PDCI-RDR: l'inévitable fracture !

Mercredi 24 Avril 2013 - 06:56


Alassane Ouattaran, président du RDR, et Henri Konan Bédié, président du PDCI
Alassane Ouattaran, président du RDR, et Henri Konan Bédié, président du PDCI
Les élections municipales et régionales ont permis de se rendre davantage compte que l’alliance entre le Pdci et le Rdr tient sur des feuilles de pailles. Secouée par les nominations quasi-orientées vers les cadres du RDR, éprouvée par divers couacs. Notamment, les violences aux législatives de 2011, la dissolution brusque et unilatérale du gouvernement en octobre dernier, et la gestion par ordonnances décriée sous cape par de nombreux parlementaires, l’alliance entre le Rdr et le Pdci, vient de prendre un sérieux coup à l’issue des élections locales. Est-ce le début de la fin d’une alliance de dupes ? Le président du Pdci, Henri Konan Bédié rechigne à parler de «succession» à la tête du Pdci de son vivant. Il lui est quasi impossible de passer la main, en ce moment, malgré le poids de l’âge. Tenir la présidence du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, lui donne encore l’illusion d’être un homme très fort et puissant. Et pourtant, les choses lui échap - pent progressivement, face un allié, le Rdr, de plus en plus égoïste. Qui tente de faire apparaitre le Pdci, non pas comme un véritable allié, mais  comme un «suiveur» dans la peau d’un allié. Ces élections locales ont permis au parti fondé par Félix Houphouët-Boigny de savoir, sinon de se rendre – enfin – à l’évidence qu’en réalité, le Rdr vise à le rétrécir sur le terrain. Et se positionner comme un parti-Etat qui ne saurait encore compter sur ses «alliés-suiveurs» pour maintenir son «hégémonie», marquée par une gestion qui se confond avec un régime dictatorial. D’après les premières tendances qui se dégagent des résultats, le Pdci s’est refait un moral de fer sur le terrain, suivi par le contingent des indépendants. Le  Rdr, même s’il se refuse à reconnaitre son léger recul, a accusé le coup. Avec notamment les défaites en cascade enregistrées dans plusieurs localités en zone ex-CNO. Le secrétaire général par intérim du RDR, Amadou Soumahoro, serait en passe de mordre la poussière dans son fief de Séguéla, face à un candidat indépendant. Même si on se force à dire que ces élections municipales et régionales sont des élections de développement, elles ont néanmoins permis de jauger les différents états-majors politiques à quelques deux ans de 2015. Le Pdci, s’il veut progresser et redorer son blason, devra donc tirer profit de son positionnement et oser aborder franchement le débat de son probable candidat lors des prochaines élections présidentielles, si elles se tiennent effectivement en 2015. La preuve, l’appel du Fpi à un rassemblement pour la Patrie n’a nullement été rejeté du revers de la main par le parti sexagénaire. Tout est envisageable et possible en politique. Surtout qu’en ce moment le Pdci semble être la grosse victime de cette alliance de dupes entre lui et le Rdr. Le parti de Bédié a aussi été victime des violences et autres cas de fraude enregistrés lors des élections couplées du 21 avril 2013. Va-t-il continuer à encaisser des coups sans jamais réagir ? Pas si sûr. Si le Pdci veut espérer revenir un jour aux affaires en Côte d’Ivoire, il lui appartient de cesser d’être la calèche du RDR et d’envisager d’autres alternatives. Le Pdci a su profiter des voix de personnes se réclamant tout de même de l’ex-majorité présidentielle lors de ce scrutin. Et à la longue, un rapprochement entre le Pdci et le Fpi n’est pas à écarter dans le jeu des alliances.  

Gérard Koné

Le Nouveau Courrier N°782 du Mardi 23 Avril 2013




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