Porte-parole de l'appel de MAMA, Soro Kélofohoua explique tout!

Soro Kélofohoua,Porte-ParoLe des signataires de l’appel de mama : « Si Gbagbo refuse notre appel, nous aviserons»

L’appel lancé, le samedi 4 octobre 2014 à Mama (sous-préfecture d’Ouragahio), village du président Gbagbo, par un groupe de secrétaires généraux de fédération en faveur de la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du Fpi suscite de nombreuses réactions. Dans cette interview, le porte-parole de ce collectif, Soro Kélofohoua, dit tout sur cette initiative.

Lundi 13 Octobre 2014 - 09:37


Notre Voie : Vous êtes le secrétaire général de la fédération Fpi de Sinématiali. C’est vous qui avez lancé, le 4 octobre dernier à Mama, un appel à la candidature de Laurent Gbagbo pour la présidence de votre parti. C’était au nom d’un collectif de SG de fédération. Quelle est l’histoire de cet appel ?

Soro kélofohoua : Comme vous l’indiquez, je suis soro kélofohoua, secrétaire fédéral fpi de sinématiali, porte-parole des secrétaires généraux de fédération signataires de la motion portant sur l’appel qui a été lancé depuis Mama. d’entrée, je voudrais profiter de l’occasion que vous m’offrez pour dire merci à tous les camarades fédéraux qui ont décidé, en toute responsabilité, de signer cette pétition dans l’intérêt supérieur du parti. L’appel de Mama est très profond, même si son histoire est simple. Le 27 septembre 2014, le président du parti, le camarade Pascal Affi N’Guessan, a convoqué une réunion élargie aux secrétaires généraux de fédération. C’était pour parler des préparatifs du congrès. il s’agit de mettre le pied dans le plat concernant les aspects pratiques des assises de décembre prochain. C’était naturellement en présence du président du congrès, le camarade Sébastien Dano Djédjé. C’est ce jour-là qu’on a lancé l’idée dans la salle en présence de tous les dignitaires. a savoir qu’on souhaite, pour la réconciliation et la cohésion dans le parti, qu’il y ait une candidature unique. Celle du président Laurent Gbagbo. L’idée a été lancée par le fédéral de Gagnoa, le camarade raymond djadou. depuis, nous nous sommes retrouvés pour la peaufiner et  produire une pétition que beaucoup d’autres camarades responsables de fédération du fpi ont signée. toutes les fédérations signataires de la pétition pouvaient abriter la déclaration, mais nous avons saisi l’occasion de la rentrée politique de la fédération de Gagnoa à mama, pour lire la mo- tion. telle est l’histoire de l’appel de Mama.

Notre Voie : Pourquoi le village Mama ?

 S.K : Mama est le village natal du président Laurent Gbagbo. C’est un village mythique. il est aussi l’espace qui regroupe la famille biologique de Laurent Gbagbo. et nous voulons dire à cette famille que son fils ne lui appartient pas, à elle seule,  mais à tout le fpi et au monde entier. C’est donc une façon de dire que nous n’avons pas oublié notre leader et que nous le soutenons. C’est aussi une façon de traduire au président Gbagbo, lui-même, que nous endurons aussi les difficultés qu’il traverse et que nous ne pouvons pas le laisser tomber. C’est surtout une manière de dire à ses bourreaux que personne ne peut faire tomber Gbagbo dans l’oubli. il faut donc voir derrière Mama, les symboles de ressourcement, de solidarité, respect, fidélité et de loyauté  à notre leader incontesté.

N.V : Est-ce la seule motivation ?

 S.K : mais au regard du sens que je viens de dégager, la motivation crève les yeux. il suffit de se référer à deux dates. depuis le 11 avril 2011, le pays a basculé dans une grosse crise. Le fpi qui vit dans le pays est aussi en crise, surtout parce qu’il subit un préjudice terrible du fait de ce que son leader et plusieurs de ses cadres sont en difficulté. en ce qui concerne particulièrement le parti, depuis le 4 juillet 2014, il est secoué par une crise interne. et c’est surtout à partir de cette date que nous, fédéraux, nous nous sommes auto-saisis. nous disons que la crise interne au fpi a atteint des proportions telles que si on ne se ressaisit pas, ce n’est pas bon pour le parti. alors on s’est dit, si on doit se ressaisir, que faire alors si au congrès, il y a une opposition tranchée entre les membres de la direction exécutive du parti. en considérant que le congrès est l’occasion de renouveler les structures du parti et le lieu de redéfinir les grandes orientations, et au regard du contexte difficile que nous vivons tous, nous nous sommes dit qu’il faut prévenir le parti de toute implosion. Parce qu’on peut se retrouver avec plusieurs candidatures et au sortir du congrès, chacun va prendre une partie du parti pour aller s’asseoir chez lui et dire qu’il ne reconnait pas la légitimité de l’autre. Pour éviter que nous tombions dans une telle dérive, nous préconisons la candidature unique. nous avons examiné la situation et notre choix s’est porté sur le président Laurent Gbagbo. nous estimons que nous sommes dans le vrai. donc nous disons que pour éviter que le parti éclate en petits morceaux, le président  Laurent Gbagbo qui est le ferment de notre engagement, de notre union et de notre cohésion, ferait l’affaire. Voilà pourquoi nous avons lancé cet appel à la candidature unique du président Gbagbo.

N.V : Selon les informations qui nous parviennent, cette idée vous aurait été inspirée par les adversaires du président  du Fpi, Affi N’Guessan. Est-ce vrai ?

S.K: Ceux qui pensent ainsi nous insultent, nous les fédéraux. Les camarades qui sont opposés au président du parti sont aussi des militants du fpi. tout le monde voit et vit les actes que le parti est en train de poser. avant qu’on ne lance cette motion, il y a eu un comité central élargi aux fédéraux, le 31 mai 2014. Cette instance  devait examiner la question de la levée du mot d’ordre du boycott du recensement général de la population et de l’habitat (rGPh). a ce moment-là, il n’y avait pas encore de clivages et cette opposition tranchée que nous vivons aujourd’hui n’existait pas. Le président du parti a demandé qu’on lève le mot d’ordre, les membres du comité central ont dit « non » à leur large majorité. Cette décision avait-elle été dictée par les camarades frondeurs ? C’est en toute responsabilité que, tous, nous avions dit de ne pas lever le mot d’ordre de boycott du rGPh. nous sommes assez matures pour voir où se trouve l’intérêt de notre parti.

N.V : N’est-ce pas parce que les adversaires du président du Fpi ne trouvent pas de candidat pour l’affronter au congrès de décembre qu’ils vous ont inspiré cet appel ?

 K.S : je viens de vous donner les raisons profondes qui moti- vent notre action. et je voulais le répéter, une fois pour toute, que nous ne faisons pas cette démarche pour ceux qui sont opposés au président Affi n’Guessan. il est inimaginable de penser qu’on ne peut pas trouver un candidat à un congrès du fpi. souvenez-vous, quand le fpi était dans l’opposition, il y avait eu des candidatures contre le secrétaire général d’alors qui se trouvait être Laurent Gbagbo, une personnalité au charisme et à la notoriété incontestables. donc ce ne sont pas les personnalités qui manquent pour être candidats. C’est en revanche parce qu’il y a risque de beaucoup de candidatures que nous lançons cet appel dans le sens de prévenir tout émiettement au regard du contexte qui est aujourd’hui le nôtre.

N.V : Les militants du Fpi et avec eux de nombreux Ivoiriens soutiennent que le président Laurent Gbagbo a remporté la présidentielle de 2010 et qu’il a été victime d’un coup d’Etat. Donc pour eux, Gbagbo demeure le véritable président de la République de Côte d’Ivoire. Est-ce que vouloir faire de lui le président du Fpi, ce n’est pas  contester son élection en 2010 ?

 S.K : Ils ajoutent à cette réflexion que demander à Laurent Gbagbo d’être le président du parti, c’est le ramener au bas de l’échelle. moi, je ne partage pas cette analyse. Quand on créé un parti, c’est pour prendre le pouvoir d’État. et Laurent Gbagbo, le fondateur de notre parti, a montré qu’il est outillé pour nous conduire à la conquête du pouvoir d’État. il l’a déjà prouvé. mais comme le reconnaissent les camarades qui font cette ré- flexion, notre leaders n’est plus au pouvoir, il a été renversé par un coup d’État perpétré par une coalition internationale. donc pour cette raison et pour bien d’autres, il faut remettre l’instrument fpi dans les mains de Gbagbo pour réengager la lutte avec tous les autres camarades à ses côtés afin d’avancer. Par ailleurs, si ceux qui l’ont déporté à La Haye veulent discuter de la paix et la réconciliation, ils savent où le trouver. tout le monde sait que le fpi est un instrument au service de la démocratie. Ce n’est pas un mouvement de violence, donc il n’y a pas de honte ni de complexe qu’on lui redonne ce parti.

 N.V : de façon pratique, quel sera le scénario ?

 S.K: Le fpi est un parti organisé et structuré. Les textes reconnaissent la possibilité à un militant  ou à un groupe de militants de faire une proposition de candidature dans le cadre du congrès, au poste de président qui nous parviennent, cette idée vous aurait été inspirée par les adversaires du président  du Fpi, Affi N’Guessan. Est-ce vrai ?

S.K : Ceux qui pensent ainsi nous insultent, nous les fédéraux. Les camarades qui sont opposés au président du parti sont aussi des militants du fpi. tout le monde voit et vit les actes que le parti est en train de poser. avant qu’on ne lance cette motion, il y a eu un comité central élargi aux fédéraux, le 31 mai 2014. Cette instance  devait examiner la question de la levée du mot d’ordre du boycott du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). a ce moment-là, il n’y avait pas encore de clivages et cette opposition tranchée que nous vivons aujourd’hui n’existait pas. Le président du parti a demandé qu’on lève le mot d’ordre, les membres du comité central ont dit « non » à leur large majorité. Cette décision avait-elle été dictée par les camarades frondeurs ? C’est en toute responsabilité que, tous, nous avions dit de ne pas lever le mot d’ordre de boycott du rGPh. nous sommes assez matures pour voir où se trouve l’intérêt de notre parti.

N.V : N’est-ce pas parce que les adversaires du président du Fpi ne trouvent pas de can- didat pour l’affronter au congrès de décembre qu’ils vous ont inspiré cet appel ?

 K.S : je viens de vous donner les raisons profondes qui moti- vent notre action. et je voulais le répéter, une fois pour toute, que nous ne faisons pas cette dé- marche pour ceux qui sont opposés au président Affi N’Guessan. il est inimaginable de penser qu’on ne peut pas trouver un candidat à un congrès du fpi. souvenez-vous, quand le fpi était dans l’opposition, il y avait eu des candidatures contre le secrétaire général d’alors qui se trouvait être Laurent Gbagbo, une personnalité au charisme et à la notoriété incontestables. donc ce ne sont pas les personnalités qui manquent pour être candidats. C’est en revanche parce qu’il y a risque de beaucoup de candidatures que nous lançons cet appel dans le sens de prévenir tout émiettement au regard du contexte qui est aujourd’hui le nôtre.

N.V : Les militants du Fpi et avec eux de nombreux Ivoiriens soutiennent que le président Laurent Gbagbo a remporté la présidentielle de 2010 et qu’il a été victime d’un coup d’Etat. Donc pour eux, Gbagbo demeure le véritable président de la République de Côte d’Ivoire. Est-ce que vouloir faire de lui le président du Fpi, ce n’est pas  contester son élection en 2010 ?

S.K : Ils ajoutent à cette ré- flexion que demander à Laurent Gbagbo d’être le président du parti, c’est le ramener au bas de l’échelle. moi, je ne partage pas cette analyse. Quand on créé un parti, c’est pour prendre le pouvoir d’État. et Laurent Gbagbo, le fondateur de notre parti, a montré qu’il est outillé pour nous conduire à la conquête du pouvoir d’État. il l’a déjà prouvé. mais comme le reconnaissent les camarades qui font cette ré- flexion, notre leaders n’est plus au pouvoir, il a été renversé par un coup d’État perpétré par une coalition internationale. donc pour cette raison et pour bien d’autres, il faut remettre l’instrument fpi dans les mains de Gbagbo pour réengager la lutte avec tous les autres camarades à ses côtés afin d’avancer. Par ailleurs, si ceux qui l’ont déporté à La haye veulent discuter de la paix et la réconciliation, ils sa- vent où le trouver. tout le monde sait que le fpi est un instrument au service de la démocratie. Ce n’est pas un mouvement de violence, donc il n’y a pas de honte ni de complexe qu’on lui redonne ce parti. n.V : de façon pratique, quel sera le scénario ? S.k : Le FPI est un parti organisé et structuré. Les textes reconnaissent la possibilité à un militant  ou à un groupe de militants de faire une proposition de candidature dans le cadre du congrès, au poste de président du parti. Les procédures sont prévues par les textes et passent par le comité de contrôle. il va donc apprécier le moment venu.

N.V : Combien sont-ils les secrétaires généraux de fédération, signataires de  l’appel de Mama ?

S.K : Quand je lançais l’appel à mama, on était quarante cinq (45). depuis cet appel jusqu’à ce mercredi 9 octobre, il y a eu huit (8) autres signataires. Cela signifie qu’on évolue parce qu’officiellement, les secrétaires fédéraux qui fonctionnent sont quatre vingt seize (96). Certains sont en exil et ont été remplacés par des intérimaires, d’autres ne peuvent pas venir à Abidjan vu l’éloignement. C’est pourquoi on n’a pas encore toutes les signatures que nous pouvons avoir. je profite donc de cette occasion pour demander à tous les secrétaires fédéraux qui n’ont pas encore pu nous joindre, qu’ils nous approchent pour signer la pétition parce que nous avons un délai en tenant compte des textes du parti.

N.V : Et si Laurent Gbagbo décline votre proposition ?

S.K: je ne peux pas faire de fiction. nous sommes en politique et quand tu proposes quelque chose à quelqu’un, il peut dire non.  Jusqu’à preuve du contraire, nous pensons qu’il va accepter nous savons à quel point le président Gbagbo aime le fpi et privilégie l’intérêt du parti, donc il va accepter. sinon, nous aviserons.

N.V : Et si cet appel gênait le président du FPI ?

S.K: Pourquoi cette proposition gênerait le président du parti. n’oubliez pas que nous sommes ses collaborateurs. nous ne pouvons pas faire quelque chose qui le gène. et puis, le président du parti ne nous a pas encore dit qu’il est candidat. mais quand vous lisez bien la pétition, nous disons que nous allons faire en sorte que tous les cadres du parti qui aiment Laurent Gbagbo, adhèrent à cette proposition.

N.V : Comment se porte le Fpi à Sinématiali ?

S.K: Le fpi se porte à siné- matiali (nord du pays) comme il se porte dans toute la Côte d’ivoire après la crise  postélectorale. il est impossible à nos structures de faire des manifestations publiques à sinématiali. Vous imaginez, le fpi a organisé un meeting, le 21 janvier 2013, dans la commune de Yopougon. de triste souvenir, on a été atta- qué et il y a eu un mort dans cette commune supposée être notre bastion. dans plu- sieurs autres communes d’abidjan et l’intérieur du pays, le fpi a essuyé, soit une interdiction, soit une attaque concernant ses activités publiques légales. Le camarade président de notre parti a été même interdit d’accès à Abobo, doropo et odienné. Quand la direction du parti pourra faire ses activités, de façon sereine, sans que le siège du parti ne soit attaqué, sans qu’il n’y ait des agressions physiques, le fpi se portera mieux à Abidjan et à l’intérieur du pays. nous devons lutter dans ce sens.

N.V : Certains observateurs soutiennent que vous, le porte-parole de ce collectif de secrétaires généraux de fédération, signataires de l’appel de Mama, êtes un anonyme…

 S.K: Qu’est-ce qu’ils appellent anonyme ? Est-ce celui qui ne s’étale pas toujours dans les journaux ? En tout cas, je ne suis pas nouveau au fpi. j’ai commencé à militer en 1990 avec les camarades Lanciné Gon et Gballou michel qui était professeur d’histoire-géographie au Collège Bosco de korhogo où j’étais élève en classe de terminale. en 2000, sous la transition militaire, j’étais le directeur de campagne du candidat Laurent Gbagbo à sinématiali. en décembre 2000, j’étais le candidat du fpi à la députation à sinématiali contre le président Laurent Dona Fologo, candidat du Pdci. en 1996, j’étais secrétaire de base de Yopougon-Gesco. de 1998 à 2008, j’étais le secrétaire de la section d’Abidjan-Gesco. de depuis 2008, quand la fédération de Sinématiali a été créée, je  suis passé secrétaire fédéral. Ce n’est pas facile de parler de soi mais voilà humblement mon parcours.

N.V : Quelle  sera la suite après l’appel de Mama ?

K.S : La suite, c’est que la campagne pour la cohésion, l’unité et l’entente au sein du parti se poursuive. nous in- vitons tous les cadres du parti à comprendre et à adhérer à notre requête. L’impératif c’est l’unité du parti. je lance un appel à tous nos camarades, mem- bres du congrès, d’adopter notre proposition et de se joindre à la candidature de Laurent Gbagbo. Car ceux qui   estiment que confier le parti à Gbagbo, c’est le rétrograder savent très que ce n’est pas vrai. je n’ai pas besoin de citer des cas d’anciens chefs d’etat qui retournent dans leurs partis respectifs.

Interview réalisée par Boga sivori et armand Bohui

Source: Notre voie n° 4836 des samedi 11 & dimanche 12 octobre 2014




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