Ouattara n’a pas d’armée. D’où lui viendra le salut?

Jeudi 9 Août 2012 - 07:41


Ouattara n’a pas d’armée. D’où lui viendra le salut?
Ce qui se passe sous nos yeux est très critique pour le régime dramanien, qui vient de fêter les 52 ans «d’indépendance» de la Côte d’Ivoire. La réalité des faits de ces derniers jours montre que Ouattara n’a pas d’armée, même s’il possède des milliers d’hommes en treillis militaires. Rappelons nous des assauts finaux lancés par la rébellion en avril 2011 contre le régime de Laurent Gbagbo. Tous ces assauts dits finaux se sont résulté par des échecs.
. La situation devenait si comique et ridicule que les rebelles postés à l’entrée d’Abidjan n’osaient plus évoquer un quelconque assaut final. Puis ce fut l’arrestation du président Gbagbo. Les rebelles se vantaient d’en être les auteurs. Alors qu’ils avaient été désignés pour sous-traiter une partie du boulot de la France, ils tenaient à se vanter d’un mérite illusoire, après cette «arrestation». Ils n’avaient pas hésité de brandir Gbagbo comme un trophée de guerre, tentant ainsi de convaincre qu’ils étaient les maîtres d‘œuvre de son arrestation à sa résidence. Eux, les rebelles, voulaient montrer aux yeux du monde qu’ils étaient les braves, les plus forts. Et pourtant leurs commettants pour la tâche ne se laissaient pas bercer par une telle illusion. Il ne comptait que sur des mercenaires étrangers, la Licorne et les casques bleus de l’ONUCI pour assurer sa sécurité.
Les faits de ces derniers jours viennent encore de lui donner raison. Tout porte à croire que nous assistons à un véritable désarmement de «l’armée» de Ouattara. Akouédo attaqué, et sa poudrière entièrement ou quasiment vidée. Et fait surprenant, aucun renfort n’a pu venir à temps inquiéter le commando opérant dans le camp, a-t-on appris. Comme si se renfort voulait faire face à un minimum de risque de son côté, il s’est déporté sur les lieux après le départ du commando. Puis comme à leur habitude, ils ont pris soin d’interpeller des pauvres innocents dans les environs, après avoir terrorisé les populations, pour les présenter comme des membres du commando. Car, après tout, il faut montrer aux ivoiriens, qu’ils n’ont pas à s’inquiéter et que «la situation est sous contrôle». Or la vraie cause d’inquiétude est là: des armes ont été prises. Et ses armes ne sont pas des objets de décoration d’un salon, encore moins des jouets d’enfants. Elles serviront certainement à créer une situation d’insécurité de haut niveau. Il faut se rappeler que le camps d’Akouédo avait fait l’objet de plusieurs attaques sous le régime Gbagbo, sans pour autant tomber sous le contrôle des assaillants. Ce qui prouve qu’une véritable armée gardait ce camp avant l’arrivée de Ouattara.
Le commando qui opère en ce moment, apprend-on de certaines sources, ne fait que désarmer les FRCI. Ils ont été désarmés à Akouédo, Abengourou et Agboville. Se désarmement se poursuivra, semble-t-il. Mais qu’est-ce qu’une armée sans les armes? Que pourrait bien signifier une armée désarmée? Simplement un tonneau vide, qui pourra faire beaucoup de bruit, mais qu’un simple coup de pied pourra projeter à des dizaines de mètres. L’autre gros souci de Ouattara est que le pays reste encore sous embargo des armes. Alors question: pourquoi «la communauté internationale» empêche -t-elle à un président «démocratiquement élu et légitime», depuis plus d’un an, d’acquérir des armes pour défendre son pouvoir et la souveraineté du pays qu’il dirige? Il s’agit pour cette communauté internationale, via l’ONU, de montrer que le pays a perdu sa souveraineté et doit désormais compter sur elle pour se défendre. Encore faut-il qu’elle veuille bien le défendre et défendre le pouvoir régnant. Sur la question, les casques bleus de l’ONUCI et la force française Licorne semblent, pour l’instant, ne pas être très chaud pour venir au secours de Ouattara. D’où lui viendra le salut si la situation ne change pas en sa faveur? Il est bien conscient qu’elle ne viendra pas de ce ramassis de dozos, mécaniciens, apprentis de gbaka, bandits, drogués et autres parias composant le grand nombre des FRCI. Eux seuls ont droit aux armes, les gendarmes et policiers ayant été désarmés depuis la prise du pouvoir par Ouattara. Dans la situation actuelle, lui et l’ensemble de son équipe ne peuvent qu’afficher une fausse sérénité. Et comme de bons rats, il est certain qu’ils ont prévu plusieurs trous pour s’échapper, quand la chaleur commencera à monter en intensité, si le salut espéré de l‘ONUCI et de la Licorne ne vient pas.
 
Jean Ives Gougnon.




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !