Pour combattre le régime Ouattara: La grande offensive du camp Gbagbo

Les partisans de Laurent Gbagbo, ex-président ivoirien détenu à la Haye depuis plus de 24 mois, veulent régler avec le Rassemblement des républicains (Rdr, parti au pouvoir depuis le 11 avril 2011) des comptes...politiques, comme pour tenir ce parti, seul responsable de la chute de leur leader du pouvoir.

Vendredi 19 Avril 2013 - 10:13


Pour combattre le régime Ouattara: La grande offensive du camp Gbagbo

Bien au-delà, le camp Gbagbo semble déjà sonner la mobilisation à travers une grande offensive qui se dessine clairement. Objectifs : fragiliser le Rdr et faire tomber le président Alassane Ouattara aux prochaines présidentielles. Et pour atteindre leur cible, les partisans de l'ex-président ivoirien ont une lance dont le projectile est le Pdci, parti allié de la formation politique qui tient, en Côte d'Ivoire, les rennes du pouvoir d’État.

Ces derniers jours, que ce soit le parti fondé par Laurent Gbagbo où les personnalités qui lui sont proches, chacun y va de ses astuces  et de ses stratégies à la fois inavouées et enchevêtrées, bien que les visées restent les mêmes. Tous, à la faveur des élections locales couplées (municipales et régionales), font la cour ou forcent la main au Pdci, en lui témoignant une certaine solidarité.

Le 15 avril 2013, Dogo Raphaël, ex-ministre du gouvernement Aké N'Gbo, sous Gbagbo, prend fait et cause pour Joachim Djédé Bagnon, le candidat Pdci aux régionales à Gagnoa. De façon publique, il lance un message retentissant aux pro-Gbagbo, après qu'il eut participé à la stratégie de campagne des derniers jours : «Nous Fpi et Lmp, reportons nos voix sur tous les candidats du Pdci ».

Ce propos tel que libellé est une invite à tous les partisans de Gbagbo à ne laisser aucune chance au Rdr à ces élections locales. Cette intervention de l'ancien ministre est soutenue par Alain Toussaint, conseiller spécial de Laurent Gbagbo, apportant ainsi, à son tour, une caution à la consigne de vote des partisans de l'ancien président en faveur du Pdci. « J'ai lu l'intervention du ministre Raphaël Dogo. Il invite les électeurs de l'ex-majorité présidentielle à reporter massivement leurs voix sur les candidats Pdci aux élections municipales/ régionales du 21 avril. C'est une position courageuse et pragmatique que je soutiens pleinement. Son appel préfigure probablement de la future-et indispensable- entente électorale entre le Pdci et la coalition de la gauche (Fpi, Cojep, Pit, Lpm, Cnrd, etc) qui sauvera la Côte d'Ivoire », analyse Alain Toussaint.

L'explication qu'il donne, en fin de propos, est tout l'essence de l'appel solennel pour '' le rassemblement de la patrie'', lancé, le 15 avril 2013, par le Fpi à l'endroit du Pdci : « Frères et sœurs du Pdci... Il est encore temps de sauver la démocratie dans notre pays (…) L'enjeu est clair et dépasse de très loin les frontières idéologiques (libéralisme et socialisme). C'est la survie de notre nation qui est en jeu. La propriété de son sol, la jouissance de ses richesses, par ses propres fils et filles, le devenir de sa gestion démocratique, et partant le développement du Fpi...».

Mieux, ce mouvement politique attire l'attention de Bédié et de son parti sur le fait que « Le moment du grand sursaut national est venu » et les appelle, implicitement, à une alliance quand il écrit « Resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs. Rassemblons-nous, pour défendre la nation en péril. Nous n'avons que cette Patrie, alors défendons-là ensemble, au risque de disparaître ensemble, quand l'on nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous ». En réalité, cette sortie de Miaka Oureto est bien l'un des maillons de la grande offensive que déroule, pour sa part, le parti vainqueur des élections de 2000, à l'orée de la présidentielle 2015 en Côte d'Ivoire.

Aujourd'hui, le Fpi observe comme tout le monde les mésententes et les incompréhensions entretenues entre le Pdci et le Rdr dans le cadre des élections locales couplées. Sachant ainsi que ce n'est pas la grande complicité des premiers jours au sein du Rhdp, le parti de Gbagbo saisit donc l'occasion et profite pour se glisser soigneusement, comme un lézard, dans la fissure qui transparaît sur le mur de cette coalition des Houphouëtistes.

En fait, et cela est manifeste, il s'agit pour le Fpi, à terme, de pousser le Pdci à quitter le Rdr et à se retrouver à ses côtés pour combattre Alassane Ouattara. Car, en tout état de cause, le mouvement politique fondé par Laurent Gbagbo connaît bien la leçon qui est que, seul, on ne peut pas gagner les élections en Côte d'Ivoire. Le Pdci, dans ce sens, pourrait faire son affaire.

Pour bien d'observateurs de la vie politique ivoirienne, le Fpi reste constant dans sa logique de « chasser » un jour ou l'autre le président Alassane Ouattara du pouvoir. Et l'offensive qu'elle déploie, depuis la chute de Laurent Gbagbo, prend sa source dans la non participation au jeu démocratique, mais aussi dans le tableau qu'il peint du régime Ouattara qu'il ne cesse d'accuser de « dérives dictatoriales » et de « gouvernance autocratique ».

Dans la stratégie d'ensemble, le Fpi tient, par ailleurs, à faire comprendre que le président Ouattara est illégitime. Il brandit le faible taux de participation aux législatives et espère un taux beaucoup plus faible aux élections locales pour, naturellement, justifier sa thèse.
 
Alain BOUABRE    
Source: Soir Info du vendredi 19 avril 2013





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