Ouraga Obou – constitution ivoirienne  : De l’intègre sentinelle

Samedi 9 Juillet 2016 - 10:56


Professeur Ouraga Obou
Professeur Ouraga Obou
Il est difficile de juger un homme ; la multiplicité des facettes qui configurent son être rendent pratiquement impossible un tel dessein. On ne peut intégralement connaître un quelconque existant. Ce sont là des évidences qui ne méritent même pas d’être rappelées. Mais si nous nous essayons à ce délicat exercice, c’est pour continuer le débat enclenché par Bamba Massany. Dans un article récent, elle n’accepte pas le fait que Ouraga Obou trône parmi les experts choisis par Ouattara pour plancher sur la constitution. Le fait que l’émérite professeur ait accepté cette tâche ingrate le disqualifierait et porterait atteinte à sa crédibilité. La posture de Massany est légitime puisqu’elle exprime la déception que peut éprouver tout ivoirien lambda éloigné des intrigues du FPI. Si Massany exprime une position neutre et immédiate, c’est-à-dire à l’abri de tout calcul interne, ce qu’elle dit est recevable. Mais si elle est informée de ce qui se trame depuis longtemps dans le parti de Gbagbo contre Ouraga Obou, alors, elle devient suspecte. Si nous écrivons, c’est pour rappeler à tous que Ouaraga Obou reste pour nous un digne fils du pays qui mérite respect. En effet, pour avoir dans la moitié des années 90 fréquenté cet homme, nous sommes en mesure de dévoiler un pan des actes  de ce digne fils de la Côte d’Ivoire. Ouraga Obou était au moment où nous le fréquentions, le fédéral FPI de Gagnoa. Il a démissionné de ce poste parce que déjà le parti de Gbagbo positionnait, pour les élections locales dans cette fédération, des hommes à ses yeux moralement peu crédibles. Je fus de ceux qui eurent la primeur de cette information. Je rencontrai la première fois ce professeur en France alors qu’il y était en mission de mobilisation politique. Je n’étais qu’un étudiant en milieu de parcours universitaire qui s’était engagé politiquement après l’arrestation arbitraire de Gbagbo et nombreux militants, suite à la fameuse marche. Mes deux grands frères faisaient partie de la cohorte des pensionnaires de la MACA. Cette année-là, j’organisai avec l’aide d’étudiants de gauche de mon université, la première conférence en France pour exiger la libération des camarades incarcérés. Ma rencontre avec le Pr Ouraga fait suite à cet engagement pour la démocratie. Dans ces années de lutte pour l’émancipation politico-économique de notre pays, parmi les hommes les plus respectés par la diaspora ivoirienne de gauche, figuraient en haut de liste le camarade Ouraga Obou et Don Mello. Ces deux hommes représentaient les sentinelles de l’idéologie interne qui méritaient respect. Suite au congrès avant les élections de 1995, comme Don Mello à qui fut opposé Mémel Foté pour la direction du comité de contrôle, et qui en toute élégance refusa d’affronter le monument, rien ne fut facile pour les tenants de l’aile pure du FPI. Don Mello, après plusieurs coups du célèbre détenu de la Haye, quitta brusquement le parti pour créer la Renaissance. Ce départ nous attrista, et nous fumes heureux de son retour au FPI. Ouraga Obou subit sur d’autres plans les mêmes outrances et agressions internes. Un adversaire, en l’occurrence Yao N’dré fut monté de toutes pièces pour le mettre sous l’éteignoir. Ce dernier joua en toute arrogance cette partition. Ouaraga Obou était peu consulté contrairement à Yao N’dré qui apparaissait comme le répondeur automatique du parti chargé entre autres d’étouffer sa voix. Cet affrontement inutile nous peinait. Yao N’dré dont l’efficacité intellectuelle n’est pas en cause, profita outrageusement de ce combat fratricide. La suite est connue de tous. La promotion mâtinée d’immoralité produit des acteurs ou actes immoraux. Nous avons abandonné la morale pour faire place nette à la délinquance explicite. La gauche ivoirienne en paye actuellement le prix fort. Au FPI, la montée en puissance de la racaille a éloigné les piliers les plus consistants de l’édifice. Ouraga Obou était un solide pilier que nous avons esseulé au profit des poutres poreuses. Cet homme, malgré les coups reçus, n’a jamais quitté le FPI. Il fait partie de ceux que Gbagbo respecte malgré certaines divergences. Laisser-le travailler ; il n’a semble-t-il pas l’âme d’un traitre. Il est pour nous la sentinelle morale au cœur du dispositif de la constitution d’Alassane Ouattara. Que Massany lui fasse confiance ; cet homme sait dire non quand l’essentiel ou le fondamental est en jeu.


Dr Oyissé, Suisse
 




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