Occupation des terres à l’ouest de la Côte d’Ivoire: Le régime Ouattara passe aux aveux

Mercredi 3 Avril 2013 - 07:18


Occupation des terres à l’ouest de la Côte d’Ivoire: Le régime Ouattara passe aux aveux
En visite à Toulépleu, dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a enfin reconnu que les terres des populations autochtones sont occupées par des étrangers.
Au cours de sa visite dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a déclaré, à Toulépleu, que des gens appellent leurs parents qui sont en France et leur demandent de l’argent pour payer des mercenaires à l’effet de libérer leurs terres occupées. Hamed Bakayoko estime que c’est de la « manipulation ». Par conséquent, il exhorte les populations à ne pas suivre ce genre de personnes qui font de la «manipulation», et que «l’Etat a conscience de l’existence du problème foncier et il s’attelle à le régler».


L’aveu du gouvernement


Ce qu’on peut retenir des propos du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur de Ouattara, c’est le fait qu’il reconnaît enfin l’occupation des terres des populations de l’ouest par des étrangers. Et que c’est cette occupation forcée qui est à la base des affrontements qui deviennent récurrents dans cette partie de la Côte d’Ivoire. Pour une fois, il n’a pas indexé ceux qu’il appelle les «pro-Gbagbo».
En effet, Hamed Bakayoko avait toujours soutenu que les affrontements dans l’ouest du pays étaient le fait des «pro-Gbagbo» qui, selon lui, veulent déstabiliser le régime de Ouattara à partir de l’ouest. Il n’avait jamais admis la thèse de l’occupation de force des terres des populations wê par des étrangers armées.
C’est le lieu de rappeler qu’il y a trois jours, le représentant spécial de l’Onu indiquait que les affrontements à l’ouest étaient justement dus aux conflits fonciers. Que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur reconnaisse lui-même aujourd’hui que les affrontements à l’ouest sont le fait de conflits fonciers est un aveu de taille du gouvernement. Ce d’autant plus qu’Hamed Bakayoko n’est pas que ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. C’est le n°2 du gouvernement ivoirien. C’est pourquoi il est à déplorer qu’en même temps qu’il reconnaît l’occupation des terres des populations wê par des individus qui n’en ont pas droit, il ne dit pas quand et comment le gouvernement compte régler le problème. Car si les populations sont amenées désespérément à solliciter l’aide de leurs enfants qui sont en France afin de libérer leurs terres comme il l’insinue, c’est certainement parce que ces populations se sentent abandonnées par le gouvernement dont le premier devoir est la protection du territoire national et la défense des intérêts de ses nationaux. Il s’est seulement contenté de dire que le gouvernement en a conscience. Mais il ne suffit pas d’en avoir conscience. Il faut y apporter des solutions idoines pour mettre fin aux affrontements à l’ouest du pays au lieu de passer le temps à accuser les «pro-Gbagbo». Si Hamed Bakayoko ne veut plus qu’il y ait des affrontements à l’ouest, qu’il règle le problème de l’occupation des terres ! Car les terres constituent les seules richesses et le seul héritage des paysans. Donc sauver leurs terres est une question de survie pour les populations wê. Il appartient à l’Etat de vite agir.


De l’impuissance du gouvernement


Mais le pouvoir Ouattara peut-il régler le problème de l’occupation des terres ? Rien n’est sûr ! On pourrait même répondre par la négative. En ce sens que ce sont les chefs de guerre de l’ex-rébellion armée pro-Ouattara et leurs hommes, qui sont pour la plupart des Burkinabé, qui occupent de force les terres dans l’ouest du pays après avoir tué ou chassé les propriétaires terriens. Ne pouvant pas leur donner ce qu’il leur avait promis, Ouattara les a laissé s’installer dans les forêts en échange de ce qu’il leur doit, Ouattara leur étant redevable. En clair, il leur doit son pouvoir. Le cas d’Amadé Ouédraogo Rémi dit Ouréimi est éloquent. Ce chef rebelle burkinabé occupe la forêt du Mont Péko, dans la région de Bangolo, avec une armée de plus de 300 hommes sans que cela n’interpelle le chef de l’Etat. Selon des informations dignes de foi, cet ancien chef de guerre nargue même Ouattara en disant que c’est à Abidjan qu’on parle de son départ du Mont Péko. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour chez lui. Et Ouattara sait ce que ce dernier fait dans cette forêt. C’était au moment où l’Etat parlait de son départ imminent. Et les faits lui ont donné raison puisqu’il n’a jamais été inquiété.
C’est donc pour toutes ces raisons qu’Alassane Ouattara est impuissant devant ce problème gravissime qui constitue une bombe à retardement dans tout le grand ouest. Car ce n’est pas seulement à l’ouest que les Burkinabé occupent de force les terres des Ivoiriens. On observe le même problème dans toute la zone forestière. Et c’est pour intimider autochtones pendant que les Burkinabé occupent leurs terres qu’on a déversé les dozos dans tous les villages et hameaux. De sorte que quand un paysan se plaint de ce qu’un Burkinabé occupe ses terres, les dozos se ruent sur lui, le ligotent et le battent à volonté. Et, pour mieux terroriser les paysans, les dozos ont érigé des barrages partout où les paysans doivent payer pour aller dans leurs champs. Et cela est su de l’administration de toutes les localités où se sont installés les dozos.


Boga Sivori
Bogasivo@yahoo.fr


Source: Notre Voie du 2 avril 2013

   




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