Police militaire, CCDO, DST, Forces spéciales…: La Gestapo de Ouattara en action

Mercredi 20 Mars 2013 - 06:49


Police militaire, CCDO, DST, Forces spéciales…: La Gestapo de Ouattara en action
Alassane Ouattara reste un éternel insatiable dans sa volonté de maintenir un environnement militarisé et de terreur sur le pays. Après la création des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), le 17 mars 2011 en pleine crise postélectorale, il a successivement créé les Forces spéciales, la Police militaire, le fameux Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO) et a attribué de «superpouvoirs» à la DST.

La Côte d’Ivoire s’est progressivement transformée en Etat militarisé, où les hommes en armes font la loi. Alassane Ouattara au pouvoir depuis deux ans, a créé des unités spéciales officiellement avec des missions bien définies dans la cadre de la sécurisation des biens et des personnes. Mais à la pratique, ces unités se sont dotées d’une mission assez spéciale. Elles ont vite fait de semer la terreur au sein des populations. La Direction de la surveillance du territoire (DST) s’est ajoutée à la longue liste des sites de séquestration et de tortures des Ivoiriens. La tristement célèbre Police militaire dirigée en son temps par Koné Zakaria, avait été créée en décembre 2011 avec pour mission d’inspecter  les rues, de traquer les éléments Frci indisciplinés qui créaient l’insécurité. A l’origine la Police militaire devrait être composée de 300 éléments des forces républicaines, de gendarmes, de policiers et des éléments de l’Onuci. Mais dans la pratique, la Police militaire était pratiquement composée des hommes de Koné Zakaria et elle était basée au sein du camp militaire Génie d’Adjamé qu’il contrôlait à l’issue de la guerre postélectorale. Très vite, cette unité s’est transformée en une force qui traquait les pro-Gbagbo. Elle s’était spécialisée dans les enlèvements et arrestations à échelle industrielle, avec à la clé des demandes de rançons au su et au vu des autorités politiques et militaires de ce pays. Ces pratiques quotidiennes rappelaient trait pour trait la tristement célèbre Gestapo nazie.
La Police militaire dirigée par Koné Zakaria avait fini par s’identifier à la Gestapo. La Gestapo étant un acronyme tiré de l’allemand «Geheime Staatspolizei» signifiant Police secrète d'État, elle était chargée de lutter contre les opposants internes ou externes, réels ou supposés, puis contre les adversaires du régime nazi ou les résistants. La Gestapo  fut synonyme de terreur et d'arbitraire en Allemagne. Avec les agissements de la Police militaire créée par Alassane Ouattara et confiée à Koné Zakaria, mis en cause dans plusieurs rapports d’Ong internationales, on n’est pas très loin de la Gestapo originelle. C’est justement ces violations chriniques des droits de l’homme, matérialisées par les enlèvements, traques, arrestations et détentions arbitraires dans des conditions très souvent inhumaines au sein du Camp Génie d’Adjamé que plusieurs Ong nationales et internationales, notamment Amnesty International, l’APDH, la Lidho, la FIDH ont longuement dénoncé. Amnesty était même allé plus loin en deman - dant la révocation de Koné Zakaria de la tête de la Police militaire.
La DST, championne de torture La Direction de la surveillance du territoire (DST) n’est pas en reste dans ces pratiques d’un autre âge. Beaucoup plus discrète que la police militaire de Koné Zakaria, la Dst a des méthodes qui diffèrent moins de la police militaire. Avec ses arrestations arbitraires et détentions illégales, dans des conditions parfois inhumaines, sans assistance d’avocats, la Dst a fini par s’inscrire dans le registre des forces aux méthodes de la gestapo. Plusieurs centaines de pro-Gbagbo sont détenus ou ont été détenus à l’intérieur de la Dst. Les Forces spéciales créées par Ouattara, en aout 2011, composée officiellement d’un millier d’éléments et ayant officiellement pour mission d’intervenir en dernier recours pour protéger les Institutions de la république, ont été déployées il y a quelques mois dans certaines communes d’Abidjan. Avant de se faire plus discrètes ces dernières semaines. Elles étaient montées en puissance après la mise au banc des accusés de la Police militaire par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Mais très vite, le pouvoir n’a pas jugé utile de maintenir cette force en premier plan. Sa base reste toujours à Adiaké.
CCDO, le dernier né Le 11 mars dernier, Ouattara créait encore une énième unité spéciale, a travers le Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO), forte officiellement de 750 éléments. Avec pour mission de lutter contre le grand banditisme sous toutes ses formes. Si pour ces premiers pas, le CCDO a jeté son dévolu sur le démantèlement de barrages anarchiques qui pullulaient les rues d’Abidjan, l’on se demande s’il ne va vite pas marcher dans les pas de la tristement célèbre Police militaire de Koné Zakaria. Qui s’était spécialisée dans la traque, les arrestations et détentions de pro-Gbagbo, au détriment de leurs missions initiales. Au-delà du vernis de lutte contre le grand banditisme, il est clair que toutes ses forces ont été créées pour imposer le règne de la terreur. En se barricadant de plus en plus derrières ces forces aux méthodes de la Gestapo, Ouattara croit tenir en laisse ses opposants pour parachever l’œuvre pour laquelle il a été installé au pouvoir. Bien entendu, aux antipodes des préoccupations élémentaires des ivoiriens qui souffrent de sa gouvernance bling- bling.

Par Gérard Koné


Source: Le Nouveau Courrier N°754 Du Mardi 19 mars 2013




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