Pour contenter le Fmi et la Banque mondiale, Ouattara appauvrit les Ivoiriens

Jeudi 11 Avril 2013 - 09:24


Pour contenter le Fmi et la Banque mondiale, Ouattara appauvrit les Ivoiriens
Le régime Ouattara a décidé d’aller en guerre contre les populations ivoiriennes. Plus ce régime renvoie les fonctionnaires de la Fonction Publique, procède à des ponctions sur les salaires des enseignants …, mieux se porte son partenariat avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi). On trinque pour 9,8%. Les dirigeants du Fonds moné - taire international (FMI) et la Banque mondiale peuvent se frotter les mains dans le partenariat avec la Côte d’Ivoire. Le plan marche comme prévu, comme sur des roulettes … Ils s’engraissent sur le dos des Ivoiriens pour leur offrir un illusoire «taux de croissance» hyper-médiatisé. Michel Lazare du Fmi jubilait le 28 mars dernier : «La Côte d’Ivoire a réalisé une croissance de 9, 8% en 2012, des performances qui planchent au-delà des prévisions du Fonds monétaire international (Fmi) (8,6%). Pour la première fois, depuis 30 ans, la Côte d’Ivoire a régularisé sa dette extérieure, la Côte d’Ivoire ne souffre de problème de seuil d’endettement. Avec des appuis financiers extérieurs  conséquents, le taux d’investissement public dépassera les 7% du PIB». Une thèse adoubée le jeudi 4 avril 2013, au cours de sa conférence de presse, par le Premier ministre d’Alassane Ouattara. Daniel Kablan Duncan s’est gaillardement réjoui du satisfécit des institutions de Bretton Woods. «Je sais que vous êtes nombreux à souhaiter entendre le Gouvernement sur plusieurs sujets d’intérêt national ou international.» A commenté Kablan Duncan pour mettre l’eau à la bouche des journalistes. Parce qu’il croit que le Plan National de Développement couvrant la période 2012- 2015 traduit «la grande ambition» de son patron Alassane Ouattara, lequel promet de «faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020.» Pour y parvenir, indique Duncan, l’objectif visé est de réaliser une croissance économique forte et inclusive dont «l’investissement» constitue un des piliers. Le Premier ministre ivoirien estime que le niveau de 11.076 milliards de FCFA projeté sur la période 2012- 2015 est nécessaire pour «remettre à niveau» nos infrastructures économiques et sociales devenues vétustes et insuffisantes. A- t-il prophétisé, avant de brandir ses chiffres à lui : «(…) nous pouvons nous féliciter des résultats très prometteurs du Groupe Consultatif qui s’est tenu à Paris les 4 et 5 décembre 2012. Ainsi, pour ne citer que cet exemple, alors que notre objectif de mobilisation pour le financement de nos projets publics était fixé à 2.017 milliards de FCFA, les annonces recueillies auprès de nos partenaires ont totalisé la somme de 4.300 milliards de FCFA. Ainsi et au titre de l’année 2012, les réalisations sont bien meilleures que prévues. Le taux de croissance économique ressort à 9,8 % contre une prévision initiale de 8,1 % en mars 2012, révisée en septembre 2012, à 8,6 %. Tous les secteurs de l’économie contribuent à cette performance remarquable. Ces résultats traduisent l’amorce d’une ère de prospérité à l’image des périodes glorieuses de l’histoire économique de la Côte d’Ivoire.» Mais Duncan n’est pas qu’économiste débonnaire, il peut aussi lui arriver de dénigrer ses prédécesseurs. «Par comparaison, rappelons que le taux de croissance économique fut de 8 % de 1960 à 1970, période qualifiée de «miracle ivoirien». Il était de 7,4 % de 1970 à 1980, seulement 1 % de 1980 à 1993, 5,6 % de 1994- 1999, ensuite 0,6 % de 2000 à 2010.» Pour enfin inviter les Ivoiriens à consulter un «tableau illustratif» à cet effet. Si seulement ces chiffres reflétaient la réalité, apportaient du baume au cœur et rendaient consistant au quotidien le panier de la ménagère, les Ivoiriens l’auraient certainement compris et partager le satisfécit du gouvernement Duncan. Mais voilà, il fallut réduire à néant, tous les efforts consentis par l’ensemble de la société ivoirienne, sous l’impulsion du Président Laurent Gbagbo. Faut-il le rappeler, Alassane Ouattara s’est cru obligé de détruire 12.000 emplois en l’espace de deux mois, d’avril à mai 2011, moins d’un millier de fonctionnaires et agents de l’Etat ont été retirés, le vendredi 5 avril 2013, des effectifs, par le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Gnamien Konan. Au début du mois d’avril, le régime Ouattara a opéré une ponction sur les sa - laires des enseignants, pour fait de «grèves syndicales». Ceux-ci ont d’ailleurs déclenché une grève illimitée jusqu’à ce que … Les fonctionnaires et agents de l’Etat menacent eux aussi d’entrer en grève à partir du 22 avril. Peut-être aussi bientôt les médecins du public. Le régime Ouattara cherche de l’argent partout où il peut en trouver, même et surtout dans les licenciements et les disparitions d’emplois. Peut- être aussi dans les opérations immobilières concernant, par exemple, 60.000 logements sociaux. Une opérations floue et aux allures d’arnaque. Comme celle lancée le vendredi 5 avril et pour laquelle les pré-souscriptions nécessitent le déboursement de la somme de 30.000 Fcfa par l’intéressé. Combien de millions d’Ivoiriens ne voudraient-il pas avoir un toit, un «chez moi»? 30.000 Fcfa à multiplier par ne serait-ce qu’un million de pré- souscripteurs, la somme totale ajoutée à ce qui est déjà prélevée comme ponctions sur les salaires des enseignants grévistes et fonctionnaires «fictifs» retirés des effectifs, faites le compte et vous verrez que l’Etat Ouattara se dote d’une surface financière hors normes sans même avoir créé le moindre emploi, ni construit la moindre usine. Comment la Banque mondiale et le Fmi ne seraient-ils pas heureux d’un tel partenariat ? Mais ce que le Premier ministre d’Alassane Ouattara oublie, c’est que la Côte d’Ivoire sous le Président Laurent Gbagbo n’a pas eu besoin de crier à la crise pour justifier les contre-performances. Bien au contraire, c’est comme si les dix années de crise militaro- politique avaient servi de levain. Tant Laurent Gbagbo et ses ministres se sont décuplés. C’est lui, Laurent Gbagbo qui a remboursé les dettes cumulées des gouvernements de M. Ouattara (1989-1993) et celui de M. Bédié (1993-1999) : 6.400 milliards de Fcfa. Malgré cela, c’est encore lui, Laurent Gbagbo, qui a augmenté les salaires des fonctionnaires et les agents de l’Etat, revu à la hausse les avantages alloués aux instituteurs, aux professeurs, aux médecins, aux diplomates, aux préfets. Il a réussi l’atteinte des décisions Ppte dont la manne bénéficie à ce jour au régime Ouattara. Laurent Gbagbo a procédé au recrutement à la fonction publique, et cela de façon dérogatoire, des personnes handicapées. Environ 637 Ivoiriens et Ivoiriennes diplômés mais marginalisés du fait d’un handicap moteur par les régimes houphouëtistes successifs qui ont précédé Laurent Gbagbo, ont été pris en compte dès 2000. D’ailleurs, depuis que Laurent Gbagbo a été chassé du pouvoir et qu’Alassane Ouattara a y été établi, les handicapés ne font plus partie des préoccupations gouvernementales. Tous les accès aux logements et aux amphithéâtres sur le campus universitaire aménagés à leur intention ont été supprimés par le nouveau régime. Ceux-ci menacent d’ailleurs d’entrer en grève si rien n’est fait pour eux. Seront-ils entendus par un régime qui n’a d’yeux que pour le Fmi et la Banque mondiale ? Rien n’est moins sûr. Mais Alassane Ouattara et son gouvernement devraient savoir qu’on ne gouverne pas un pays pour les étrangers et pour les institutions financières. On gouverne un pays d’abord et avant tout pour ses concitoyens. C’est ce qu’a fait le Président Laurent Gbagbo pendant ses dix années d’exercice. Non seulement il s’est employé à rembourser les dettes extérieures, 6.400 milliards laissés par Bédié et Ouattara, mais il a mis en œuvre une politique économique et fi - nancière dite «Budget sécurisé». Grâce auquel il a laissé un pays financièrement solide malgré sa partition, mais que des prédateurs ont vite fait de mettre en lambeau dès avril 2011. C’est d’ailleurs ce pourquoi le Premier ministre d’Alassane Ouattara, craignant que le pire ne vienne entacher leur relative joie, Duncan préfère anticiper. «Le secteur privé national s’inscrit dans cette vision pour valoriser l’important potentiel agricole, minier et minéral du pays en mettant à profit un environnement des affaires répondant aux normes du «Doing Business» pour lequel la Côte d’Ivoire vise un classement très nettement amélioré dès cette année même, et cela aussi, en liaison également avec les réformes entreprises dans le cadre du Millénium Challenge Corporation (MCC).» Parlant de Doing Business 2013, il convient de dire que malgré le soutien que la Banque mondiale apporte au régime Ouattara, elle n’a pas caché ses derniers chiffres qui sont un réel déshonneur pour le pays et pour ses dirigeants actuels. Comme on le voit, la Création d’entreprises en Côte d’Ivoire sous Ouattara n’est qu’un simple souhait émis du bout des lèvres. Notre pays occupe le 176e  rang  sur 185 Etats. En Exécution de contrat, il est 127e sur 185. Quant à l’Obtention de prêt, nous ne sommes pas mieux lotis : 129e sur185. En Protection des investisseurs, n’en parlons même pas : 159e sur 185. Pareil  pour l’Octroi de permis de construction où il faut mettre deux ans voire trois ans, ce qui évidemment ne peut que mériter ce mauvais classement de 169e sur185. Alors la question à poser à Alassane Ouattara puis à Kablan Duncan, c’est, est-ce possible qu’avec de tels rangs, figurer parmi les médiocres du monde, la Côte d’Ivoire puisse atteindre un taux de croissance de 9,8% en seulement 20 mois de présence au pouvoir avec son lot d’insécurité, de bradage des biens publics, de destruction d’emplois ?

Simplice Allard
sallard05@yahoo.fr
Le Temps  N ° 2 8 7 3  du  M E R C R E D I  1 0 AV R I L  2 0 1 3




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !