Pour nos pays et l'Afrique, soyons ensemble.

Dimanche 6 Juillet 2014 - 13:21


Pour nos pays et l'Afrique, soyons ensemble.
En tant qu’initiateur des états généraux de la résistance ivoirienne et porte-parole du CDR-CI (Conseil de la Diaspora pour la Restauration de la Démocratie et la Défense des Droits de l’homme en Côte d’Ivoire), il me plaît de faire une petite évaluation avant de donner des propositions concrètes
De quoi est constituée ce qu’on appelle aujourd’hui l’opposition ivoirienne  : c’est la gauche ivoirienne et les progressistes de tous bords  ? C’est un FPI, Parti moteur dont la vision n’est pas toujours identifiable même s’il faut être solidaire du Président Affi, et une grande société civile qui observe de la désolation devant tout ce qui sévit en Côte d’Ivoire et partout ailleurs en Afrique.

Qu’est-ce qui se fait  depuis plus de trois ans ?

Des marches, des conférences, des colloques, des échanges et des rencontres de différentes sortes. Nous voyons des patriotes et démocrates composés en majorité de gens braves et déterminés. A côté de cela, nous avons quelques gens qui vont de groupes en groupes pour médire, mépriser, calomnier et feinter parce qu’ils ont des ressentiments, parce qu’ils ne sont pas courageux, parce qu’ils manquent de confiance en eux ou parce que, simplement incompétents, ils espèrent prospérer sur la délation et le favoritisme. Sur ce, les temps doivent absolument changer. Il faut édifier «  l’Africain nouveau  ».

Dans la Diaspora

Ce qu’on peut également constater dans la lutte, c’est qu’on n’a pas fini une chose  ; ensuite on en commence une autre  et on ruse constamment avec les engagements pris. On nous dit, «  il y a des gens qui ne veulent pas que leurs associations se dissolvent dans un moule  ; ou des leaders qui ne veulent pas être commandés  ». Écoutez, de quoi parlons-nous  ? Il me semble que la logique commande qu’on mette devant des gens compétents. Et qu’on mette nos égos respectifs en dessous de l’intérêt général. Ce n’est pas normal que des gens veuillent diriger parce qu’ils savent crier dans un micro ou parce qu’ils sont des protégés de dirigeants peu scrupuleux et réducteurs, alors que c’est pour ensuite laisser les autres «  faire le boulot  ». Les états généraux ont tout mis sur la table  ; ils ont donné des garantis et un livre en est sorti. Avons-nous fait ce que nous avons dit  ? Sommes-nous «  allés jusqu’au bout  ?  » Je crains que nombre de personnes ne répondent par la négative.
Par ailleurs, il y a une tendance dans des bases des associations ou de regroupements où des compatriotes se comportent comme des adorateurs  ou des supporters. En effet, ils sont incapables au minimum d’interpeller leurs dirigeants ou au maximum les rappeler à l’ordre lorsque lesdits dirigeants dérivent de la ligne collectivement discutée avec leurs adhérents. Le gros problème de ce qu’on appelle aujourd’hui l’opposition ivoirienne se trouve au niveau organisationnel soit une grande difficulté à gérer efficacement les ressources humaines. Ce qui peut justifier en toile de fond une inclination instinctive à l’indiscipline.
Nous sommes dans un monde où de grands ensembles se constituent pour gagner en puissance. Pourquoi voulons-nous faire autrement  ? Pourquoi sommes-nous surpris de ne pas gagner alors que nous faisons des choses qui parasitent des démarches plus pertinentes  ? Pourquoi voulons-nous réussir quand certains dirigeants estiment qu’il y a des chantiers qui doivent être tabous  ?


Propositions


D’abord, il faut retenir que Gbagbo n’est pas hors-jeu. Ceux qui croient pouvoir tourner la page sur lui, risquent de sortir de leurs songes avec les réalités ivoiriennes devant eux. Et il faut complètement intégrer qu’au destin de Gbagbo, est intimement lié le sort de millions d’Ivoiriens, d’Africains et de démocrates.
Quelle est la contradiction principale pour ceux qui sont en lutte  ? Il s’agit de restaurer ou de créer un Etat de droit en Côte d’Ivoire. Pour cela, il ne faut pas que des ambitions personnelles somme toute légitimes se confondent avec objectifs collectifs.
Des réactions à un post que j’ai fait sur mon mur facebook, j’ai relevé ceci  : «   … Je crois qu'il faut peut être faire une évaluation de ce qui a été fait jusque là si n'est le cas, et voir effectivement les nouvelles stratégies de la lutte. Donc organiser des ateliers de réflexions pour des thèmes pertinents et nouveaux …  » Après une invitation à lire le livre – «  Motif de Résistance ivoirienne, Repenser l’Afrique pour un même Côte d’Ivoire du Sud, du Nord, de l’Ouest et du Centre  »  ; Ed L’Harmattan -, issu des états généraux, on peut dire que la contribution citée est pertinente sauf que dès lors qu’il s’agit de mettre en œuvre des idées produites et ce, sur la durée, les émetteurs de belles théories manquent à l’appel.
Nous notons que la CPI veut étouffer lorsqu’elle n’arrive pas à les anéantir tous ceux qui résistent à la perpétuation de l’ordre ancien. Elle est dans sa logique. De l’autre côté, nous sommes-nous montrés à la hauteur des enjeux  ?
Nous ne devons pas être tout le temps sur la défensive. Des exemples abondent la littérature quant à l’organisation d’une résistance. Ils enseignent que lorsqu’on vous allume un feu, il faut lui opposer un contre-feu.


1)    Les cotisations


Il est vrai que l’argent apporté par des volontaires n’a pas par moments été utilisé de façon optimale. Mais est-ce qu’on a atteint les objectifs  ? La réponse est non  ! Il faut donc apporter des corrections pour gagner en efficacité. Car la lutte menée n’est contre personne. Elle est pour tout le monde. Même pour ceux qui y résistent. C’est une exigence pour que les populations innocentes recouvrent leur dignité.

2)    Elections en Côte d’Ivoire

Il y en a qui veulent aller aux élections. C’est leur droit. Mais il ne faut pas que ceux-là veuillent entraîner dans leurs croyances, les autres qui ne sont pas convaincus de la transparence et de la sincérité d’élections dans l’état actuel du fonctionnement des institutions et autres organes qui devraient être compétents.


3)    La justice


La justice des vainqueurs en Côte d’ivoire est soutenue au niveau international par la CPI. Nous observons que beaucoup de gens semblent «  sonnés  » par la décision du 12 juin 2014 de la CPI dans l’affaire «  Le Proc contre Laurent Gbagbo  ». S’il est vrai que l’émotion est humaine, il faut également que la déception induite soit une base qui réduise le seuil de la naïveté.
Nicolas Sarkozy et des obligés africains ont fait gratuitement la guerre en Côte d’Ivoire  là où des appels au dialogue auraient dû être entendus. Cette guerre a tué de nombreuses victimes innocentes. Il en a également résulté la déportation de Laurent Gbagbo à La Haye à défaut de l’avoir assassiné  ; tout comme l’Otan, en suivant les manipulations de Sarkozy a assassiné Khadafi et tué d’autres Libyens.
Laurent Gbagbo a ses avocats. Ceux-là sont très compétents. En même temps, vu que le sort du célèbre geôlier de scheveningen conditionne celui d’autres prisonniers, victimes ou citoyens, il faut prendre d’autres avocats pour défendre les victimes notamment les plus nombreuses dans le peuple Wê.

4)    Proposition concrète


Il faut créer une Fondation des victimes qui pourra prendre d’autres avocats. En son temps, j’étais allé voir Maître Eric Dupond-Moretti qui est à même de rétablir la balance dans ce type d’affaire. Tous les progressistes devront être les donateurs d’une telle fondation.
Ce qui aura le mérite de détacher ceux qui sont dans la politique politicienne de ceux qui veulent se concentrer sur le combat des grandes causes. Cela suppose un conseil d’administration de femmes et d’hommes compétentes qui ne passent pas du temps à s’auto-annihiler. Des gens dévoués aux grandes causes sont nombreux. Il me semble que même une donation de 5 €/mois soit une bonne contribution.
Au total, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs  ! Le pragmatisme commande que quand les conditions d’un climat démocratique seront réunies en Côte d’Ivoire, tous ceux qui veulent légitimement être valorisés, pourront faire valoir leurs compétences pour solliciter le suffrage des concitoyens ou briguer des postes à la hauteur de leur savoir-faire.
Donc, entendons-nous bien  ! Il s’agit de se concentrer sur du travail méthodique et non un espace qui portera des polémiques à régler sans fin.

Dr Claude KOUDOU  




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