Ouverture d'un nouveau front en Côte d'Ivoire

Mardi 20 Novembre 2012 - 05:00


Ouverture d'un nouveau front en Côte d'Ivoire
Les armes se taisent en Côte d'Ivoire. Le conflit se déplace dans le domaine syndical. Les enseignants se mobilisent.
 
 
Cela fait quelques jours que l’on n’entend plus les armes tonner contre nos forces de l’ordre. Les assaillants auraient-ils décidé d’arrêter d’agresser notre pays ? Ou les mesures prises par nos autorités auraient-elles réussi à les dissuader? Touchons du bois. Ce serait vraiment trop beau que la
Côte d’Ivoire retrouve soudainement sa sérénité, et pour toujours.
À la vérité, nous sommes de ceux qui croient, comme l’ancien ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, qui participait, il y a quelques jours, à la table ronde que nous avions organisée sur les crises qui minent son pays, que tout cela fait partie d’un complot savamment orchestré dans l’unique but d’empêcher le Président Ouattara d’atteindre son objectif de faire émerger notre pays dans quelques années. Les résultats obtenus, depuis le temps qu’il a entre les mains les rênes du pays, montrent bien que cette ambition est loin d’être une utopie. Ce qui ne saurait faire plaisir à ceux d’en face que l’on peut aisément identifier.
Selon les informations en notre possession, ils ont simplement décidé de changer de tactique, ou plutôt d’ajouter un autre type d’action à celles déjà menées : le blocage de l’école en attendant de lancer leur grande offensive au début du mois de décembre. En clair, ouvrir un autre front pour faire diversion. Nos sources au Liberia nous disaient que les attaques sporadiques avaient pour objectif de créer une psychose, tout en désarçonnant les forces de sécurité qui ne sauraient plus où donner de la tête. La grande offensive devait avoir lieu à la fin de la saison des pluies. Celle-ci est proche. Ce n’est donc pas un hasard si des enseignants ont décidé de se mettre en grève à partir du 19 novembre.
Ces derniers exigent de l’état le paiement des reliquats liés au profil de carrière, aux indemnités de logement et des rappels de salaire pour des instituteurs titulaires du Certificat d’aptitude pédagogique (Cap). Cette menace de grève arrive curieusement au moment où l’université vient d’ouvrir ses portes sous les applaudissements du monde entier, au moment où de nombreux chantiers sont en cours de réalisation et où des attaques ont lieu contre le pays.

L’école meilleur moyen de déstabiliser un pouvoir

De tout temps, et partout dans le monde, l’école a été le meilleur moyen de déstabiliser un pouvoir. On se souvient de mai 68 qui, en France, faillit emporter le général de Gaulle. Du temps où le Fpi (Front populaire ivoirien) menait le combat contre les régimes d’Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993) et d’Henri Konan Bédié, l’école fut son arme de prédilection. C’est d’ailleurs pour bien la contrôler que la Fesci fut créée par les partis d’opposition d’alors. Et l’on ne passa pas un seul mois sans que l’école entre en crise.
Lorsque Laurent Gbagbo accéda au pouvoir, il comprit si bien la chose qu’il garda la Fesci sous son contrôle, lui laissant toute la latitude pour semer la terreur à l’école. La Fesci qui comprenant très bien sa mission ne permit à aucune autre organisation estudiantine de voir le jour. Elle n’hésitait pas à assassiner quiconque se hasardait à vouloir créer un autre syndicat capable de la concurrencer.
Gbagbo était très bien placé pour savoir que c’est par l’école que son pouvoir pouvait être déstabilisé, lui qui l’avait utilisée pour déstabiliser Houphouët-Boigny, Bédié et Guéï. Il est facile de surprendre un pouvoir occupé à gérer des grèves, à chercher à éteindre des feux sur le front social.
Parmi ceux qui tentent, en ce moment, de déstabiliser la Côte d’Ivoire depuis des pays voisins, se trouvent d’anciens leaders syndicalistes bien connus des mondes estudiantin et enseignant, compagnons de Laurent Gbagbo et de son parti, qui ont encore des relais dans le pays. La tactique serait d’embraser le front social, en attendant d’y mettre le vrai feu. Que les vrais syndicalistes et enseignants qui pourraient croire en la légitimité de cette action veillent à ne pas se laisser entraîner dans une action dont les ficelles sont tirées par des forces pour lesquels les préoccupations des enseignants sont le cadet de leurs soucis.

Venance Konan

Source: www.slateafrique
 
 




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