Pendant que la vie chère appauvrit les Ivoiriens: Ouattara veut encore acheter des armes

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a animé, hier lundi 28 avril 2014 au 20ème étage de l’Immeuble Sciam au Plateau, sa 3ème conférence de presse qui a porté essentiellement sur «les infrastructures, le secteur privé et le bien-être social».

Mercredi 30 Avril 2014 - 06:28


Le régime d’Alassane Ouattara va bientôt s’armer officiellement. C’est ce qu’a révélé le Premier ministre. Interpellé sur le réarmement de la Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan a rejeté cette accusation. «La Côte d’Ivoire officielle ne se réarme pas», s’est-il défendu. Il explique toute- fois que l’Onu est en train d’examiner le dossier concernant une autorisation de réarmement de la Côte d’Ivoire. «Cette procédure a bien marché à tel point que d’ailleurs on va, dès qu’on aura une autorisation, faire une levée importante de l’embargo sur la Côte d’Ivoire», a révélé Duncan. Le Premier ministre a surtout abordé les questions sociales : chômage, cherté de la vie, santé, etc. Alors que le chef de l’Etat a promis un million d’emplois d’ici à 2015, Duncan a indiqué que seulement 222 209 emplois ont été créés dans le secteur moderne (public et privé). Comment peut-on arriver à l’objectif d’un million d’emplois ? «Le mil- lion d’emplois c’est l’ensemble du secteur formel et du secteur informel», affirme le chef du gouvernement. «La cartographie des initiatives sectorielles de création d’emplois fait ressortir aujourd’hui environ un potentiel de création d’environ  1 600 000 emplois
prenant en compte les secteurs moderne et informel pour la période 2013-2015», affirme-t-il. Le Premier ministre d’Alassane Ouattara annonce également la création de plus de 2 mil- lions 400 000 emplois « stables » dans le cadre du Programme national d’investissement agricole (PNIA) d’un mon- tant de 2 040 milliards de francs Cfa sur la période 2012-2016. Là où les Ivoiriens souffrent, le régime est encore et toujours dans les chiffres au point de se perdre lui-même en conjectures. Duncan parle de 2 400 000 emplois dans le cadre du PNIA contre 2 200 000 emplois évoqués vendredi der- nier lors du séminaire gouvernemental ; soit une différence de 200 000. Si le Premier ministre lui-même se perd dans ses chiffres en l’espace de 3 jours, il y a de quoi s’inquiéter.  Il invite les jeunes à l’auto-emploi parce que «nous avons trop de fonctionnaires». Pourtant, en dehors de l’éducation et la santé où Duncan signale des besoins, le régime continue de déverser dans l’administration, parfois sans concours, ses protégés.
Duncan : «Il a y trop d’impôts» En ce qui concerne la lutte contre la cherté de la vie, l’une des mesures
annoncées par Duncan est le renforce- ment de la lutte contre le racket et les tracasseries routières. Il reconnait la forte pression fiscale exercée pourtant sur les entreprises. «L’impôt pèse sur le secteur formel, c’est exact», admet-t- il. «Trop d’impôt tue l’impôt. Il faut avoir des taux de fiscalité qui soient compétitifs», a-t-il ajouté. Le Premier ministre a noté qu’il y a eu des dysfonctionnements au CHU qui ont causé la mort de Awa Fadiga, s’inscrivant en porte-à-faux avec la version de la ministre de la Santé, Raymonde Coffie- Goudou, qui soutenait que les agents ont convenablement fait leur travail. «C’est un drame qui montre qu’il y a des dysfonctionnements qui existent ; des dysfonctionnements à la fois au niveau du personnel accueillant mais, de ce qui m’a été indiqué, le scanner du Chu est tombé en panne quelques jours avant. Voilà ce qui a emmené donc ce drame», soutient-il. Le conférencier a en outre tenté de justifier la flambée inédite des marchés publics gré à gré sous Alassane Ouattara. Selon lui, le pays sortait de crise. Il faillait donc une méthode «efficace qui permet donc d’aller de l’avant». «Des marché publics ont été donc menées à gré à gré», admet-il. Alors que la politique de gratuité puis ciblée des soins a visiblement échoué, Duncan annonce le «démarrage effectif à compter du 1er janvier 2015» de la Couverture maladie universelle (CMU) de Ouattara. La phase pilote, précise-t- il, débutera avec seulement 5 «groupes prioritaires» : salariés du secteur privé, fonctionnaires, agents de l’État et retraités du secteur public, producteurs des filières hévéa et producteurs de palmier à huile. « La mise en œuvre de ce grand projet social, s’appuiera sur un système sanitaire, disposant d’infra- structures, de plateaux techniques et de ressources humaines de qualité».


Par Anderson Diédri

Source: Le nouveau Courrier N° 1018 Du Mardi 29  Avril 2014




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