Peut-on libérer Gbagbo sans gêner Ouattara

Samedi 22 Novembre 2014 - 05:17


Peut-on libérer Gbagbo sans gêner Ouattara
Si mes souvenirs sont bons, c’est depuis Yopougon que M. Michel Gbagbo, à la suite d’un groupe de Fédéraux du Fpi a déclaré que le Président Fondateur du Fpi se portait candidat à la présidence dudit parti. On se souvient que dès son accession à la présidence de la République, Sem Laurent Gbagbo avait démissionné de son poste de président du parti qui l’avait mandaté. En fait, il était déjà le candidat de plus d’Ivoiriens que ne sont les seuls membres de son parti d’origine. La majorité présidentielle (Lmp) exige. Cette démission ne mettait pas fin à son statut de membre. Historiquement et idéologiquement. Il l’a lui-même dit, qu’il continuait d’être Fpi, puisqu’il payait n charisme ont déteint sur le pays. Il y avait la joie de vivre. Lui et ses collaborateurs, lors des attaques de l’impérialisme, ont montré que nos pays africains, ne sont pas condamnés à toujours tendre la main avec l’idée du budget sécurisé de feu Bohoun Bouabré. Les dix (10) ans qu’a duré la résistance aux mains nues avec le leader des jeunes Blé Goudé, sont la plus grande preuve, à mon avis du soutien des Ivoiriens derrière Gbagbo. Entre lui et le peuple de Côte d’Ivoire, c’est du « ton pied mon pied » . Cette parfaite complicité/résistance, a amené la France et l’impérialisme à se dévoiler en prenant en mains, l’objectif de dégommer Gbagbo. Or sachant que, qui dit soutien, (dit adhésion à l’idéologie et au programme de gouvernement et à leur mise en œuvre) au chef, il n’est pas faux de penser que sa candidature à la présidence du Fpi est la bienvenue. Les fédéraux initiateurs de sa candidature, ont eu le nez creux. Pourquoi ? La réponse se trouve dans les dernières décisions d’Affi. Il a contre toute attente refait (le mot n’est pas exagéré), le Secrétariat général du parti. En dégommant des symboles de la lutte et de la résistance, dont par exemple, la camarade Simone. Akoun Laurent n’est pas passé à la trappe, mais il a été déplacé. Cette grave décision, a été publiée sur le net, contrairement à nos habitudes. Conduite méprisante pour le parti. Nous apprîmes ensuite surpris, que le Fpi avait mandaté le camarade Dogou Alain comme représentant à la Cei. Sur l’institution, le Fpi avait dénoncé son déséquilibre au bénéfice du Rhdp et surtout à celui de l’individu Ouattara. Kkb, député Pdci, nous a suivi ; Mme. Boni Claverie aussi. Le Fpi avait donc bien vu. Après la visite du Président français, Affi invitait le Fpi à « entrer dans le jeu politique » . Les explications de ce syntagme n’ont convaincu aucun militant. Le journal L’Expression a même publié une liste de ministrables Fpi. Au - jourd’hui, on voit que nombreux de ceux-là sont dans son staff pour la présidence du Fpi. Affi a même appelé à ne pas « g ê n e r » le pouvoir ! Or, le Fpi est dans l’opposition. Je veux comprendre comment une opposition active, peut en même temps, se donner comme ligne de « ne pas gêner » le pouvoir. Qu’a fait le Rdr entre 2000 et avril 2011 ? Ce parti a introduit la violence en politique. Le Fpi n’est pas violent. C’est un enfant des élections. Par conséquent, il ne prendra le pouvoir d’Etat qu’avec des élecions. Oui, mais n’importe lesquelles ? Celles de 2015 ou après si, l’on ne fait pas une fixation sur le conseil intéressé de Hollande : « ce parti doit aller aux élections , s’il veut exister » . Notre Fpi n’est pas allé aux dernières consultations. Et pourtant, le boycott du Rgph a porté. Les Fédéraux ont eu le nez creux, parce qu’Affi ne croit plus en la force de la mobilisation. Il souhaite que le Fpi, désormais patrimoine national, ne gêne pas le pouvoir. S’il est évident que de la prison, Gbagbo ne peut organiser sa libération, il n’est pas moins vrai qu’avec les visites qu’il reçoit, quelque chose peut se faire.
Puisqu’il suit l’actualité d’ici et d’ailleurs. Depuis que Me. Altit a jugé bon que Gbagbo soit candi- dat, il est maladroit et suspect, de clamer que sa candidature lui porte préjudice. Ne soyons pas plus royaliste que le roi. D’ailleurs, c’est depuis les liens de cette déportation d’un autre âge, qu’il a prévenu la Cpi : « on ira jusqu’au bout» . Serait-on si inconscient au point de ne pas choisir de baisser la culotte pour être libéré ? Après le coup d’Etat militaire, l’on a fait une énorme pression pour que Gbagbo aille à la présidentielle. Les assaillants ne désarmaient pas mais, on voulait des élections. Il a fini par céder et le résultat est là aujourd’hui ; des blessés, des morts, des urnes bourrées et le bombardement d’une Résidence Présidentielle. Ouattara est au pouvoir. Des avoirs gelés ; des résidences occupées ; des licenciements pour cause de rattrapage (apartheid non racial mais, ethnique) ; des exilés ; des exécutions extrajudiciaires ; des emprisonnements doublés de torture. Tous, nous le savons et pouvons citer des noms de victimes. Les Ivoiriens de gauche avec Gbagbo à leur tête, ne sont plus au pouvoir. C’est sur eux pourtant, à travers le Fpi que l’on met encore la pression pour « entrer dans le jeu politique pourquoi?C’est la réponse à cette question avec le comportement d’Affi qui a suscité la candi- dature de Gbagbo au prochain congrès. Il incarne la force du peuple au service du peuple. Gbagbo est le symbole d’une gauche libératrice. Quels liens Affi envisage-t-il de couper s’il était élu ? C’est quoi le « parti moderne » qu’il envisage de créer? Autant d’interrogations qui inquiètent des fédéraux et tout le peuple de gauche et souverainiste de notre pays. Mamadou Koulibaly lui, a créé Leader quand les fédéraux ont refusé son projet de modifier le nom du Fpi. Affi reste encore au Fpi, mais veut le « dociliser » . Veut-il émousser ou faire disparaître la force de mobilisation aux mains nues du parti de Gbagbo ? Dans l’espoir d’obtenir sa libération ? Ne gagnerions-nous pas à envisager des actions sans regroupement dans des lieux publics pour revendiquer plus de démocratie, de respect des droits de l’Homme ? Le pouvoir actuel, on le sait, est violent et menteur. Mais il n’y a pas que les meetings pour imposer un changement aux gouvernants. La désobéissance civile, le boycott, la grève de la faim, sont autant de moyens à explorer. Affi, voilà une liste non exhaustive de mots d’ordre que les Ivoiriens attendent du Fpi. Ne pas entendre cet appel est suicidaire et donne raison aux fédéraux qui ont déposé la candidature de Gbagbo. Si le 14 décembre, tu es battu, que feras-tu ? Reconnaîtras-tu ta défaite pour rentrer dans les rangs ou créeras-tu ton parti ? Cela me ramène à une chanson de Billy Billy. « C’est pour Drogba que je suis les matchs de Chelsea. Sinon, je fais rien avec Chelsea » . Dans le cas d’espèce, l’habit fait le moine. L’habit, c’est le Fpi avec Gbagbo. Le moine qui se change de vêtement, tombe forcément dans l’indifférence.
 
Une contribution Dr. Guehoun
Le Temps N ° 3345 d u mercredi 19 novembre 2014




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