Ouest de la Côte d'Ivoire: Ces gros intérêts qui alimentent la crise

S'il est vrai que les causes profondes des attaques récurrentes à l'Ouest sont pour la plupart liées aux conflits fonciers, l'on apprend par ailleurs que cette situation d'insécurité est soutenue par un commerce, tout aussi illicite que cinique, qui alimente la crise.

Samedi 23 Mars 2013 - 08:18


Ouest de la Côte d'Ivoire: Ces gros intérêts qui alimentent la crise
A la faveur de la guerre post-électorale en effet, des réseaux mafieux de ventes systématiques de forêts, soit à des producteurs de café et de cacao, soit à des exploitants de bois, sévissent dans cette zone. Entretenu par des personnalités tapies dans l'ombre, selon nos sources, ce business juteux échappe au contrôle de l'Etat. Il prospère notamment dans la région du Cavally, apprend on, où de vastes étendues de forêts sont encore disponibles, et met en jeu de gros intérêts. « Pour la vente des forêts ici à l'Ouest, ce sont les populations allogènes, principalement les Burkinabé, qui sont les plus gros acheteurs », a indiqué un habitant de Bloléquin, joint récemment.

Il a ajouté qu'une fois installés, ces nouveaux acquéreurs s'organisent comme ils peuvent pour ne plus perdre leurs biens acquis. Et l'une des stratégies consisterait à louer les services d'hommes en armes, qui pillulent dans la région, afin d'assurer la sécurité. « Dans la forêt de SIO et du Goin-de-bé  dans le département de Bloléquin par exemple, des individus habillés en tenues militaires, et qui seraient des supplétifs des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire), vendent la forêt à des Burkinabé, en complicité avec des jeunes autochtones des villages environnants. Ils proposent ensuite leur service pour assurer la sécurité des nouveaux occupants. Ceux-ci sont tenus de verser la somme de 50000 fcfa comme frais de sécurité par an », explique notre informateur.

Dévoilant ainsi un autre business qui vient se greffer à la vente des forêts et qui suscite des conflits. « C'est un fait qui est bien connu des autorités de la région », a-t-il insisté. Notant que ce business dans lequel « tout le monde mange » fait dire à certaines personnes dans la région que « Bloléquin est la mine d'or de l'Ouest ». Les autorités compétentes devraient ouvrir l’œil sur ce commerce qui prend corps dans cette partie de la Côte d'Ivoire, notamment dans les forêts classées, et qui fait craindre une déflagration de la situation sécuritaire.

 

Hamadou ZIAO

Source: L'Inter du samedi 23 mars 2013





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