Pour payer les FRCI: Ouattara cherche encore crédit !

Le pouvoir Ouattara est à la recherche de 160 milliards de FCFA sur le marché régional. Une partie de cet argent devrait servir à payer d'autres dettes, tandis qu'une autre, censée financer des infrastructures, devrait permettre de payer les FRCI grognons.

Mercredi 26 Novembre 2014 - 08:46


Négociation entre le pouvoir les militairaires mutins
Négociation entre le pouvoir les militairaires mutins
«Sur quoi compte-t-il pour faire de telles promesses ? » Ils sont nombreux les observateurs qui se sont interrogés sur les moyens par lesquels l'actuel chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara réussirait à tenir ses engagements auprès des soldats-mutins de la semaine dernière. Des engagements contractés sous l'effet de la peur- panique d'une contagion burkinabé, alors que Blaise Compaoré était encore logé à la villa des hôtes à Yamoussoukro. On en sait désormais un peu plus sur la « pichenette » du régime pour payer aux ex-rebelles qui ont guerroyé pour l'installer ce qu'il leur doit. Une fois de plus, Alassane Ouattara se tournera vers le marché financier. La veille de la grogne des militaires, le pouvoir lançait une levée de fonds de 160 milliards sur le marché régional. Selon le site Internet de Jeune Afrique, « deux tranches d'un montant de 80 milliards » rémunérées à des taux différends seront sollicitées. La première tranche de 80 milliards est un crédit... qui servira à rembourser des crédits, c'est-à-dire des dettes contractées auprès des banques et des assurances. Ce qui explique que le chef de file de l'opération soit la SOGE - BOURSE, filiale de la SGBCI, elle-même filiale de la Société générale française. Les arriérés de l’État seront convertis en obligations du Trésor échangeables sur le marché et rémunérés à 3%. La deuxième tranche de 80 milliards « vise à lever 80 milliards de FCFA rémunérées à 5,85% sur sept ans ». Officiellement, il s'agit de « faire face aux besoins d'investissements publics de l’État, notamment dans les infra - structures ». Mais selon une source à la direction du Trésor interrogée par Jeune Afrique, « il est clair qu'une partie des fonds mobilisés pour la tranche B servira à payer une partie de la solde des militaires frondeurs. Celle-ci est estimée à plus de 20 milliards de FCFA. » C'est du joli ! Le contribuable ivoirien avait déjà subi les énormes dommages créés par la rébellion de 2002 et la guerre post-électorale de 2010-2011, lancée par Ouattara qui préférait le chaos à un recomptage des voix. Il avait déjà remboursé à la BCEAO les pertes causées par le pillage des agences de Bouaké, Man et Korhogo par les hommes de Guillaume Soro. Il avait subi les rackets qui étaient censés ali- menter « la Centrale », ministère des Finances de la rébellion. Il devra payer, à travers les impôts et taxes de demain, le salaire des ex-rebelles qui avaient déjà ramassé tout ce qu'ils pouvaient ramasser dans une ville d'Abidjan livrée à leur arbitraire en avril 2011. S'il est fonctionnaire, créancier de l'Etat ou salarié d'une entreprise à laquelle l'Etat doit de l'argent depuis des années, il devra comprendre que ses revendications ne sont pas prioritaires, et que la soldatesque du régime mérite bien un nouvel endettement. Il faut noter que la Côte d'Ivoire avait déjà lancé un emprunt obligataire 241 milliards de FCFA en février 2014, auquel s'est ajouté un autre de 120 milliards de FCFA sur le marché régional en avril-mai dernier (qui n'avait récolté que 61 milliards au final). En mars, il lançait des bons du Trésor pour 50 milliards de FCFA. En avril, il émettait des obligations du Trésor de 100 milliards de FCFA. En juillet, il émettait sur le marché international un eurobond de 750 millions de dollars (environ 375 milliards de FCFA). Générations futures, armez-vous de courage ! Il reste qu'il n'est pas certain que Ouattara réussira à avoir l'argent qu'il demande. « Le taux proposé par la Côte d'Ivoire ne semble pas compétitif, quand les autres pays affichent des rémunérations de 6 %. Le marché aura le dernier mot », a confié « un financier de la région » à Jeune Afrique.

 
Par Philippe Brou
 
Le Nouveau Courrier N°1159 Du Mardi 25 Novembre 2014




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