Participation du FPI aux élections de 2015: La grande peur de Ouattara

Conscient des conditions dans lesquelles il est parvenu au pouvoir ainsi que de la grogne de la majorité des Ivoiriens contre sa gouvernance chaotique, le chef de l’Etat tente de se donner de la contenance à l’approche des futures élections. Ses déclarations trahissent pourtant son manque de sérénité face à une candidature du Front populaire ivoirien.

Samedi 7 Décembre 2013 - 04:38


Image d'archives: Une rassemblement de campagne présidentielle du FPI
Image d'archives: Une rassemblement de campagne présidentielle du FPI
La propagande politique et les opérations de communication du camp Ouattara sont en général facilement déchiffrables et démontables. Ouattara, comme à son habitude, a multiplié les bourdes et les voltefaces qui le discréditent sur son intention publiquement affichée d’ouvrir le jeu démocratique et de favoriser des élections ouvertes à l’avenir. «Vous savez que les partis politiques ne sont pas obligés de participer aux élections en Côte d’Ivoire», a-t-il déclaré hier jeudi 5 décembre à Paris au micro de RFI. Ses propos témoignent de son mépris souverain pour l’opposition et de sa volonté d’être en roue libre sans l’opposition significative comme le FPI puisqu’il se réjouit déjà de l’éventualité d’une candidature unique en du RHDP en sa faveur. Avant de se rendre compte de sa grosse bourde et de se rétracter aussitôt. «Je souhaite que le FPI participe aux  pro - chaines élections, c’est dans leur intérêt. Ils n’ont pas participé aux élections législatives, ils n’ont pas participé aux élections locales, s’ils ne participent pas aux élections présidentielles je doute fort qu’il resterait grand-chose dans ce parti», a rapidement recadré le chef de l’Etat. Alassane Ouattara soutient aujourd’hui que le parti de Gbagbo n’a pas pris part aux élections passées. Il disait pourtant le contraire il y a seulement sept mois parlant les élections municipales et régionales. « Le FPI a bel et bien participé aux élections locales du 21 avril [2013]», a-t-il assuré début mai 2013 lors de sa visite d'État de trois jours dans la région du Tonpki, dans l’ouest. Il se rétracte malencontreusement et confesse ce qui était su de tous. Sauf Ouattara et son camp qui, pour des questions de propagande et de marketing politique, prétendaient le contraire.  

Ouattara panique attaque les experts de l’Onu

S’insurgeant contre le rapport des experts de l’Onu qui dénoncent la criminalisation de son régime au sommet de l’Etat, Alassane Ouattara s’insurge : « c’est abject, c’est irresponsable, c’est mensonger ».  Avant d’ajouter : « je condamne de tels propos. Nous avons saisi Ban Ki Moon. Nous considérons que de tels propos discréditent l’ONU, en tout cas ce comité de sanction ». Etonnant venant du président du RDR. Décidément, face à l’étau qui se resserre autour de lui, Ouattara panique et s’en prend vertement à une institution qui a fait partie, depuis qu’il était dans l’opposition, de ses soutiens les plus inconditionnels dans son aventure politique. Visiblement esseulé, il les brocarde aujourd’hui à souhait. Pourtant, Ouattara s’est servi de ces institutions et Ong internationales qu’il discrédite aujourd’hui comme instrument pour arriver à ses fins. Mais il doit comprendre une chose : c’est parce que sa gouvernance laisse à désirer que ses parrains et partenaires le lâchent sans remords aujourd’hui.  

Etats généraux : les amalgames dangereux de Ouattara

 Il ne manque pas dans son interview de faire de dangereux amalgames. Pour encore réfuter les états généraux de la république, Ouattara soutient qu’il y a déjà eu « plusieurs rencontres » pour la réconciliation nationale et « que je ne me souviens pas des différents termes, et ça n’a rien donné ». D’abord, la seule rencontre pour la réconciliation a été le forum de réconciliation nationale de 2001 organisé par Gbagbo. Les autres cadres de discussions (Accra, Pretoria, Marcoussis, Ouaga, etc.) ont été imposés par la communauté internationale, qui soutenait alors très aveuglement Ouattara, pour la sortie de crise à travers des compromis et compromissions parfois perni- cieuses, mais tout de même acceptés par Gbagbo pour aller à la paix. Nuance donc.  
Par Anderson Diédri
Source: Le Nouveau Courrier N° 944 Du Vendredi 06 Décembre 2013





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