Pourquoi Ouattara met l’armée en alerte maximale

Sans crier gare, le régime se barricade. Sur les rangs, l’heure est au rappel des troupes et à l’alerte maximale. Une situation qui rappelle l’ambiance des mauvais jours alors que l’on croyait que le pire était désormais derrière nous. Ceux qui ont prédit un dernier trimestre de feu, dans le pays, auront-ils raison ?

Samedi 5 Octobre 2013 - 10:12


Pourquoi Ouattara met l’armée en alerte maximale
Les FRCI, nouveau nom de baptême des forces de dé - fense et de sécurité sous Ouattara, sont depuis quelques jours sur les dents. Ces forces gouvernementales sont désormais de plus en plus visibles dans les principales rues de la capitale abidjanaise où elles multiplient ces jours-ci, les patrouilles aussi bien motorisées que pédestres. Les casernes militaires ne sont pas en reste, elles qui sont mises en alerte maximale jusqu’à nouvel ordre. Conséquence, tous les soldats qui devaient bénéficier de congé en ce moment, ont été priés de mettre une croix là-dessus en attendant de jouir plus tard de ce droit du travailleur. Le temps certainement que les cieux deviennent plus cléments. Même les permissionnaires ont été tous rappelés depuis mercredi dernier et invités à regagner leurs bases respectives. Le plus troublant dans l’affaire, c’est que les chefs de corps, d’unités et autres services, ne donnent pas plus d’explications à leurs hommes relativement à cette mobilisation générale des forces républicaines de Côte d’Ivoire au moment où justement le chef de l’Etat se vante d’avoir, en deux petites années, fait passer l’indice de sécurité, dans le pays, de 3,8 à 1,7 point. Pourquoi tant de frénésie de la part du régime ? Si on en croit certaines indiscrétions en provenance du palais présidentiel, ce branle-bas observé au niveau de l’appareil sécuritaire ivoirien serait en rapport avec les récentes révélations des services secrets britanniques sur les bruits de bottes qui menacent la Côte d’Ivoire. Des informations prises, dit-on, très au sérieux par le régime qui ne veut pas se laisser surprendre par un mauvais coup de l’adversaire. Surtout que les ‘djihadistes’, évoqués par les grandes oreilles britanniques sont de nouveau, actifs depuis quelques jours, dans le Nord du Mali voisin. Mais à cette menace, se superpose une autre, celle des soldats ivoiriens exilés depuis le 11 avril 2011 et auxquels certaines notes secrètes prêtent de préparer un assaut im - minent contre le pouvoir Ouattara. Et nos sources d’indiquer que l’ultimatum lancé récemment par le régime, aux militaires exilés, est lié à cette menace. Avec comme objectif de déstabiliser le mouvement si tant est que ces derniers nourrissent un tel projet. Cela, en donnant la possibilité aux uns et aux autres de retrouver leurs places au sein des effectifs de l’armée là où tous étaient certains d’avoir été radiés après l’ultimatum de Paul Koffi Koffi, le ministre de la défense, qui avait déjà expiré l’an dernier. En somme, une perche tendue qui, dans l’entendement du gouvernement, pourrait faire changer bien d’idées aux ex-Fds. Aussi, pour en ajouter à la frilosité du régime, les procureurs des tribunaux ivoiriens ne se sont toujours pas accordés sur l’identité des 3000 prisonniers à élargir, bénéficiaires de la grâce présidentielle. Une situation qui a pour conséquence de pourrir le climat dans les différents centres péniten - ciers du pays où les régisseurs redoutent de plus en plus, des mutineries. C’est dans cette atmosphère de peur sur la ville que le 12ème congrès ordinaire du Pdci s’est ouvert hier, au palais des sports de Treichville. Un évène - ment où le régime joue une carte très importante en raison des enjeux liés à ces assisses. Une importance matérialisée par la présence, sur les lieux, du ministre Hamed Bakayoko, qui passe pour l’œil et l’oreille du chef de l’Etat.

Géraldine diomandé

Source: Aujourd’hui / N°473 du Vendredi 04 Octobre 2013





 




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