Pour faire partir Ouattara et le RDR du pouvoir: Le CADDS appelle à un rassemblement de la gauche

Dans une déclaration dont Le Nouveau Courrier a obtenu copie, le Congrès africain pour la défense de la démocratie et la souveraineté (CADDS-USA) tire les leçons des dernières élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire marquées par un faible taux de participation, des violences et fraudes massives, avec une commission électorale indépendante (CEI) dépassée et au centre des intrigues, la percée fulgurante des candidats indépendants… «Le CADDS-USA s’est convaincu que tant que le régime de M. Alassane Ouattara sera au pouvoir, la porte d’un dialogue politique ivoirien et résolument républicain restera fermée. D’où la nécessité de son départ du pouvoir», lit-on.

Mardi 14 Mai 2013 - 18:39


Pour faire partir Ouattara et le RDR du pouvoir: Le CADDS appelle à un rassemblement de la gauche
Le dimanche 21 avril 2013, ont eu lieu les élections municipales et régionales, délibérément  boycottées par des mouvements politiques et partis politiques tels que le Front Populaire Ivoirien (FPI) et l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD). Le Congrès Africain pour la Défense de la Démocratie et la Souveraineté (CADDS- USA) fait partie des mouvements politiques qui ont soutenu le boycott desdites élections pour les raisons suivantes : l’inconstitutionnalité du régime de M. Alassane Ouattara, l’insécurité, et la répression contre l’opposition. Depuis la fin de ces élections, le discours politique ivoirien semble s’être enrichi d’une nouvelle expression : l’union de l’opposition contre le régime de M. Alassane Ouattara,   au moment même où les signes de la recomposition du pay sage politique ivoirien sont on ne peut plus patents. La fin des élections et le contexte créé appellent les observations suivantes.   Premièrement, il convient de noter, après d’autres mouvements et partis politiques, que la décision de boycotter les élections couplées (municipales et régionales) s’est révélée juste, courageuse et salutaire au regard du faible taux de participation de la population électorale. Même si la Commission Electorale Indépendante (CEI) a estimé le taux de participation à 36% alors que les observateurs avertis disent que le chiffre est nettement en dessous, ce taux  de participation n’atteint pas celui de 41% obtenu lors des municipales de mars 2001. Comme l’a rappelé le Président Laurent Gbagbo le 28 février 2013 à la Haye, la validité démocratique d’une élection tient aux conditions dans les                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   quelles elle se déroule et à la légalité des structures qui l’organisent et en proclament les résultats. Puisque le régime de M. Alassane Ouattara est inconstitutionnel et que la Commission Electorale Indépendante (CEI) est totalement acquise au RHDP, ces deux organes ne sauraient assurer à la Côte d’Ivoire un scrutin démocratique. Au-delà de l’illégitimité du pouvoir actuel, le faible taux de participation aux élections du 21 avril 2013 rappelle celui du 11 décembre 2011 (élections législatives également boycottées) et illustre la faillite du régime au pouvoir et son inaptitude, en deux années, à tirer les Ivoiriens de leur apathie. Ces derniers ont bien suivi le mot d’ordre du boycott parce qu’ils ne se sentent pas concernés par les actes d’un régime en déconfiture. Une normalisation de la situation sociale et politique comme le prétend M. Alassane Ouattara devrait en principe susciter des élections très disputées dans un paysage politique qui se recompose progressivement. Depuis le 11 avril 2011, plusieurs mouvements politiques sont nés et empiètent sur le terrain des formations classiques telles que le FPI, le RDR et le PDCI. Donc, ce qui s’est passé le 21 avril 2013 veut dire qu’une majorité de l’électorat ivoirien remet au goût du jour l’épineuse question du vainqueur de l’élection présidentielle de 2010, la mauvaise gouvernance, l’effritement du pouvoir d’achat et la paupérisation des citoyens, le bradage des terres et de la nationalité ivoirienne. Si les 8% de taux de croissance annoncés par le gouvernement de M. Alassane Ouattara avaient un impact positif direct sur le quotidien des Ivoiriens et si les libertés individuelles et collectives étaient respectées, il est certain que les électeurs seraient sortis plus nombreux pour répondre à l’appel de M. Alassane Ouattara. Il est vrai, comme le dit Youssouf Bakayoko, que le taux de participation aux élections municipales en Côte d’Ivoire a toujours été faible mais chaque chiffre a son explication en fonction de la situation politique du moment. Pour ce qui concerne le 21 avril 2013, l’explication la plus plausible, c’est la colère des populations ivoiriennes.  Deuxièmement, le désintérêt des électeurs enjoint les acteurs politiques ivoiriens de l’opposition à matérialiser l’union pour sauvegarder l’essence ivoirienne. Dès le 4 décembre 2010, au début de la crise née du refus de M. Alassane Ouattara et ses soutiens internationaux de reconnaître [les résultats proclamés par le conseil constitutionnel donnant vainqueur] le Président Laurent Gbagbo, le CADDS-USA s’est convaincu que tant que le régime de M. Alassane Ouattara sera au pouvoir, la porte d’un dialogue politique ivoirien et résolument républi- cain restera fermée. D’où la nécessité de son départ du pouvoir. Conformément à cette logique, le CADDS-USA se réjouit que la direction du FPI appelle le PDCI à une alliance et que le Pr. Mamadou Koulibaly, Président du LIDER, exhorte à la création d’une opposition forte contre le régime de M. Alassane Ouattara. Cependant, pour les forces de la gauche, l’appel à l’union des forces de l’alterna - tive démocratique ne doit pas être assi- milé au «tout sauf Ouattara», expression que diffuse une certaine presse et qui ne traduit pas la profondeur révolutionnaire de l’appel à la solidarité ivoirienne contre le pouvoir actuel. Le CADDS-USA ne souscrit pas au «tout sauf Ouattara» car il existe des leaders et des partis autres que M. Alassane Ouattara et le RDR prêts à poursuivre les rapports étroits avec les puissances du néo-libéralisme.
La meilleure alternative, c’est de s’assu- rer qu’un parti ou un rassemblement de la gauche prenne le pouvoir pour revaloriser les acquis démocratiques des années 1990 et 2000.  Les appels à une union contre le régime au pouvoir sont motivés par le fait que le RDR, seul et vrai détenteur du pouvoir d’État, est minoritaire et s’affirme par la violence. Les violences qui ont émaillé le scrutin du 21 avril 2013 sont d’autant plus inquiétantes que la compétition concernait en premier lieu les alliés du RHDP. Qu’est ce qui explique donc les affrontements sanglants entre les candidats du RDR et ceux du PDCI à Koumassi, Treichville, Abobo, Yopougon, qui ont fait de ces élections municipales et régionales les plus violentes dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire depuis 1960 ? L’usage prévisible et constaté de la violence et de la fraude par le RDR conforte les uns sur la justesse du boycott et les autres sur l’absurdité de l’alliance appelée RHDP. Le RHDP est l’alliance de deux agents de la Françafrique. Elle n’émane pas de la volonté des militants du PDCI et du RDR. C’est l’administration de M. Jacques Chirac, en France, qui a conçu le RHDP à Marcoussis pour se donner des moyens locaux de vaincre le président Gbagbo. Donc, il y a moult raisons de tendre la main au PDCI, qui a déjà trop engagé sa responsabilité historique dans la fragmentation de la société ivoirienne et aux autres formations politiques. Si le PDCI a manqué le train de la souveraineté nationale et cherche désespérément à jouer les seconds rôles, le FPI, sur qui reposentles espoirs d’une Côte d’Ivoire réconciliée, a le devoir, au risque de s’effriter, de provoquer des coalitions de raison avec les « patriotes» ivoiriens.     D’ailleurs, la nouvelle distribution des forces politiques, que même la parodie d’élections du 21 avril 2013 n’a pu occulter, rend obligatoire la formation ou la consolidation des coalitions. Selon la Commission Electorale Indépendante (CEI), les candidats indépendants ont remporté 72 municipalités, le RDR 65, le PDCI, 48, l’UDPCI 5, et le RHDP 4. Pour les régionales, le RDR a remporté 10 sièges, le RHDP 9, les indépendants 6, le PDCI 4, l’union PDCI-UDPCI un siège chacun. Le premier fait marquant de ces résultats, c’est que la moisson a été mai- gre pour le RHDP ; ce qui confirme la mort clinique du Rassemblement des Houphouétistes. Le deuxième fait marquant, c’est le score appréciable des candidats indépendants dont le nombre de municipalités remportées est quasiment le double de celles remportées en 2001 (environ 38). Même dans un contexte de boycott, la percée des candidats indépendants indique la mise à mal des principes du centralisme démocratique en ce sens que les mots d’ordre et les choix des partis politiques ne reflètent pas nécessai- rement la volonté des militants, c’est-à- dire le peuple qui fait l’Histoire. Le fait que les chefs de partis choisissent depuis le sommet leurs candidats aux élections sans organiser des élections primaires fausse le jeu démocratique et la compétition électorale. La tendance à ignorer la base dans la prise des décisions est le plus grand dénominateur commun des partis politiques ivoiriens. Les forces de la gauche doivent corriger cette pratique si nous voulons donner un sens à la décentralisation et à la participation des citoyens à la vie de la nation. La performance des candidats indépen - dants ouvre de nouvelles perspectives pour la société civile et les mouvements des patriotes ivoiriens. Même s’il est prétentieux de dire que les partis politiques classiques ont montré leurs limites, il n’est pas faux de signaler que le succès des candidats indépendants requiert leur exploitation judicieuse par les forces de l’alternative démocratique pour mettre fin au régime inique de M. Alassane Ouattara.   
   
Congrès africain pour la défense de la démocratie et la souveraineté (CADDS- USA) Email: cadds.us@gmail.com  / Website: www.caddsus.org
Pour le CADDS-USA, Eric Edi, PhD., Président


Source:  Le Nouveau Courrier N°797 Du Lundi 13 Mai 2013




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