Présidentielle 2015 / Après l’annonce de sa candidature: Qui pour contrarier le candidat Ouattara ?

Est-ce qu’il y aura quelque chose en face en 2015 ? Le Pdci sans candidat en attendant son congrès, le Fpi toujours en mode ‘’boycott Ouattara’’, Ouattara très devant dougou avec le vote électronique en attendant la prochaine Cei.

Mardi 7 Mai 2013 - 08:04


Présidentielle 2015 / Après l’annonce de sa candidature: Qui pour contrarier le candidat Ouattara ?
TOUT SEMBLE LUI réussir et rien désormais, et ce jusqu'à avis contraire ne paraît résister au Chef de l'Etat. Dans une interview réalisée avec Jeune Afrique, le 17 avril 2013 à Abidjan, selon le confrère, et donc avant même les élections locales, SEM Alassane Ouattara laissait entendre qu'il pourrait être candidat à sa propre succession. Il a déroulé son agenda et semble pour l'instant demeurer non seulement seul maître à bord, mais aussi le maître du calendrier. Quels sont ses atouts en ce mois de mai, à plus de 2 ans de la prochaine présidentiel- le ? Comment peut-il paraître à nouveau en position de favori, contrairement aux ressentiments que l'on entend monter et sourdre à cause aus- si bien des mécontents du Pdci, que des éternels opposants du Fpi, qui lui promettent l'enfer et rêvent de lui faire mordre la poussière en 2015 ? Ceux qui d'emblée n'ont pas fait le jeu de l'alternance démocratique peuvent-ils avoir les moyens de réaliser par les urnes, le « tout sauf Ouattara », pro- mis et espéré dans de nombreux salons ? Etats des lieux.

Maître incontesté dans son camp!

Le premier atout du futur candidat sortant ou président sortant est qu'il est le seul leader charismatique dans son camp. Au Rdr et assimilés, c'est- à-dire même avec les indépendants, le leadership et le charisme d'Alassane Ouattara ne sont contestés par personne. Même les mécontents et les indépendants le prennent comme un recours. Disposant d'une autorité indiscutable et de collaborateurs dévoués et loyaux, Alassane Ouattara engage la seconde phase de son mandat aussi décomplexé et sûr de lui, qu'à ses débuts. Audace, engagement et détermination sont au rendez-vous. Les bénéfices et les retombées à venir des grands travaux lancés, lui donnent de l'optimisme. Même sur la question de la réconciliation politique et de la normalisation avec le Fpi, l'on assure que le président a un plan, et que des dividendes seront obtenues de certaines initiatives envisagées dans les semaines à venir. Vu sous cet angle, tout va bien dans la maison Ivoire, pour ne pas dire dans la maison Ouattara. Maison au sein de laquelle, l'échéance de la prochaine présidentielle est envisagée avec optimisme, au point que le chef de l'Etat annonce l'instauration du vote électronique, longtemps avant la mise en place de la nouvelle Commission électorale qui devra déterminer les modalités du vote lors de la présidentielle à venir. Il faut dire qu'à un peu moins de trois ans de l'échéance présidentielle à venir, la situation en face n'a pas de quoi inquiéter le président de la République dont les seuls opposants semblent être les enseignants et les médecins. Des corps dont l'action peut avoir de l'impact même si on voit bien qu’ils n'empêchent pas le chef de l'Etat, ni le gouvernement de dormir.

Alassane Ouattara ‘’devant dougou’’ ?

On peut le dire face à un Pdci qui n'ira en congrès qu'en Octobre prochain. C'est à cette date, à 24 mois de la date estimée de la prochaine élection pré- sidentielle, que le vieux parti décide- ra s'il aura oui ou non, un candidat. C'est à cette date, qu'il se prononcera sur la nature de sa collaboration avec le RDR et le président Ouattara. Ce qui fait dire à des observateurs que, sauf cas de force majeure, le chef de l'Etat ne fera pas un remaniement d'envergure avant novembre 2013, c'est-à-dire avant la fin du Congrès du Pdci-Rda. Face à un hyper-président, un chef de l'Etat très actif, que fera un candidat du Pdci, qui sera désigné dans la lourdeur, et presque sur le tard ? Aura-t-il le temps de rattraper un re- tard créé par une absence de discours d'adversité du Pdci à l'encontre du président de la République ? Comment le Pdci peut-il être crédible si c'est seulement à deux ans de l'élection, avec le choix de son candidat, qu'il découvre subitement les défauts d'un Alassane Ouattara jugé brillant et compatible durant 3 ans au moins ? Y aura-t-il vraiment une adversité de poids du côté du Pdci, en face du champion du Rdr qui tente d'élargir sa base, et sa majorité ? Un champion qui comptabilise le ralliement des candidats indépendants ! Quid alors du Fpi et de l'ensemble de l'opposition? A ce sujet, cette confidence d'une tête forte de l'opposition vaut son pesant d'or: "Seule l'union a permis la défaite de Lau- rent Gbagbo. Seule l'Union de l'opposition a permis la défaite du prési- dent Wade. En Côte d'Ivoire, sans union, il n'y aura rien en face du pré- sident Ouattara. Or, rien n'indique que nous sommes partis pour être unis. Certains peuvent penser que le président a dégainé trop tôt, mais c'est en connaissance de cause qu'il l'a fait. Si on sort du schéma de la violence et du coup d’état, n’oublions quand même pas qu'il a pu gagner librement une élection alors qu'il était dans l'opposition et sans moyens. Oublions un peu la crise postélectorale et l'appui de la France, et cessons de continuer à le sous-estimer, de croire qu'il est un géant en économie, mais un nain en politique. Houphouët a bien dit de lui qu'il apprend vite. Ouattara peut donner le sentiment d'être naïf, de ne pas assez connaître ou maîtriser le pays, mais il n'en est rien". A en croi- re notre interlocuteur, les dés sont-ils déjà pipés ? Le Rdr doit-il dormir sur ses lauriers? Rien n'est moins sûr. D'abord, le président Ouattara, lui- même, selon des sources bien informées, refuse de croire que sa réélection, est un acquis même s'il rêve d'une victoire dès le premier tour. En- suite, selon plusieurs observateurs, la perspective d'une réélection si évidente peut mobiliser et souder l'ensemble des adversaires d'Alassane Ouattara, au point de les pousser à oublier leurs divergences. Enfin, des paramètres imprévus peuvent paraître bien déterminants. "L'arbitre de la présidentielle à venir, ce ne sera pas le Fpi, mais plutôt le Pdci. Si le Pdci reste avec Ouattara, il sera réélu, mais si le Pdci le quitte, il sera battu. Dans ce cas, il n'est pas sûr et certain que le prochain président soit issu du Pdci. A défaut d'être du Fpi, ou de l'opposition traditionnelle et classique, il peut être un indépendant. Tout reste possible", prédit un analyste qui, comme état de service, revendique le fait d'avoir dès le premier tour, prédit un face à face Gbagbo-Ouattara au second tour. En- suite, il a prévu la défaite de Laurent Gbagbo. Il conclut pour la prochaine présidentielle ceci: "Le président Ouattara semble bien parti pour se succéder à lui-même, mais cette victoire certaine peut constituer un handicap s'il ne reste pas vigilant". Com- me quoi, ne rien avoir en face peut pousser à mal jouer le ballon et marquer souvent contre son camp. Wait and see!

Charles Kouassi

Source: L'Intelligent d'Abidjan





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