Ouattra est-il capable de rendre le pays gouvernable: Brave Tchê I bêh Sé Ko lâa?

Mercredi 13 Juin 2012 - 08:15


Ouattra est-il capable de rendre le pays gouvernable: Brave Tchê I bêh Sé Ko lâa?
La belle République d’Eburnie est dans la tourmente bien qu’elle ait à sa tête un Brave tchê. De lui, ses partisans disent qu’il est puissant, qu’il trouve solutions aux situations les plus difficiles. C’est pourquoi, dès sa prise de fonction, une de ses artistes a affirmé : « i bêh sé ko lâa ». En d’autres termes, tu es un homme capable. Quant elle faisait cette affirmation, elle pensait à deux choses : la première est que son brave a, pendant plus de dix ans, rendu le pays ingouvernable. La seconde est que son « homme capable » a offert « celui qui se lève toujours avant le soleil » à la CPI. Cette combinaison fait donc de son Brave tchê, un homme EX CEP TION NEL. Et pourtant !
L’ouest de la République d’Eburnie est devenu, depuis le maniement de la violence par le Brave Tchê et ses hommes, une zone martyre. L’insécurité qui y règne se porte aussi bien que l’incompétence des petits dictateurs aux affaires éburnéennes. Lorsque vous vous y rendez, vous êtes surpris de voir que les nouveaux propriétaires sont des partisans du brave tchê, tous venus de la Haute du Volta. Cette partie du territoire national, est devenue ingouvernable et le brave tchê le sait. Ses nuits sont saccadées par cette affaire. Le brave dont on dit qu’il est capable n’arrive pas à sécuriser la zone, il tourne, saute, fait de la diversion, s’arrache les cheveux, accuse, accuse et accuse. Miliciens par ci, mercenaires par là !!! Il oublie du coup qu’il est un homme capable, il peut donc tout faire sauf sécuriser la zone que ses reîtres, ricanant sataniquement, ont déglingué. Les hommes du sud coréen à la démarche partisane n’arrivent pas à donner à ce brave un début de sourire. Ils voient tous du feu. Pourtant on dit qu’il est un brave, un homme capable. Ce que je vois contraste tellement avec les rêves de ses partisans que je ne cesse de m’interroger : « Brave tchê i bêh sé ko laa? »
Pour la première fois, dans cette belle et gentille République d’Eburnie, des policiers ont organisé une marche de protestation. S’il vous plait je ne dis pas les bidasses tribaux, je dis bien les policiers. Un quotidien allié à la poche et au chéquier du brave s’est écrié : « On est où là ? » oubliant que sous le digne fils de Koudou Paul et de Gadô Marguerite, les partisans militaires et civils du brave ont fait pire. Ces policiers ont paralysé une partie de la capitale administrative, criant « on veut notre argent ». Si le premier jour ils ont été tolérés, le second fut un rendez-vous manqué parce que certains petits zélés ont reçu ordre de « gazer » leurs collègues. Et tout cela intervient dans un contexte de phobie des coups d’Etat. Tous tremblent comme une vieille feuille offerte aux caprices du vent. Pourtant ils considèrent tous que les coups d’Etat sont une autre « révolution des œillets ». Alors voilà donc nos petits dictateurs éburnéens se crever l’œil, s’immoler par le feu et déverser leurs biles colériques sur de pauvres citoyens. Ils enchainent les rafles, traquent les populations et vont jusqu’au pays de Faure, fort imbibé de dictature. Cet autre tyran n’a trouvé mieux que d’offrir à son image éburnéenne, un proche du fils de Koudou. En un battement de cils, celui-ci pose les pieds en Eburnie. Motif : il prépare la « révolution des œillets ». Qu’est-ce qui se passe dans ce pays donc? Pourquoi toutes ses rumeurs de coup d’Etat ? Un brave est le personnage le plus aimé dans un film, alors pourquoi des gens veulent-ils lui faire voir de toutes les couleurs? Et puis c’est un homme capable, il ne devrait même pas avoir de manifestations de policiers, il devrait régler leur problèmes en un clin d’œil, comme le dirait Charles Baudelaire, « un éclair puis la nuit » donc très rapidement. Il ne devrait pas avoir de rafles, parce que le brave est l’acteur préféré des téléspectateurs. Il est adoré, personne, je dis bien personne ne peut lui arracher le fauteuil qu’il a arranché à Séplou il y a de cela un an déjà. Si l’on constate cette phobie, cette frilosité jamais égalée c’est que le pouvoir prend de l’eau de toutes parts. Alors je continue à me poser la question « Brave tchê i bêh sé ko lâa ? »
Les faits énumérés, viennent se greffer à la souffrance du petit peuple qui ne cesse de marmonner entre quatre murs. Ce peuple a peur de dire « Y en a marre », les populations ont peur de crier « brave tchê dégage », tous ont peur de se créer une « place Tarir », place de la libération. Ils ont peur de rencontrer le fusil des bidasses tribaux de la République. Peur de croiser les fusils des chasseurs traditionnels Dozos, composante des bidasses tribaux. Ils ont peur de tomber entre les mains génocidaires des petits partisans galvanisés par un certain monsieur dont il convient d’ajouter à son patronyme, le mot « cimetière ». Ils ont tous peur, j’ai aussi peur. Le malaise est donc profond. Mêmes celles de ses militantes qui scandaient « Ayé k’non tah accouchement gratuit !* » ont subitement perdu la voix. L’accouchement, les soins ne sont pas gratuits. Tout se paie. L’homme capable, celui qui peut tout faire comme le messie, a du mal à soigner l’intérieur des pauvres éburnéens. Il n’a ni Bétadine, ni anti douleur pour apaiser, ne serais-ce que précairement, la souffrance de ce peuple. Il est incapable. Or le chat cloitré dans l’angle de la maison sous le coup de menaces, se résous inévitablement à bondir et lorsqu’il le fera, on s’interrogera encore «Brave tchê, i bêh sé ko lâa?»
Le brave ne peut donc rien parce qu’il est débordé par le mal qu’il a semé. Et pour ce que je sais, dans cette éburnie, lorsqu’un homme n’a pas la compétence pour gérer une situation, il doit céder la place. Pendant longtemps, Tiken Jah, cet artiste connu pour son inconséquence et son incohérence a chanté, « nii itè sé i bêh bô » autrement dit, si tu es incapable, débarrasse le plancher. Comme je sais que « Brave tchê têh sé ko lâa » c’est-à- dire qu’il est incapable, alors qu’il nous rende service en allant se reposer avec Nicolas de Nagy Bocsa dans leur maison de retraite anticipée.
An sèguê laa (nous sommes fatigués).
Les Pamphlets d’Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
Lexique Malinké (Dioula)
* Brave tchê:
le brave
i bêh sé ko laa?
es-tu capable?
*Ayé K’non ta : Faites-vous enceinter
 
 
 




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