Pétition pour Venance Konan

Samedi 27 Avril 2013 - 04:26


Pétition pour Venance Konan
« Au travail, maintenant ! »
Par Venance Konan - Fraternité Matin 22 avril 2013

 
Il s’agira, désormais, pour les élus, de concrétiser tout ce qu’ils ont promis, en songeant, un peu plus, à leurs administrés, à la trace qu’ils laisseront dans l’histoire de leurs cités ou régions, qu’à leur propre enrichissement.
Après plus de dix ans d’incurie, de je-m’en-foutisme, de course effrénée à l’enrichissement personnel, nous voici vivant dans des villes laides, bruyantes, polluées, étouffantes. Abidjan, notre capitale économique que naguère, l’on venait admirer de partout, est aujourd’hui méconnaissable. Les lagunes du pays qui faisaient son charme sont toutes polluées et la plus grande d’elles, la lagune Ebrié, est en train de se fermer sous nos yeux. La forêt du Banco où l’on allait s’oxygéner les dimanches est devenue infréquentable. Et cela n’a pas l’air de déranger qui que ce soit. Que dire de Bouaké, la plus grande ville du pays après Abidjan ! J’y ai passé quelques jours, la semaine dernière. Depuis plus de 20 ans, 99% de ses voies sont impraticables. Les rebelles qui l’ont occupée pendant huit ans y ont semé l’anarchie et elle est aussi méconnaissable, ayant perdu tout ce qui faisait son charme. Ses endroits mythiques qu’étaient la piscine que chantait l’Ofi ainsi que le zoo n’existent plus. J’ai rencontré, à Bouaké, une amie qui travaille dans une agence européenne de développement. Elle m’a raconté que la Banque mondiale avait projeté d’y construire un très grand lycée. Le terrain avait été acheté et les constructions avaient même démarré. Un jour, un responsable de cette Banque est allé sur place et a découvert qu’une école coranique avait été construite sur le terrain dédié au lycée. Parce que quelqu’un à Bouaké qui avait le pouvoir d’en vendre une partie l’a fait, au profit de cette école coranique. Qu’est-ce qui peut bien attirer un touriste à Bouaké, aujourd’hui ? Qu’est-ce qui peut attirer un touriste dans nos différentes villes de l’intérieur ?
Ce que nous devons, nous, administrés, exiger de nos maires, est qu’ils nous fassent vivre dans des villes propres, agréables, jolies, bien construites et calmes. Nous avons des urbanistes, des architectes et des artistes très compétents qui peuvent contribuer à rendre nos villes vivables. Il ne faut pas toujours de gros moyens pour cela. Juste quelques bonnes idées. Et ce ne sont pas les personnes capables d’en donner qui manquent dans ce pays. Nous, administrés et contribuables, devons nous montrer plus exigeants désormais. Nous ne devons pas oublier que nos élus le sont par nous, et gouvernent pour nous. Nous devons nous constituer en associations chargées de veiller à ce qu’ils appliquent les programmes pour lesquels ils ont été élus, qu’ils ne nous infligent pas des monuments affreux et surtout, qu’ils ne vendent pas tous nos espaces verts, nos trottoirs ainsi que les bordures de nos lagunes et lacs à des commerçants peu soucieux de l’environnement. Nous devons désormais exiger que pour la construction de tout monument, un concours soit lancé afin que les meilleurs artistes du pays puissent y participer, et que nous ayons notre mot à dire dans le choix définitif.
Nos élus régionaux ont pour devoir de mettre en valeur les richesses de nos régions afin d’y amorcer le développement. Là aussi, nous ne devons pas leur donner nos blancs-seings. Nous devons nous impliquer aussi pour que leur premier souci ne soit pas de récupérer les sommes qu’ils ont dépensées pour leurs campagnes passées et celles qui serviront pour les prochaines.
Il y a une vingtaine d’années, nous étions très fiers de sillonner notre pays. Aujourd’hui, non seulement il est pénible de le faire, vu le mauvais état de nos routes, mais aussi on revient toujours avec beaucoup d’amertume, à cause de la pauvreté qui règne dans nos villes et villages de l’intérieur, et surtout à cause de l’apathie générale des populations,  de cette absence de volonté de s’en sortir. On a l’impression qu’un ressort s’est cassé en nous, peuple ivoirien. Il appartient, certes,  à chacun de nous de remonter son ressort personnel, mais il est du devoir de nos élus de créer les conditions pour que ceux qui veulent entreprendre pour s’en sortir puissent le faire.
 

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Pétition pour Venance Konan

 Ce qui est bien avec Venance Konan, c’est qu’il est capable de dire tout et le contraire de tout dans le même article. Si bien que toute son œuvre – du moins son œuvre journalistique car c’est la seule que je connais au jour d’aujourd’hui – n’est qu’un tissu de contradictions, de paradoxes, de sophismes, de lapalissades et même de contre-vérités, le tout asséné avec un sang-froid qu’on pourrait admirer si le journalisme était l’un des beaux-arts, ou s’il ne s’agissait pas de sujets aussi graves que tous ceux sur lesquels cet écrivain dévoyé exerce depuis ses débuts une plume inutilement talentueuse. Inutilement ? Oui… Car quand on réfléchit à son parcours à la lumière de ses reportages, interviews, billets d’humeur et éditoriaux, on se rend vite compte que ce journaliste « recherché » n’a jamais fait que suivre l’opinion dominante. Et quand nous disons « opinion dominante », nous ne voulons pas dire l’opinion de la majorité des citoyens de notre pays, mais l’opinion de ceux qui nous dominent… Ainsi, V. Konan était naturellement tayloriste durant la guerre civile libérienne, parce que dans cette guerre, Charles Taylor était le bras armé de la Françafrique, alors représentée par l’ambassadeur Michel Dupuch et par un certain Robert de Saint-Pai, peut-être un des alias du très entreprenant Jean Mauricheau-Beaupré, un résidu de la Maison Foccart. Ainsi, sous Bédié, s’il était furieusement « ivoiritaire », c’était parce que le « gouverneur » Guy Nairay régnant et Michel Dupuch étant toujours à son poste, Alassane Ouattara n’apparaissait pas encore comme le choix de la Françafrique. Ainsi, sous Robert Guéi, quoique le contexte ait changé du fait du décès de G. Nairay et du rappel de M. Dupuch, qui facilitèrent le renversement de Bédié sans ouvrir à Ouattara la voie royale qu’il espérait, il demeura « ivoiritaire ». Ainsi, pendant le mandat de Laurent Gbagbo, même s’il avait déjà mis beaucoup d’eau dans son vin, question « ivoirité », depuis que Bédié et Ouattara avaient fait leur paix sous l’égide de la Françafrique,  et pratiquement jusqu’à ce que tout se gâte vraiment entre ladite Françafrique et Gbagbo au lendemain du 2e tour du scrutin présidentiel de 2010, V. Konan n’était pas vraiment le farouche opposant qu’il deviendra à partir du 3 décembre 2010. La seule chose qui ne varie pas dans cette trajectoire, c’est que V. Konan n’apparaît chaque fois que comme la cinquième roue du carrosse ou, si vous préférez, comme la mouche du coche.
Inutilement talentueuse, disions-nous ? En fait, cela dépend pour qui. Car V. Konan est l’un des très rares Ivoiriens qui vivent très bien de leur plume, et probablement le seul parmi les journalistes qui ne sont pas devenus autre chose. Mais, même dans cette « mangécratie » que la Françafrique nous impose depuis le 11 avril 2011, et s’agissant d’une telle poche de moralité, l’argent n’est pas tout ! Un Venance Konan peut certainement, et avec raison, ambitionner beaucoup plus que ce rôle d’imprécateur que personne n’écoute et que peut-être ceux qui le payent méprisent en secret, comme dans la légende, Cassandre la Troyenne éternellement vouée à prêcher dans le désert. Quand on voit avec quelle assurance il dénonce l’anarchie, l’insalubrité, l’anomie, l’insécurité, l’incivisme, l’irresponsabilité, la corruptibilité des hommes et la corruption des mœurs, la gabegie, toutes ces « négreries » comme il aime à dire, peut-on douter que ce nouveau Savonarole serait aussi compétent sinon plus, par exemple, que tel maire, tel gouverneur de district, tel préfet, tel député, tel ministre, tel ministre d’Etat, voire le Premier ministre ou le président de la République lui-même, pour éradiquer tous ces maux dont la Côte d’Ivoire n’a que trop souffert…
Voilà pourquoi, chers membres et chers amis du Cercle Victor Biaka Boda, nous vous soumettons le dernier éditorial de Venance Konan, qui est un peu la quintessence de sa pensée et qui se lit comme un catalogue ou un inventaire de tous les projets dont il pourrait faire bénéficier cette Côte d’Ivoire qui lui est si chère, pourvu qu’elle lui en donne les moyens. Que diriez-vous d’une pétition en sa faveur, à soumettre à ses employeurs actuels, pour les exhorter à mieux l’utiliser qu’ils ne le font aujourd’hui ? Etant donné l’étendue des centres d’intérêts de V. Konan et l’immensité de ses talents, on pourrait envisager de lui confier au minimum une fonction de conseiller spécial à compétence universelle, avec droit de regard sur l’activité de toutes les autorités depuis le sommet de l’Etat jusqu’au dernier détenteur de la moindre parcelle de pouvoir… Quelque chose comme la présidence de ce truc bizarre qu’Houphouët imagina, en 1990, pour mettre sur orbite un certain Alassane Ouattara. Ça s’appelait le « Comité interministériel de coordination du programme de stabilisation et de relance économique ». Sans être et sans jamais avoir été membre du gouvernement ivoirien, Ouattara avait été bombardé président de cet organisme, avec plusieurs ministres à ses ordres au grand scandale de Camille Alliali, qui ne put s’empêcher de faire observer à Houphouët – c’est dire s’il fut scandalisé ! – « Qu’il n’était pas habituel qu’une personnalité qui n’était pas membre du gouvernement puisse être nommée à la tête d’un comité composé de ministres »… Mais ça, c’était avant. Une époque où, s’il faut en croire V. Konan, l’urgence n’existait pas encore. Aujourd’hui, c’est autre chose. On n’a pas le temps de chipoter. Et pas question de limiter le champ d’intervention du nouveau sauveur de la patrie au seul domaine économique comme ce fut le cas pour Ouattara. Au contraire, il faudra lui confier tous les leviers de décision existant dans le pays, sans excepter ceux qui appartiennent au chef de l’Etat. En un mot, il faut créer V. Konan dictateur, comme ils faisaient dans l’ancienne Rome lorsqu’ils étaient confrontés à une crise d’une telle gravité que seul un homme d’exception nanti de tous les pouvoirs pouvait sauver la république.
Si cette proposition vous agrée, faites-le-nous savoir. Et si elle ne vous agrée pas, faites-le-nous savoir également, en précisant les raisons de votre désaccord.

Donc, chers membres et chers amis du CVBB, à vos plumes !


Marcel Amondji

Cercle Victor Biaka Boda
La Rédaction, 24 avril 2013




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