Passe-passe autour de la liberté provisoire des Pro-Gbagbo: La Lidho dénonce une caporalisation de l'appareil judiciaire

Mardi 7 Janvier 2014 - 05:58


Simone Gbagbo, toujours detenue dans les geôles du régime Ouattara
Simone Gbagbo, toujours detenue dans les geôles du régime Ouattara
Le fait de dire je donne instruction au garde des Sceaux est un problème parce qu’il y a séparation de pouvoir entre l’exécutif et le judiciaire. C’est vrai que le Président est le chef suprême de la magistrature, mais nous avons toujours souhaité que la justice soit  indé- pendante et traiter le dossier de façon indépendante. Par contre, s’il avait plutôt fait une grâce présidentielle, cela allait plus dans le sens de la réconciliation et de la paix. Sur la liberté provisoire, c’est vrai que les gens retrouvent la liberté, mais il faut  que la justice accélère ces dossiers  pour qu’on puise en finir. Pour que l’épée de Damoclès qui pèse sur ces gens, s’ils sont reconnus coupables, qu’on les juge, dans le cas contraire, qu’on les libère totalement pour qu’il puisse jouir de leurs  droits politiques et civiques». C’est en ces termes, qu’Adjoumani Kouamé Christophe, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho), a réagi le vendredi 3 décembre 2013, au discours de Ouattara au soir du 31 décembre 2013. Une  intervention télévisée au terme de laquelle il semble resté, à l’instar de nombreux Ivoiriens,  sur  sa faim, quant au vœu  de voir cette dernière sortie de fin d’année  aboutir à des actes forts de la part du pouvoir  en faveur de la décrispation. En dehors de cette chance dilapidée qui aurait pu profiter au régime, le président de la Lidho  n’a pas manqué de s’offusquer de cette attitude du pouvoir qui a tendance à  dicter les actes de justice à rendre. Même si, poursuit-il,  il est possible que le Président puisse donner instruction à  un ministre pour un dossier judiciaire puisque nous sommes dans un régime présidentiel. «Mais pour nous militants des droits de l’Homme, lorsqu’il qu’il y a immixtion de l’exécutif, on le ressent comme si la justice n’est pas indépendante. Puisque ces dossiers sont en instruction depuis longtemps. Les juges auraient pu statuer et ordonner, car les avocats de ces détenus avaient demandé la liberté provisoire. Je ne vois pas en quoi il faut attendre, pendant combien de temps,  la fin de l’année pour décider comme si c’était  un cadeau de Noël ou un cadeau de nouvel an», a-t- il déploré.  

Marcel Dezogno

Source: LG Infos N°628 DU LUNDI 6 JANVIER 2014




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