Présidence de la République: Amon Tanoh, Amadou Gon et Birahima Ouattara s’offrent 3 Mercedes blindés à 225 millions de FCFA

Samedi 21 Avril 2012 - 05:51


De gauche à droite: Amon Tanoh, Amadou Gon et Téné Birahima Ouattara
De gauche à droite: Amon Tanoh, Amadou Gon et Téné Birahima Ouattara

C’est comme un vent de folie de grandeur qui souffle sur la tête des proches de notre hyper président. Il y a de cela quelques jours seulement, un de ses ministres, membre du RDR, encore maire de son état, s’est offert en rigolant, l’immeuble « ATTA1 », situé au Plateau, en face du stade Houphouët-Boigny. Coût du petit bijou immobilier, trois milliards de FCFA. Juste de l’argent de poche honnêtement acquis? Et voilà qu’en pleine investigation sur cette transaction, « L’Eléphant » tombe à tout hasard sur des documents faisant état, du côté du château (Palais présidentiel), de la volonté de quelques collaborateurs de notre président, de s’offrir de petits bijoux roulant dignes de « James bond ». C’est que notre président circulant dans une voiture blindée pour des raisons évidentes de sécurité, l’idée de s’offrir aussi des bolides blindés a germé sous le crâne de certains de ses plus proches collaborateurs. A moins que ce ne soit notre président qui ait lui-même ordonné qu’ils s’achètent des voitures blindées. Il s’agit du Directeur des Affaires administratives et financières (le frère cadet de notre président), Tene Birahima Ouattara (appelé couramment «photocopie ») et par ailleurs ministre des affaires présidentielles; du directeur de Cabinet, le ministre Marcel Amon Tanoh et du ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence, Amadou Gon Coulibaly.

Trois Mercedes Benz E350 4-MATIC


Les trois heureux « élus » auprès de notre président ont donc porté leur choix sur la Mercedes Benz E350 4- Matic (voir photo) et ont passé la commande en Belgique, auprès de l’entreprise « Carat Duchatelet », spécialisée dans le montage de véhicule blindé. Sans égratigner le luxe. Car le véhicule choisi est d’un luxe insolent et possède des caractéristiques techniques de dernière génération. Des freins antiblocage et antipatinage, contrôleur de la stabilité électronique, indicateur de la pression des pneus (surtout avec nos dos d’âne), Sonar de stationnement, sans compter le système d’alarme, la climatisation à deux zones, les sièges avant chauffant, le système de navigation, le régulateur électronique de vitesse, etc. de vrais bijoux pour ces trois grands serviteurs de l’Etat. Seul bémol, selon un spécialiste qui a bien voulu éclairer la lanterne de « L’Eléphant », le type de blindage sollicité et qui a fait grimper le prix de l’unité, le blindage de type « armature B4 » n’est pas adapté pour la Côte d’Ivoire. Et donc, la dépense effectuée avec l’argent public prend ainsi la forme du « gaspillage ». Parce que ce type de blindage n’est infaillible que pour les armes de pointe du genre pistolet automatique. Alors qu’en Côte d’Ivoire, comme chacun le sait, les armes les plus utilisées par les criminels sont les kalachnikovs auxquelles ne résiste guère le blindage choisi par nos trois serviteurs de l’Etat. Pourquoi ne pas choisir un blindage plus conséquent si tant est qu’ils veulent vraiment se sentir en sécurité à bord de leur bolide ? Et puis, pourquoi, alors que les autres ministres de Côte d’Ivoire circulent à bord de véhicule sans blindage (par soucis d’économie pour l’Etat, sans doute), les trois collaborateurs du Chef de l’Etat (qui n’étaient pas encore des ministres au moment où ils ont passé la commande des trois bolides), ont-ils senti le besoin de rouler, eux, dans des véhicules de luxe blindés?

 
Le coût des trois mercedes E350-4MATIC

Sur la base des documents que « L’Eléphant » s’est procuré (voirs Fac-Similés), les termes du contrat de vente des trois voitures sont les suivants : un premier versement de 226.420 euros à la signature du contrat et un deuxième versement de 113.210 euros après l’inspection finale des véhicules dans les locaux du vendeur, avant leur départ pour Abidjan (ce qui suppose un déplacement en Belgique et donc des frais supplémentaires), soit, un total de 339.630 euros. Environ 225 millions de FCFA hors les frais de dédouanement à Abidjan. Mais comme chacun le sait, ce ne sont pas les frais des douanes payables à Abidjan qui empêcheront nos trois serviteurs de l’Etat de s’offrir quelques virées dans les semaines à venir sur nos routes cahoteuses à bord de leur voiture blindée. Si nos calculs sont bons, les trois voitures, si on s’en tient à la date de la signature du bon de commande par le directeur des affaires administratives et financières, 5 septembre 2011, devraient être à Abidjan, à la fin du mois de mai prochain ou au plus tard dans le courant de celui de juin. Pourquoi un tel écart entre la date de commande et la date de livraison ? « C’est qu’un véhicule blindé n’est pas un véhicule ordinaire. Sa conception et son montage font l’objet d’un travail minutieux qui tient compte des exigences de l’acheteur. Et il faut en moyenne dix semaines pour terminer le blindage d’une seule voiture », assure notre spécialiste. Selon d’autres sources, le retard est également dû au fait que les acheteurs voulaient trois Mercedes identiques, pas trop grosses par rapport à celles que possède le Chef de l’Etat, ni trop petites parce qu’elles ne supporteraient pas le blindage. Et pourquoi nos trois serviteurs de l’Etat tiennent-ils tant à rouler dans des voitures blindées ? Approché par « L’Eléphant », Jean Louis Moulod, qui fait office de directeur de cabinet adjoint du chef de l’Etat, a dit ne pas être au courant d’une telle commande de voitures. Et que seul son patron, le ministre Amon Tanoh pourrait répondre à notre question. Du côté du service de Communication de la Présidence, évidemment, nul n’est informé d’un projet aussi blindé. Il n’y a que les concernés qui peuvent répondre à nos questions. Mais le secrétaire général de la Présidence, Amadou Gon Coulibaly est en ce moment absent du pays pour raison de santé. Et en raison de la visite qu’effectue le chef de l’Etat demain à l’ouest du pays, inutile de tenter d’avoir son directeur de Cabinet et encore moins, son ministre des affaires présidentielles.


Assalé Tiémoko

SOURCE: L’éléphant déchaîné N°049 du vendredi 20 au lundi 23 avril 20123


 





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