Pascal Affi N’Guessan peut-il encore diriger ke FPI, sans la caution de Laurent Gbagbo ? Par Ben ZAHOUI-DEGBOU.

Jeudi 8 Janvier 2015 - 23:55


Pascal Affi N’Guessan  peut-il encore diriger ke FPI, sans la caution de   Laurent Gbagbo ? Par Ben ZAHOUI-DEGBOU.

Le président actuel du Front Populaire Ivoirien (FPI) a fait reporter, contre toute attente, le congrès de ce parti, par la justice Ivoirienne, faut-il encore le rappeler, aux ordres de Alassane Dramane Ouattara. Par cette même démarche, auprès de la justice des vainqueurs, il a également fait invalider la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du parti qu’il a créé, il y a maintenant trente (30) ans. La raison qu’avance Pascal Affi N’Guessan pour expliquer son attitude impertinente est que, ceux qui soutiennent la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence du FPI, utilisent le nom de ce dernier pour l’écarter de la direction du parti à la rose. Ils auraient même falsifié des documents et imité sa signature pour poser sa candidature à la présidence du parti à la rose.

Malgré l’assurance donnée par ses avocats, son conseiller spécial, son porte-parole, son directeur de campagne, le Docteur Assoa Adou qui vient d’être kidnappé par la police politique de Ouattara et bien d’autres personnes qui ont accès à la Haye, Pascal Affi N’Guess an n’est pas sûr que le célèbre prisonnier ait donné son accord pour reprendre en main son propre parti. La raison qu’il avance cache mal sa mauvaise foi et sa posture d’ingrat notoire. Honnêtement, entre nous, Affi N’Guessan a les moyens de joindre à tout moment Laurent Gbagbo à la Haye, pour recueillir son avis sur sa candidature et des sujets qui concernent la vie du FPI. Pourquoi ne le fait-il pas ? Il ne le fait pas, parce qu’il a depuis longtemps son agenda secret. Il ne le fait pas parce qu’il a été aussi tout simplement acheté par Ouattara et ses soutiens de la communauté internationale. Tout le monde sait que, cette dernière a toujours utilisé en Afrique, une veille technique bien connue « diviser pour régner », avec pour fondation, la corruption et l’achat de conscience.

« A l’intérieur de l’Etat comme dans les relations internationales se déroule une lutte incessante pour le pouvoir et tous les moyens qui paraissent efficaces sont quotidiennement utilisés, quelle qu’en soit l’immoralité : argent, mensonges, calomnies, diffamation, trahison, intimidations, assassinats », René Coste, (Evangile et politique, Paris, Aubier, 1968, p. 93). Combien de billets de dollars et d’euros le « président du FPI » a-t-il reçu pour engager un bras de fer avec l’homme qui l’a « construit » ? Pascal Affi N’Guessan est-il devenu sourd et aveugle pour poser des actes incompréhensibles, voir même insensés ? Pourquoi se débat-il actuellement comme un beau diable, sous le regard sournoisement complice, de certains membres de la direction du FPI ? Est-ce le souci majeur de retrouver ses comptes bancaires bien fournis, l’appât du gain facile et la soif du pouvoir qui ont mis le natif de Bongouanou, dans une position irréversible de défiance, à l’intelligence des membres du parti qu’il prétend encore diriger.

Les méthodes qu’il emploie en ce moment pour caporaliser le FPI et le mettre au service du régime de Ouattara, outrepassent largement les limites de l’éthique et de la morale et on croit rêver. Beaucoup de billets de banque et de promesses de hauts postes au sommet de l’Etat sont certainement passés par là. Et ce n’est pas très étonnant quand on fait une incursion dans le temps, pour revoir, avec un peu de recul, le film des négociations de Linas-Marcoussis qui ont eu lieu entre le 15 et le 26 janvier 2003. On se rappelle que l’actuel « président du FPI » avait eu un comportement « bizarre » au cours de ces négociations.

Dans notre pays, le binôme « argent et pouvoir » a toujours joué un rôle déterminant sur la scène politique, dans les actes de corruption et d’achat de conscience. La force corruptrice et le caractère fétiche de l’argent qui aliène et neutralise l’homme politique corrompu est un fait bien connu sur les bords de la lagune Ebrié. Et les exemples sont nombreux. Le comportement de Pascal Affi N’Guessan qui a porté plainte contre les structures de son parti, et qui a fait invalider la candidature de Laurent Gbagbo à la présidence de même parti, en est une belle illustration. Normalement, il devait soutenir cette candidature et puis, par la suite assurer l’intérim du célèbre prisonnier de la Haye. Malheureusement, notre Ingénieur Télécom n’a rien compris. Il a choisi d’écourter sa carrière politique en voulant affronter Laurent Gbagbo. C’est un choix suicidaire qui lui coûtera naturellement très cher connaissant un peu l’esprit combatif et la formation idéologique des militants de base du FPI et leur attachement à leur leader historique.

Avec ses actes qui dépassent les bornes de la normalité, « le président du FPI », se mets à dos chaque jour que Dieu fait, un nombre de plus en plus croissant des membres de la direction et des militants de base de son parti. Dans la situation actuelle, comment peut-il encore prétendre diriger le Front Populaire Ivoirien, sans la caution morale de Laurent Gbagbo qu’il traine dans la boue. Il y a un paradoxe flagrant entre ce qu’il dit et ce qu’il fait. Comment peut-on vouloir réunifier le FPI autour du nom de Laurent Gbagbo et s’attaquer en même temps au symbole qu’il représente dans ce parti ? On peut dire sans risque de se tromper que Pascal Affi N’Guessan a tout simplement « perdu la tramontane ». (Pour information, dans le sud de la France, la tramontane est un vent qui vient du nord et dans cette expression, il est confondu à son lieu d’origine).

Le FPI est un grand parti politique qui a une vieille tradition dans la gestion des contradictions et des conflits internes. Et ce n’est pas la première fois que Laurent Gbagbo est injustement en prison. Aujourd’hui, il est hors du pays. Le FPI a souvent eu des présidents intérimaires. Pendant deux ans, le professeur Miaka Ouréto a assuré l’intérim de Pascal Affi N’Guessan lui-même qui était en prison à Bouna. Sur la forme, le fait d’être en prison ne peut pas être un motif d’exclusion. Le FPI est une association privée. Une décision de justice ne peut donc invalider la candidature du « Woody de Mama » à la présidence du FPI. Elle ne saurait remettre en cause l’aspiration légitime des militants de base qui le veulent à la tête de leur parti dont l’organe suprême reste le congrès. Il faut donc organiser ce congrès. Mais en attendant, les statuts et règlement intérieur du Front Populaire Ivoirien, permettent d’éloigner rapidement et définitivement de la direction du FPI, Pascal Affi N’Guessan dont les actes puent la haute trahison et la cupidité.

Il faut nécessairement fermer « cette parenthèse honteuse » qu’il a ouverte dans un deal avec Ouattara et se pencher sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. Dieu est en train d’opérer un toilettage en règle, heureux sur la scène politique ivoirienne. Toutes les feuilles mortes vont tomber une à une, de l’Iroko. C’est un phénomène naturel. Il faut savoir être patient. La Côte d’Ivoire de demain sera dirigée par des personnes vertueuses. Heureusement qu’il y en a encore suffisamment au PDCI-RDA, au FPI et même au RDR.

BEN ZAHOUI-DEGBOU 
Géographe, Journaliste Spécialiste de Géopolitique et de 
Médiation Institutionnelle. Ancien Directeur de TV2 / RTI

 





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