Juin par le conseil de sécurité, a rencontré les leaders de la CNC. Au cours de cette rencontre, Edmond Mulet s’est inquiété des tensions qui persistent dans le pays à quelques mois de la présidentielle. Le sous-secrétaire a également demandé les raisons pour lesquelles la coalition ne veut pas aller aux élections. En réponse, la délégation de la CNC a expliqué qu’elle n’entendait pas boycotter les prochaines élections. En revanche, elle n’y irait pas à n’importe quelles conditions. La CNC a ainsi expliqué que le président de la CEI est un acharné du pouvoir et que la CEI n’est pas indépendante. Pour les rassurer, il faut donc dissoudre l’actuelle CEI pour la recomposer. Il faut aussi assurer la sécurité des candidats sur l’ensemble du territoire national. Or, des milliers de combattants pro-Ouattara ont été incorporés dans l’armée régulière. Pour remédier à cette situation, la CNC demande à l’ONU d’assurer la sécurité des élections et de certifier ses résultats. L’un des protagonistes de cette rencontre explique : « Nous allons certes participer à ces élections mais pas à n’importe quel prix. Pour qu’au soir du 30 octobre, le perdant félicite de gagnant, il faut une sécurité pour tous les candidats, une sécurité pour les Ivoiriens sur l’ensemble du territoire. Or, nous n’avons plus confiance en cette armée composée à 83% de nordistes et proches de Ouattara. C’est donc pour cela que nous exigeons la présence et même l’implication totale des soldats de l’Onu dans ce processus.  Nous avons aussi demandé à l’émissaire de l’Onu de transmettre nos  exigences au Conseil de Sécurité, nous ne voulons pas que les élections à venir soient une porte ouverte à de nouvelles violences qui pourraient encore endeuiller notre pays. Nous exigeons en outre une liste électorale fiable, consensuelle et une CEI qui soit véritablement indépendante. Car  pour nous,  c’est bien Youssouf Bakayoko qui est à l’origine de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire ». La CNC exige surtout que tous ceux qui ont été nommés par Ouattara dans la perspective des élections présidentielles d’octobre soient remplacés par des personnalités de la société civile et connues pour leur indépendance. En conséquence, le président du conseil constitutionnel Koné Mamadou qui a remplacé Francis Wodié, dans des conditions pour le moins obscures, doit laisser sa place à une personnalité de la société civile réellement indépendante. A la suite de cet exposé, le sous-secrétaire de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix s’est dit heureux de savoir que l’opposition veuille présenter des candidats à l’élection présidentielle de 2015 et a promis de transmettre toutes les préoccupations de l’opposition ivoirienne au Conseil de sécurité de l’Onu qui se réunit le 11 juin prochain.  « Je suis heureux qu’il y ait des candidats au sein de la CNC qui veuillent aller aux élections, car nous n’avions pas cette information. En effet, les informations dont nous disposions montraient que l’opposition ivoirienne refuse d’aller aux élections. Toutefois, je souhaite que vous trouviez un compromis pour faire une économie de la violence au peuple Côte d’Ivoire, susceptible d’occasionner encore des morts », a souhaité  Edmond Mulet. La rencontre s’est d’ailleurs poursuivie dans les couloirs, en off, bien entendu. Au cours de celle-ci, l’on a évoqué l’intérêt à aller rencontrer les ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire dans le but de les impliquer. Cela dit, il appartient aux Ivoiriens de prendre leurs responsabilités. Une opinion d’ailleurs partagée par tout le monde. Notons qu’à cette rencontre étaient présents  Laurent Akoun, président intérimaire du FPI représentant Laurent Gbagbo tandis que Mamadou Koulibali, et Martial Ahipeaud représentaient leur différent parti. Le député KKB, le représentant de Charles Konan Banny et David Samba, membre de la société civile, complétaient la délégation de la CNC avec d’autres personnalités.
Le sous-secrétaire de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, accompagné de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU Aïchatou Mindaoudou, a rencontré mardi, le presidium de la coalition nationale pour le changement (CNC) au siège de Lider. Retour sur cet important entretien qui s’est nourri de quelques vérités en off.

Georgette Afi

Source: Aujourd’hui / N°902




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