Péril sur la liberté de presse: Amadou Soumahoro menace de mort un journaliste

Jeudi 14 Mars 2013 - 08:26


Amadou Soumahoro
Amadou Soumahoro
L’opinion publique a découvert, hier, posté sur la page Facebook du confrère Bernard Kra, journaliste politique au quotidien “L’Expression”. Le texte est signé d’Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du Rassemblement des Républicains (Rdr).
« Bonsoir Mr, C’est Monsieur Kra Bernard ? Ok, je suis Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim du Rdr. Nous sommes parvenus à la conclusion selon laquelle vous avez décidé de nous mener la guerre. Je ne vous connais pas, mais considérez, à partir de cet instant où je vous appelle, que nous sommes en guerre et cette guerre se fera au couteau. Vous avez décidé de nous combattre, nous vous combattrons aussi par tous les moyens. Quand on veut se battre avec un adversaire, on le prévient. Vous avez déclaré la guerre au Rdr. Le Rdr se défendra par tous les moyens et vous verrez ce que ça va donner. Merci et au revoir ». Frayeur et stupeur ! C’est ce message que le public habitué à l’internet a découvert, hier, sur la page Facebook de Bernard Kra, chef du service politique du quotidien « L’Expression ». Il est d’Amadou Soumahoro. Le confrère pense qu’il est en relation avec un texte que le journal a publié lundi. L’article faisait état de ce que le Rdr aurait encore changé de candidats aux prochaines joutes électorales locales. Bernard Kra, qui affiche une sérénité, a cependant « remonté » l’information de cette menace à sa hiérarchie. Joint par téléphone, l’auteur présumé de la menace n’a pas voulu nous répondre. « Bohui, je ne te parlerai pas au risque de te voir déformer mon propos », s’est-il refusé. Avant de dire qu’il est « en séance de travail ». Cependant, nous avons eu la main heureuse avec son chargé de communication, le sieur Haïdara. Selon ce dernier, le secrétaire général par intérim du Rdr ne se reconnaît pas dans le message. Mais il estime que le journaliste « en fait trop et exagère », car voulant se rendre célèbre. Pour le chargé de communication d’Amadou Soumahoro, « le Sg a juste appelé le journaliste pour se plaindre » d’un article que le canard a publié dans son édition du lundi. Le communicateur précise que le journal a envoyé une équipe de reportage et a publié un article écrit par Bernard Kra, alors que ce n’est pas lui qui a fait le reportage. Ce qui lui vaut le coup de fil du Sg par intérim du Rdr, c’est qu’il a déformé les faits, alors qu’Amadou Soumahoro aurait traité la question des listes dans la transparence. En tout état de cause, Haïdara pense que cette affaire aurait pu être réglée en famille, le confrère travaillant pour un journal « proche du Rdr ».
Faut-il prendre au sérieux la menace du Sg par intérim du Rdr de faire la guerre à Kra « au couteau » et par «tous les moyens » ? En d’autres termes, le Rdr est-il capable d’agresser un journaliste qui fait son travail et use de la liberté de presse ? On peut répondre hélas par l’affirmative à cette question, tant la liste des agressions et menaces contre les journalises est longue. Notre confrère Eugène M’Ba, de La nouvelle garde un souvenir humiliant de ce qui lui est arrivé avec le parti d’Alassane Ouattara. Lui qui a été battu, traîné dans la boue sous une pluie battante et dont le costume a été mis en lambeaux par quatre gaillards commis à cet effet, le 12 juin dernier, au siège du Rdr à la Rue Lepic. Le confrère a commis l’outrecuidance d’écrire peu avant un article dans lequel il démontrait que le bilan de Ouattara ne prenait pas en compte la cherté de la vie. Ceux qui ont passé quelque temps dans le métier se souviennent que le confrère, Armand Depeyla de Soir Info est passé sous la férule des militants du Rdr. Il a été copieusement maltraité et est sorti meurtri de la Rue Lépic. Ce même jour de l’agression contre le confrère de La nouvelle, d’autres journalistes ont été menacés et ont dû leur salut à leur absence à cet endroit.
Sur la liste des journalistes dans le collimateur du pouvoir se trouvent Marc Dossa de « Nord-Sud » et Assane Niada de « L’Inter ». Concernant les confrères menacés, seront-ils conduits au « cimetière » ? Espérons que non, même si « quand on veut se battre avec un adversaire, on le prévient ». Et même si les Ivoiriens savent ce que cela signifie, que de se « défendre par tous les moyens ».

Armand Bohui bohuiarmand@yahoo.fr

Source: Notre Voie N° 4366 du mercredi 13 mars 2013







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