Pourquoi ils voulaient tant la peau de Mahan Gahé

Mercredi 18 Septembre 2013 - 06:44


Pourquoi ils voulaient tant la peau de Mahan Gahé
La Côte d’Ivoire pleure encore aujourd’hui un de ses dignes fils. Le souffle de vie a quitté hier, sous le coup de 13h, Basile Mahan Gahé, secrétaire général de la centrale syndicale Dignité. Sorti, le 5 août dernier, du sous- sol de la Côte d’Ivoire où le régime Ouattara l’avait enfermé, l’homme a succombé à la tor - ture qui lui a été infligée pen - dant ses différentes détentions. Notamment dans les premiers moments de sa détention dans les locaux de la police à Williamsville (Abidjan). La mort de Mahan Gahé vient allonger la liste des victimes du pouvoir Ouattara d’après la guerre pos - télectorale. Au nombre de ces victimes, on peut citer les ministres Désiré Tagro, Bohoun Bouabré, les maires Diagou Go - mont et Gnah Raymond. Mais pourquoi le régime Ouattara en voulait-il tant au secrétaire général de la centrale syndicale Dignité ? Dans le complot qui a été ourdi contre la Côte d’ivoire et le régime du président Gbagbo, les commanditaires de la rébellion armée de septembre 2002 cher - chaient à contrôler le monde des travailleurs en vue de les inciter à une révolte contre le gouvernement. Ils avaient déjà une proximité avérée avec l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Ugtci) et une par - tie de la fédération des syndicats autonomes de Côte d’Ivoire (Fesaci) qu’ils avaient réussi à casser en deux. Seule la centrale Dignité de Mahan Gahé leur échappait totalement. Toutes les pressions qui avaient été exercées sur lui étaient restées vaines. En effet, selon les informations reçues de lui-même à sa sortie de prison, quand le camp Ouattara s’est rendu compte qu’il ne pouvait infléchir la position du secrétaire général de Dignité en sa faveur, il a mis à contribution certains fonctionnaires du Bureau international du travail (Bit). Mais rien n’y fit. Mahan Gahé a résisté contre toutes les pressions et est resté inflexible dans la défense des institutions républicaines et de la mère patrie, la Côte d’Ivoire. Mahan Gahé qui a fait la prison sous le régime Houphouët dont le Premier ministre s’appelait Alassane Dramane Ouattara, le régime Bédié et même sous la transition militaire avec le général Robert Guéï, estimait que le régime Gbagbo était très favorable au monde du travail. C'est-à-dire un régime qui avait une oreille attentive aux préoccupations des travailleurs. On se souvient de la dextérité et de la diligence avec lesquelles le président Gbagbo avait réglé le problème des travailleurs de la Carena jetés à la rue par la direction de ladite entreprise. La situation de ces travailleurs jetés à la rue était gérée par la centrale Dignité. On se souvient également que le président Gbagbo se proposait de déblo - quer les salaires des fonctionnaires en décembre 2002 et de revaloriser le Smig. Le dossier était traité par le gouvernement en accord avec les syndicats. Pour Mahan Gahé, un tel régime qui était injustement attaqué en septembre 2002 méritait le soutien du monde du travail. Il était donc de ceux qui ont conduit la résistance des travailleurs pendant la longue crise que le pays a traversée sans faire la moindre économie de son énergie. C’est justement l’action de Mahan Gahé et de certains de ses amis qui ont conduit à l’échec, les appels à la désobéissance civile lancée depuis le Golf Hôtel par Alassane Ouattara et ses hommes. Le patron de la centrale Dignité était donc dans le collimateur du clan Ouattara quand le régime du président Gbagbo est tombé sous les bombes de l’armée française et de l’Onuci. Mahan Gahé était activement recherché.

Mort pour la Patrie

De sorte que quand les hommes armés de Ouattara l’ont arrêté à son domicile de la Riviéra-Abidjan sous le fallacieux prétexte de la recherche des armes, ils l’ont conduit dans les locaux de la police de Williamsville (Abidjan). Où il a été torturé pendant longtemps. Lui-même racontait à sa sortie de prison que le premier jour de sa détention, il a été battu jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Et les autres jours, non seulement il dormait dans un endroit insalubre, torse nu, mais il était battu avec une barre de fer toutes les deux heures. Déjà dans ce commissariat, on lui avait cassé deux côtes. De sorte que lorsqu’on le transférait à l’hôtel La nouvelle Pergola (Abidjan-Marcory), Mahan Gahé n’était plus que l’ombre de lui-même. Et c’est dans cet état piteux qu’il a été conduit avec ses camarades à la prison de Boundiali, nord du pays. C’est donc tout naturellement que sorti de prison deux ans après, le secrétaire général de Dignité s’est retrouvé à la Pisam, puis au centre médical du plateau où il a rendu l’âme hier aux environs de 13h. Il paie donc de sa vie, sa résistance et son combat pour la défense de la Nation. Gloire à lui, gloire au combattant intrépide qu’il a été!   

Boga Sivori

 bogasivo@yahoo.fr

Source Notre Voie N°4521 du mardi 17 septembre 201 3




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