Pourquoi il faut aider le FPI

Dimanche 28 Octobre 2012 - 23:17


Pourquoi il faut aider le FPI
La réconciliation n'est pas un objectif politique du régime Ouattara, mais plutôt un slogan utilisé à dessein, avec l’aval des puissances coalisées, comme un manteau dont il couvre les massacres que ne saurait voir et aimer l'opinion publique internationale. Nous devons définitivement comprendre que la réconciliation n'est pas soluble dans le " diviser pour mieux régner" des maîtres d’un Ouattara qui bénéficie d’un trésor d’indulgence.
Le Maréchal Lyautey, colonisateur du Maroc, écrivait à propos des peuples du Maghreb : « Il y a des haines et des rivalités qu’il faut démêler et utiliser à notre profit en les opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres ». Et ceux qui ont fait la guerre à notre pays n’en pensent pas moins. Il faut diviser le peuple de Côte d’Ivoire.
Gbagbo représentait et représente toujours, au-delà des velléités d’indépendance économique dont on n’a jamais osé l’accuser ouvertement, un danger qui risquerait de rendre inopérante cette stratégie en fédérant les peuples de notre pays autour de sa personne et surtout, autour d’une certaine idée de la nation, comme l’a montré la carte électorale du premier tour de la présidentielle qui indique clairement que la mayonnaise était entrain de prendre. Celui qu’on présentait comme minoritaire en voulant le confiner dans son ethnie, et en l’accusant contre toute évidence de tout « bétéiser » se trouvait en tête du scrutin, porté largement au-delà de sa région. Tout est donc fait pour casser cette dynamique, et aucune réconciliation n’est possible dans ces conditions
Ce qu’il faudrait donc, ce n’est pas la recherche frénétique d’une réconciliation de toute façon vouée à l’échec dans l’immédiat, pour la simple raison que le régime installé par la force sait que ses adversaires sont encore portés par une bonne partie de la population, silencieuse certes, mais déterminée. La chambre d’appel de la Cour Pénale Internationale (CPI) n’a pas dit autre chose le 26 octobre 2012. Ils en sont donc bien conscients, et c’est ce qui explique qu’ils continuent leur travail de sape pour neutraliser complètement le FPI. IL faudrait donc que nous nous concentrions davantage sur ce parti. Nous devons soutenir ce parti. Nous devons porter une attention particulière à ce parti pour l’aider à survivre. Et chacun doit faire ce qu’il peut pour ne pas avoir à regretter de n’avoir pas fait ce qu’il aurait dû faire. Nous devons le faire pour diverses raisons.
D’abord, la légitimité du FPI. Le FPI est ce parti qui a porté et organisé la lutte pour le retour des libertés, et ce parti est aujourd’hui en butte à des difficultés de tous ordres, des difficultés d’une telle acuité que son président intérimaire s’est écrié récemment : « Nous avons d’énormes problèmes ». Ce parti est aujourd’hui menacé dans son existence même par le régime Ouattara qui rêve d’un retour au parti unique. On le voit notamment avec la tentative de criminalisation dont il est l’objet.
Nous l’avons encouragé à boycotter les élections législatives qui permettent d’avoir des députés qui auraient pu contribuer au renflouement des caisses dans un contexte de non financement des partis politiques décidé par le régime Ouattara. Et nous l’encourageons à continuer de boycotter les élections organisées par ce régime tant que les conditions politiques ne seront pas remplies. Ces conditions sont connues du pouvoir qui les rejette pour le moment, et des ivoiriens qui les approuvent. Mais tout cela a un coût. Que voulons-nous ? Que le FPI meure d’inanition ? Nous avons entre nos mains la solution pour que ce parti créé par Laurent Gbagbo et d’autres traverse cette tempête sans dommages irréversibles.
Ensuite parce que si le FPI venait à disparaître, on assisterait alors à une guerre des chefs, des petits chefs qui, pris séparément n’auront pas de légitimité suffisante pour rassembler autour d’eux une très grande partie des ivoiriens. Nous l’avons vu avec le cas de Koulibaly Mamadou qui a fini par comprendre qu’il jouissait d’une légitimité par procuration, de la double légitimité du président Gbagbo et du FPI. Une telle situation d’émiettement des forces, si elle advenait, renforcerait énormément le régime de Ouattara qui n’aurait ainsi aucun adversaire de poids. Ce serait alors la porte ouverte à une dictature qui est déjà une réalité mais qui serait encore pire car elle n’aurait ainsi plus personne en face d’elle pour parler et dénoncer courageusement, de façon audible, les multiples violations des droits de l’homme, comme le fait de temps à autre le FPI.
Tout compromis politique, si compromis il y a puisque cela ne s’imposerait plus au régime, qui serait trouvé dans un tel contexte pour sortir notre pays de la crise serait un compromis boiteux car le pouvoir ne pourrait jamais céder aux micro-partis qui se substitueront au Fpi ce qu’il n’a jamais voulu céder au FPI.
Cela aurait bien évidemment des conséquences sur le combat pour la démocratie. Des conséquences qui seraient d’autant plus dommageables que le peuple n’aurait plus personne de visible et de crédible sur qui reporter ses espoirs d’un retour à la normalité institutionnelle.
Enfin, les prisonniers et les réfugiés politiques n’auraient plus de porte-voix qui puisse continuer à faire une pression subtile sur le régime, car le conditionnement par le FPI des négociations au sort des prisonniers et des réfugiés est une forme de pression sur le régime d’autant plus qu’elle est relayée au-delà du pays, même si ce n’est pas exactement dans les mêmes termes. Devant donc le manque de perspectives encourageantes pour leur avenir, beaucoup pourraient céder au découragement et troquer leur dignité actuelle contre une allégeance, aussi déshonorante que risquée soit-elle.
Devant donc tous les dangers que fait courir à l’avenir de la démocratie dans notre pays un affaiblissement croissant du FPI , et peut-être sa disparition, nous devons nous mobiliser, mobiliser tous les moyens dont nous pouvons disposer pour éviter d’avoir à reprendre le combat là où il était après 1963, c’est-à-dire après le complot qui avait signé l’instauration du parti unique.
C’est à ce niveau de mon texte, et pour conclure, que je voudrais lancer un appel à toutes les bonnes volontés patriotiques. Un appel à se bouger
Vous savez, il a fallu attendre 1990, vingt-sept ans, pour que d’autres partis aient à nouveau droit de cité dans notre pays. Ne regardons donc pas le FPI se battre et se débattre tout seul pour se dépêtrer de ses difficultés. Aidons-le !

Alexis Gnagno.





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