Panique au sommet de l’Etat: Le commandant Konan Boniface convoqué

Vendredi 27 Décembre 2013 - 08:09


Image d'archives: Le commandant Konan Boniface , à son retour d'exil
Image d'archives: Le commandant Konan Boniface , à son retour d'exil
Une peur panique s’est emparée  du sommet de l’Etat, au point que  le commandant Konan et plusieurs autres  officiers de l’armée soient interpellés par le régime. Ce n’est plus la grande sérénité dans la cour  de Ouattara. Depuis quelques jours, surtout à l’approche des fêtes de fin d’année, une grande peur panique s’est emparée du régime qui fuyant ses propres ombres,   ne voient que des «faiseurs de coup d’Etat partout » . Même parmi des officiers de  l’armée qu’elle a  pourtant désarmés.  Tout est en effet parti dans la journée du  mardi 24 décembre 2013,  en pleine préparation de la fête de noël. C’est ce jour  que le commandant Boniface Konan, anciennement patron de la Marine nationale a été  convoqué par le général Vaguondo  Dio- mandé,  le chef d’Etat-major particulier de Ouattara. Qu’est-ce que le régime lui reproche ? Tou- jours les mêmes  chefs accusations « d’atteinte à la sûreté de l’Etat » que Doudou Diène, l’expert indépendant des questions des droits de l’Homme  à l’Onu qualifie de « thèmes génériques ». Le régime lui reproche en fait, certains de  ses rapports, des fréquentations et des coups de fil. En réalité, le commandant Boniface Konan est tellement craint par le régime qu’il est épié par les hommes du pouvoir dans  tous ses déplacements. Au point que ses appels téléphoniques soient régu- lièrement  mis sur écoute. Ainsi va la Côte d’Ivoire sous Ouattara avec sa grande peur des Ivoiriens. Et il  n’y a pas que le commandant Konan qui a été interpellé. Plu- sieurs autres officiers qui lui sont proches ont été pour leur part mis aux arrêts. Le véritable crime de ces hommes est le fait d’avoir tra- vaillé, ou bien d’entretenir de très bons rapports avec ce grand offi- cier supérieur de l’armée ivoi- rienne. Par exemple au niveau du Gatl, Loué Félix a été mis aux ar- rêts. Il croupit depuis lors dans les geôles du régime. Du côté du Bscs, N’Guessan Affro a été aussi arrêté. A la Basa, c’est le nommé De Nicodème Koffi que le régime a  fait  arrêter. Dans cette vague d’arrestations collectives, la Marine nationale qui a été dirigée par Konan Boniface  ne pouvait être ignorée. Koné Tiégbé  qui appar- tient à ce corps a donc  été   à son tour mis aux arrêts. Son seul dé- faut est d’avoir travaillé sous les ordres de Konan.  Bien évidemment, cette vague d’interpellations  provoque des  accès de colère au niveau de l’armée.  Plu- sieurs jeunes officiers ne man- quent pas de marquer une profonde indignation  à ce qu’ils qualifient de sabotage du proces- sus de réconciliation nationale. « Est - ce que c’est de cette manière qu’on va obtenir le retour de nos frères d’armes  qui sont en exil. On leur demande de rentrer, alors qu’on ne fait que traquer nous qui sommes restés sur place ici. J’avoue que je n’arrive pas à comprendre la démarche du pouvoir » , se plaint alors un jeune officier de l’armée. Comme on le voit, le ré- gime dit une chose et fait son contraire. Il procède à des arrestations massives au niveau de l’armée, alors qu’il demande aux militaires exilés de rentrer en Côte d’Ivoire. Le commandant Konan qu’il a convoqué était d’ail- leurs en exil au Ghana. Il fait partie des premiers officiers en exil qui ont regagné Abidjan.  Il n’y a pas longtemps que Ouattara  lui- même demandait presque pardon aux  militaires exilés de rentrer en Côte d’Ivoire. Cela,  après leur avoir lancé un ultimatum qui est resté sans effet. Même après les militaires, Ouattara demande aussi aux exilés politiques de rentrer en Côte d’Ivoire. Le régime s’est même  proposé de leur offrir des garanties  de sécurité. Pure piège attrape-nigaud, quand  on voit  les agissements du régime qui continue de traquer tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Depuis le 11 avril 2011,  le simple fait d’être un opposant est considéré comme un grand délit sévèrement puni ou réprimé  en Côte d’Ivoire. Pas par les lois ivoiriennes. Mais par les hommes du régime. Surtout parmi les nombreux commandants Frci qui vivent pleinement la mode des tortures des pro-Gbagbo. Au sein de cette armée, avoir son camp de torture est un simple  phénomène de mode. Ils vivent pleinement le business des rançons à la manière de la mafia Drenguetta qui fait rage en Italie. Une simple dénonciation et un pro-Gbagbo est directement accusé de tous les maux, avant d’être  mis aux ar- rêts.  Il sera par la suite libéré après avoir payé une forte rançon. Et cela, loin des regards de la Justice. La Justice reste d’ailleurs im- puissante devant la toute puissance des Comzones, qui se sont offert des droits de vie ou de mort sur les Ivoiriens. Plusieurs dizaines d’Ivoiriens en ont fait les frais. Comme le décrivent d’ail- leurs les différents rapports des organisations de défense des droits de l’Homme. 

Guehi Brence

L e Te m p s  N ° 3 0 8 3  du jeudi 26 d é c e m b r e  2 01 3




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