Poème / Retour de l'époux Bien-aimé . Par Lazare Koffi Koffi

Dimanche 27 Octobre 2013 - 07:20


Lazare Koffi Koffi
Lazare Koffi Koffi
Ne pleure plus, ô ma bien-aimée !
 Sèche tes larmes, Beauté d’ébène !
 Respire les émanations enivrantes
 Des arômes des fleurs admirables
 Et des jeunes pousses
 De tes forêts noires et sacrées.

 Ecoute ce murmure lointain
 Qui secoue les frondaisons vertes
 Et qui caresse allègrement
 Tes fines ouïes de dauphin.
 La nouvelle qu’annoncent nos tambours
 Est merveilleuse et réconfortante

 O bien-aimée ! Crie de joie
 Ton amoureux arrive, fort et fier
 Avec son phallus divin retrouvé.
 Réjouis-toi, et jubile, ô ma reine !
 Car bientôt tu seras fécondée.
 Et de toi naitra la nouvelle génération.

 Sèche donc tes larmes
 Les larmes de sang
 De tes nombreux enfants
 Exterminés par la haine
 Et les folles ambitions
 Des envahisseurs ténébreux

 Vêtus de cuirasses en noirs et blancs,
 Des airs et sur terre, ils ont craché du feu.
 Ils ont voulu par leur colère m’anéantir,
 Ils ont voulu me découper en mille morceaux.
« Pour l’exemple ! »
Ont-ils hurlé à l’unisson

 Puis ils m’ont éloigné de toi, ô bien-aimée.
 De tes chaudes étreintes, ils m’ont détourné.
 Ils m’ont conduit sournoisement
 Dans leur univers de glace
 Espérant me voir congelé
 Et me dépouiller de ma virilité.

 Mais ton amour pour moi
 A été plus fort que tout.
 J’ai retrouvé mon soupir et ma vigueur
 J’ai retrouvé ma puissance ensorceleuse.
 Pressé de te retrouver, chez toi, chez nous.
 Je serai à toi, en fanfare, O bien-aimée !

 Oui, je serai là, pour m’enivrer des effluves
 De tes parfums à la citronnelle
 Pour te rendre ton bonheur étouffé.
 La nuit de mon retour sera douce et enchantée
 Et, mon phallus, réanimé, te régénérera
 Comme ton amour m’a revivifié.

 Va donc ! Prend un bain purificateur
 Dans nos lagunes et nos rivières
 Couvre-toi de diadèmes étincelants
 Et rassemble tous tes enfants
 Sur toutes nos places officielles.
 D’une voix suave et rassurante
 Proclame la bonne nouvelle.

 Dis-leur que le plus valeureux
 De tes entrailles, aussi ton époux, arrive.
 Ordonne que les feux de bois s’allument
 Et que l’accueil soit à ma mesure
 Car de moi, la vie rejaillira du chaos.
 Et un nouvel ordre sera établi.

 Lazare KOFFI KOFFI
 Exilé politique —




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