Ouattara gère mal l'arent du pays: 690 milliards FCFA détournés.DENOS : 1232 milliards . Déficit budgétaire :100 milliards

Lundi 16 Décembre 2013 - 00:37


Le projet de loi portant règle- ment du budget de l’Etat pour l’année 2012 a été « curieuse- ment » voté  « à l’unanimité », hier, en commission des Affaires économiques et finan- cières. Une unanimité qui contraste fortement avec les multiples et légitimes réserves portées sur le document que le tout nouveau ministre en charge du Budget, Cissé Abdou- rahmane, s’est empressé d’évacuer (avec aisance, recon- naissons-le) sous les ovations tout aussi incompréhensibles des députés membres de ladite commission. Du genre, c’est un mauvais brouillon, mais passons ! La première attaque des députés porte sur la forme. Alors que la loi organique  stipule que la saisine des députés se fait au plus tard un an après l’exécution du budget de l’Etat (en l’espèce, soit en mai 2013), ceux-ci ont reçu les documents plus tard que prévu, le 17 juin 2013. Et en deux étapes : le texte central et les annexes après. Qui plus est,  la Côte d’Ivoire n’a pas encore transposé  dans  son corpus juridique les directives de l’Uemoa portant loi  des finances  (ce qui devait être fait depuis le 31 décembre 2011).«C’est le fait de la crise que nous avons connue début  2011», tranche le commissaire du gouvernement. Alors que le travail préparatoire était achevé et qu’il ne restait qu’à exécuter les recommandations de l’Uemoa. Toujours sur la forme, ils se sont interrogés sur les raisons qui ont poussé  la ministre en charge de l’Economie et des Fi- nances, Kaba Nialé, à prendre un arrêté pour modifier le bud- get 2012, là où les textes exigent la loi de finances.  Sur le fond, les groupes parle-mentaires (sauf le Rdr qui a affiché délibérément  une position de défenseur du gouvernement) ont, tour à tour, dénoncé les mauvaises pratiques de ges- tion dans le cadre de l’exécution budgétaire.

Des dépenses hors norme

Aussi, les députés ont-ils réclamé des précisions  sur l’utilisation de la somme de  690 milliards FCFA  que  les postes comptables assignataires ne reconnaissent pas, alors qu’elle est inscrite dans le Compte général de l’administration financière (Cgaf). Or, une dépense publique  doit répondre à une  affectation clairement identifiée et certifiée par les contrôleurs budgétaires. Ceux-ci ont-ils été légers dans l’exécution de leur tâche parce qu’ils ont validé toutes ces anomalies? Ou bien ont-ils subi de « douces pressions » pour contourner  les procédures ? Le commissaire du gouverne- ment explique ce fait par l’immensité territoriale du pays. «La Côte d’Ivoire est vaste. Les rapprochements ne se font pas systématiquement. Des  efforts sont à faire pour procéder dans le temps à des rapprochements comptables. D’où les incidences sur    certains  chiffres  ». Une explication qui ne peut prospérer du fait du principe de l’unicité des caisses gérée à travers le Sigfip. Un système qui prend en compte in situ les flux financiers de l’Etat. Dans le même registre  des anomalies «  certifiées  », les députés ont fait ressortir le montant élevé des avances de trésorerie et des dépenses non ordonnancées qui se situent, globalement,  à 1232 milliards FCFA. Soit le tiers du budget 2012. Une  sacrée performance ! Pendant ce temps, observent les députés, les recettes de l’Etat connaissent des rétrécissements visibles du fait des contreper-formances enregistrées par les régie financières. Subséquemment,  l’exécution du budget s’est soldée par un déficit de près de 106 milliards FCFA. Ce qui ramène les avoirs totaux de l’Etat à 22,83 milliards FCFA, au moment où le budget 2012 est exécuté. Ça veut dire que l’Etat de Côte d’Ivoire ne dispose que de 22,83 milliards FCFA dans ses comptes (le pays doit même à la Bceao, a-t-on appris du commissaire du gouvernement). La Côte d’Ivoire a une position nette fragile qui requiert une grande  prudence. On voudrait bien comprendre que le gouvernement multiplie les bons du Trésor pour engranger de la
liquidité à court terme, mais que cela ne devienne pas un système de gestion, tout comme le recours systématique à l’emprunt extérieur.

J-S Lia


Source: Le Nouveau Courrier N°4592 des samedi 14 & dimanche 15 décembre 2013




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