Politique minière en Côte d’Ivoire: Les populations meurent, les sociétés s’engraissent

Mardi 22 Juillet 2014 - 02:39


L’activité minière connaît une grande évolution en Côte d’Ivoire. Si l’on s’en tient aux déclarations du ministre de l’Industrie et des Mines, Jean Claude Brou, lors du déballage de la politique industrielle et minière du gouvernement. C’était le 10/7, dans le cadre de ‘’Les Rendez-vous du Gouvernement‘’ organisé par le Centre d’information et de communication gouvernementale (Cicg). Un organisme créé pour amplifier les actions pharaoniques de la gouvernance de sa majesté Ouattara 1er. Et ce, dans le but de permettre aux aveugles de voir les grands chantiers de notre gouvernement Là où les actions devraient parler d’elles-mêmes. Bon bref. Autour du thème : «Politique industrielle et minière pour l’émergence en Côte d’Ivoire», Jean Claude Brou explique que de belles perspectives pour l’industrie minière pointent à l’horizon. Surtout que l’embargo sur notre diamant est levé. Mieux, la loi  N°  2014-138 du 24 mars 2014 pourtant code minier a été adoptée pour redynamiser l’activité minière, accroître la part de devise de ce secteur et permettre aux établissements minier de s’investir davantage dans le développement. Pardi ! Cette loi mérite d’être portée à la connaissance des populations de Similimi dans le Gontougo, d’autant plus qu’elles se sous-développent depuis l’installation de Taurian devenu Bondoukou Manganèse. Là-bas, l’avenir appartient à la vieillesse. Pas aux enfants en tout cas! Parce que même l’école n’est vraiment pas une priorité.  C’est le sous-sol qui importe, mieux, le manganèse, pour Taurian. En ce qui concerne les permis d’explrations, Jean Claude Brou affirme qu’environ 130 permis ont été déjà délivrés. Mais une source de «L’Eléphant» indique qu’une pile de demandes de permis d’exploration et d’exploitation est soigneusement rangée dans les tiroirs du ministère sans que les demandeurs ne sachent réellement ce qui leur est reproché, pour ne pas avoir le sésame. Une sorte de couche épaisse de poussière enveloppe le flux d’informations qui devraient circuler entre le ministère et les demandeurs de ce précieux outil. On ne sait vraiment pas pourquoi. Mais là où le bât blesse, le détenteur du portefeuille des mines n’a pas donné son remède pour chasser les nombreux orpailleurs illicites et exploitants clandestins qui pillent les ressources minières du pays. La grosse tournée d’information et de sensibilisation avec un pompeux spot qui défilait sur la RTI, n’a pas dissuadé les clandestins. a l’épreuve de la bonne gouvernance Le ministre de l’Industrie et des Mines affirme la main sur le cœur et le cœur solidement accroché, que la bonne gouvernance des ressources extractives sera une réalité. On croise les doigts. D’autant plus que, selon lui, la nouvelle loi sus-mentionnée prend en compte les exigences de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE)- dirigée par N’dri Koffi et par ailleurs directeur du ministre de l’Energie, Adama Toungara-, du système de certification du processus de Kimberley, ainsi que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Laquelle RSE se traduit par l’octroi d’une part émergente de 0,5% des bénéfices aux populations riveraines dont toutes les terres ont été
spoliées. Les populations du Lôh Djiboua où les 2/3 de la production aurifère du pays sont tirés, devraient attendre les 0,5% du bénéfice de New Creast et Agbaou Gold pour réparer le bitume cassé qui oblige les automobilistes en provenance d’Oumé à faire un grand détour par Toumodi pour regagner Abidjan. Parce que le bitume est inexistant entre Oumé et Hiré. Et les coupeurs de route y règnent en maîtres émergents. Les populations de Similimi quant à elles, continueront d’avaler la poussière en attendant que Bondoukou Manganèse finisse sa comptabilité pour investir 0,5% de son bénéfice dans les actions de développement au profit des 14 villages qui n’ont plus de terres arables. Et elles attendront toujours l’eau de pluie pour étancher leur soif. Tout ça, dans une Côte d’Ivoire qui gambade allègrement sur les chemins de l’émergence avec les dirigeants solidement accrochés à leur fortune et le peuple, la bouche ouverte à avaler la poussière…
TOUrE AlI
Source: L’Eléphant déchaîné N°269 du vendredi 18 au lundi 21 juillet 2014 / 3ème année




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