Permis de construire et anarchie: Quand le ministère de la Construction met en péril la vie des Ivoiriens

Vendredi 17 Mai 2013 - 07:59


Permis de construire et anarchie: Quand le ministère de la Construction met en péril la vie des Ivoiriens
Nombreux sont les bâti - ments qui sont construits en Côte d’Ivoire en général, et à Abidjan en particulier, sans permis de construire. L’effondrement d’un immeuble (R+3) en construction à Abobo extension, le 5 mai 2013, en est un exemple. Le manque de rigueur, du moins de vigilance, du ministère de la Construction, de l’Urbanisme, du Logement et de l’Assainissement met véritablement en danger la vie des populations. Le directeur général du Laboratoire du bâtiment et des travaux publics (LBTP), Kouakou Amédée, en mai 2011,  lors  du  5ème  Salon africain de l’immobilier et de l’aménagement (SAIA), à l’immeuble Crrae, au Plateau,  avait  révélé que 80% des logements construits par les opérateurs privés ne res - pectent pas les normes de qualité. « Les maisons sont construites sans études géotechniques, sans matériel adéquat et contrôle Sécurel (Ndlr : société qui s’occupe de la sécurité électrique des bâtiments). Les inconvénients, c’est que nous avons un bâtiment avec une fondation sous-dimensionnée, non adaptée, un béton mal dosé, une armature de mauvaise qualité, une mauvaise installation électrique etc. » , a-t-il déploré. Quant au  directeur de l’Architecture et des Matériaux au ministère de la Construction, de l’Assainissement et de l’Urbanisme, Messou Augustin, il avouait, lors du même salon, qu’il y avait seulement deux demandes de permis de construire par semaine sur la table de la commission qui délivre l’autorisation du permis de construire. Pourtant, les maisons poussent à Abidjan comme des champignons. Il n’avait pas manqué de dénoncer l’inefficacité du contrôle parce qu’intervenaient  une multitude de structures comme les mairies, le district, les ministères de tutelle. Il avait promis des sanctions, en vain. La preuve le quartier Campillo de 20 hectares, à Abobo en face d’Anador, a été bâti sans permis de construire, selon le chef du village d’Aboboté, Paul Amao,  lors d’une conférence de presse qu’il a animée, en mars dernier, dans le cadre du conflit relatif à l’opération immobilière sur les sites « Blanchard », à Cocody  8ème  tranche.  En outre, un bâtiment à étage s’est écroulé à Abidjan sud, en zone 4, au premier tri - mestre de cette année. Le cas le plus récent concerne l’effondrement, le 5 mai dernier, d’un bâtiment à étage (R+3) à Abobo extension, après le château d’eau d’Angré  où  il y a eu au moins 4 blessés. Le tableau est assez sombre. C’est à juste titre qu’un cadre du ministère de la Construction et de l’Urbanisme,  lors des échanges en privé,  a révélé que l’opérateur qui a construit le bâtiment d’Abobo extension après le château d’Angré  n’avait pas le permis de construire. Il a dénoncé l’attitude de ses collègues en général, des chefs d’antenne en particulier,  qui sont plutôt préoccupés par la recherche de sou au lieu de veiller à l’application des textes relatifs au permis de construire. Le cadre n’a pas manqué de dénoncer aussi la construction d’un bâtiment R+ au sein du quartier résidentiel mitoyen au lycée classique de Cocody.

Le non respect des règles d’urbanisme au quotidien

En plus du problème de l’at - tribution des permis de construire, il y règne un désordre dans le manque de l’application des règles de l’urbanisme. Les constructions de bâtiment se font n’importe où tant les initiateurs veulent mettre les espaces à profit. C’est le cas de la construction des magasins ou commerces au sein des résidences. Nous avons l’exemple de l’espace qui part du 22ème arrondissement à la station Petro ivoire. De cette station au terminus de bus 81-82 et de cette station à la gare wôrô- wôrô d’Aboboté. Du lavage auto au 22ème arrondissement. Le quartier Sogefiha de la riviera 2, en face du poulet show, est un exemple palpable. Des commerces se créent au vu et au su de non- respect des règles d’urbanisme. C’est le cas à Treichville dans le cadre de l’opération immobilière Sicogi,  de l’avenue 4 à l’avenue 2, de la rue 15 à la rue 13. Le quartier  d’Adjamé 220 logements n’est pas à l’abri des commerces anarchiques. Le phénomène est en train de gagner la Riviera Golf dans le périmètre du siège de Lider. Aucune commune et aucun quartier d’Abidjan ne sont épargnés. Le président de l’Ordre des experts géomètres de Côte d’Ivoire, lors de l’émission «Débat contradictoire » de la Rti Première chaine, du 30 avril dernier, ne fait pas mieux de dire que pour tout lotissement, il faut un règlement particulier d’urbanisme. « La délivrance des lettres d’attributions doit être accompagnée  d’un règlement d’urbanisme » , a-t- il proposé. Pour atténuer l’anarchie au niveau de la construction, un décret sur la copropriété a été pris, le 22 mars 2013, lors du conseil des ministres. C’est dans ce contexte que le directeur général du Logement et de la Copropriété, au ministère de la Construction, Célestin kouala,  a annoncé que les syndics seront des  professionnels. C'est-à-dire qu’ils seront agréés par le ministère de la Construction. «Ceci pour éviter les constructions anarchiques au sein des quartiers des sociétés immobilières. En d’autres termes,  il s’agira de veiller à tout acte qui pose un préjudice aux habitants » , a-t-il prévenu. Les sanctions prévues par le ministère de la Construction sont-elles vraiment appliquées quand on se fie aux constats sur le terrain ? 
 
Gomon Edmond

Gomonedmond@yahoo.fr
Source: Notre Voie N°4417 du mercredi 15 mai 201 3




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !