Onuci- pouvoir Ouattara: Le début du grand désamour

Vendredi 5 Juillet 2013 - 02:00


Des casques bleus de l'ONUCI
Des casques bleus de l'ONUCI
Dans un article au vitriol intitulé «L’Onu complice des déstabilisateurs» publié mardi 2 juillet, le journal l’Expression pro-Ouattara n’est pas du tout tendre avec l’Organisation des Nations unies. « Le discours du genre , « Nous sommes là pour accompagner les Ivoiriens », ressassé par les différents représentants spéciaux du SG de l’Onu, donne de l’eau au moulin des détracteurs des Nations unies. Certains soutiennent mordicus que les missions de maintien de la paix jouent la carte du pourrissement pour ne pas avoir à quitter le pays où elles s’installent. Dans le cas ivoirien, les hommes de Ban Ki- Moon ne devraient pas hésiter un seul moment à prendre à bras le corps la question de la sécurité dans l’Ouest » , accuse le journal. Le désarroi semble profond après lecture d’un tel texte, au sein du régime issu de la rébellion du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (Mpci). Porté à bout de bras par les successifs Représentants du Secrétaire général de l’Onu, d’Albert Tévoédjré à Pierre Schori, Gérard Studman, Berth Koender’s, l’ancienne opposition civilo-militaire arrivée au pouvoir le 11 avril 2011, après une guerre fratricide, a du mal à croire que son soutien tradition - nel puisse la lâcher au moment où elle est soumise à des violentes attaques perpétrées par ses propres éléments qui atten - dent d’être réinsérés dans le tissu social après utilisation. Faisant face à ses propres monstres robotisés, le nouveau pouvoir d’Abidjan tente le tout pour le tout pour sortir des griffes de l’insécurité. Mais à défaut d’y parvenir, le régime Ouattara s’est trouvé un bouc émissaire, par média interposé, qui se trouve être, l’Onu, un  allié  incontournable sans l’apport de la quelle l’ex- rébellion conduite par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale, serait un vieux souvenir pour les Ivoiriens et Alassane Ouattara n’aurait jamais caressé le fau - teuil présidentiel. Peut-être que les médias pro-Ouattara feignent d’ignorer les missions officielles qui sont celles de la Représentation onusienne en Côte d’Ivoire. Lesquelles missions consistent entre autres à «protéger les populations vulnérables», «s’inter - poser entre belligérants» en cas de trouble ou reprise de trouble, «imposer et renforcer la paix» etc. Nullement il n’est question ici sauf agenda secret, que les forces onusiennes interviennent pour «prendre à bras le corps la question de la sécurité dans l’Ouest» . La Côte d’Ivoire étant un Etat souverain, la protection des populations vivant sur son territoire incombe premièrement à ses autorités compétentes. Non à l’Onu qui n’est liée à la Côte d’Ivoire par aucun accord de défense. Mais doit-on plaindre un régime dont le passé est rythmé par la violence, le recrutement de mercenaires, l’enrôlement d’enfants soldats, l’endoctrinement d’une partie des populations culturellement et sociologi quement proches d’elles ? Pas vraiment.

Le pouvoir d’Abidjan paie cash le prix de sa politique de la terre brûlée. Politique du moi ou rien. Encore qu’il faut pouvoir faire la démonstration de sa gratitude à l’endroit de ceux qui vous ont aidé à être là où les armes vous ont installés. Ce qui n’est pas le cas en ce moment avec les milliers d’ex-combattants à démobiliser. D’où l’insécurité ambiante. Lundi 1er juillet 2013, à Kong dans la région des Savanes (Korhogo) ce sont les enrôlés d’hier qui réclament récompenses pour service rendu. Las d’attendre, ils ont du employer les moyens que comprend le régime pour se faire entendre. Conséquence de cette politique d’ingratitude, un convoi officiel du  directeur de l'Autorité pour la démobilisation, le désarme ment et la réinsertion (Addr) des ex-combattants, est attaqué par les ex-combattants qui ont tué un gendarme et fait plusieurs blessés. Un peu plus au nord, à Tengrela, d’autres ex-combattants se soulèvent le même jour qui coïncide avec la visite de leur chef suprême, Alassane Ouattara. Les ex-combattants de Tengréla, s'en prennent au commissariat de police. Mais alors question : Quelle solution peut-on demander à l’Onu quand, Alassane Ouattara et Soro Guillaume respectivement chef de l’Etat et président de l’Assemblée nationale, deux leaders incontestables du grand Nord, se retrouvent au milieu des leurs qui n’entendent que la rétribution de leur dévotion à l’ex-rébellion ? Pousser loin l’analyse aurait peut-être eu le mérite d’éviter cet encadré vindicatif du confrère l’Expression. Quand on n’aime plus son chien on l’accuse de rage. Un encadré dans lequel le journal pro-Ouattara déverse tout son fiel sur le parrain onusien et qui a pour titre évocateur ‘ ’Soutien déguisé aux pro-Gbagbo ?’ ’ « L’Onu est semble-t-il sur place pour empêcher la déstabilisation du pouvoir. Mais depuis la fin de la crise pos - télectorale et le début des attaques armées contre les symboles de l’Etat, on n’a pas vu l’Onu s’impliquer véritablement pour soutenir les forces régulières, en vue d’annihiler les offensives d’assaillants » . Encore une fois, le confrère persiste à méconnaitre la vraie mission de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). «C’est encore elle qui a les rapports. D’avance, les Onusiens savent ce qui se prépare, à travers leurs renseignements, comme vient de nous l’apprendre Ban Ki-moon devant le Conseil de Sécurité de l’Onu, vendredi. Mais l’Onu reste les bras croisés devant ces menaces. C’est pourtant elle qui détient les armes, les moyens et les hommes, capables de faire face à n’importe quelle attaque», s’alarme le journal pro- Ouattara. Un article qui traduit le sentiment d’une fin imminente du régime d’Abidjan. Alassane Ouattara n’aurait-il plus les moyens d’assurer la sécurité des Ivoiriens ? Aurait-il perdu la confiance aveugle qu’il plaçait en ses anciens chefs de guerre ? Pendant dix ans, ils ont planifié la déstabilisation du pouvoir légal  d’Abidjan. Pourquoi, est-ce maintenant qu’ils doivent ‘’vivre ensemble’’ avec l’Onu, qu’ils choisissent d’attaquer Ban Ki- Moon et son institution. En 2006, avec l’aide du Suédois Pierre Schori, ancien Représentant du Sg de l’Onu, et de la Française Brigitte Girardin, présidente du Groupe de travail international (Gti), Alassane Ouattara et ses soutiens de l’ex- rébellion du Mpci, du Pdci, du Mfa, de l’Udpci, ont souhaité la dissolu tion de l’Assemblée nationale et de la Constitution ivoirienne. Ce, pour empêcher le Président Laurent Gbagbo de gouverner sereinement la Côte d’Ivoire. Tous ces actes de bienveillance méritent reconnaissance. Ce n’est donc pas bienséant une fois parvenu au pouvoir, d’actionner ses mé - dias contre les fonctionnaires onusiens et les menacer de rentrer chez eux. Le ver est-il dans le fruit ? Attendons de voir.

Simplice Allard
sallard05@yahoo.fr

Source: Le Temps




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