Observatoire N°021-JN2014 de JSF relatif à la situation sociopolitique et à la gouvernance

Mercredi 2 Juillet 2014 - 05:43


ADO et Duncan
ADO et Duncan
L’Observatoire est une analyse que Jeunesses Sans Frontières porte à périodicité mensuelle sur la marche de la société.

Les défis à relever dans une nation comme la Côte d’Ivoire, qui sort de deux (02) décennies de crises multiformes, sont nombreux. Cette situation doit interpeller tous les acteurs, toutes les forces vives de la société, afin que chacun apporte de façon sincère son concours pour la reconstruction d’une nation nouvelle, forte et prospère.

C’est dans cette perspective que Jeunesses Sans Frontières s’attèle au moyen d’un leadership nouveau, à sensibiliser et agir pour un changement durable.

D’où ce présent Observatoire, le sixième du genre durant cette année, relatif à la situation sociopolitique et à la gouvernance.
 

I-    Concernant la sécurité
 

Si la traditionnelle situation sécuritaire connait une nette amélioration, ces derniers jours les Ivoiriens sont confrontés à un autre problème de sécurité : les pluies diluviennes aussi terrifiantes que meurtrières.

Dans notre déclaration N°020-JN2014 publiée à Mossikro (Attécoubé) sur les sites du drame, JSF n’a manqué d’une part de dénoncer la légèreté meurtrière avec laquelle le gouvernement traite cette situation qui cause chaque année, à la même période, des dizaines de morts. Et d’autre part Jeunesses Sans Frontières a condamné dans cette déclaration l’irresponsabilité et l’incivisme des populations qui au mépris du bon sens et des campagnes de sensibilisation, mettent en danger leur vie et celle de leurs proches. L’impuissance affichée vis-à-vis de cette situation témoigne d’une incapacité de nos autorités à assumer leurs devoirs régaliens, au nombre desquels figurent en bonne place la protection des populations et de leurs biens.

Il urge donc que le gouvernement se ressaisisse, et sorte les solutions qui s’imposent pour faire respecter les règles d’urbanisation et faire déguerpir les populations habitant les zones à risque. Si nous devions revivre ces drames au cours de la prochaine saison pluvieuse, en 2015, le président Alassane OUATTARA et son gouvernement porteront l’entière responsabilité de cette Nième hécatombe.

Revenant aux questions de sécurité classique, le recrutement d’anciens combattants aux fonctions de sapeurs pompiers civils est un acte salutaire. Jusqu’à présent, nous n’avions cessé d’interpeller les autorités sur la menace que constitue ces derniers sur la sécurité. JSF encourage le gouvernement à œuvrer davantage pour occuper sainement toutes ces personnes qui ont été exposées à l’usage des armes, bien entendu après leur désarmement effectif.
 

II-   Concernant la situation socioéconomique
 

La dernière analyse consacrée par la Banque mondiale aux politiques et institutions publiques en Afrique révèle que la Côte d’Ivoire a nettement amélioré son environnement économique. Cette performance indique que ces réformes gagnent du terrain. Jeunesses Sans Frontières se réjouit de cette donne et encourage le gouvernement dans ses efforts pour la modernisation de notre économie. Cependant, les bons indicateurs macroéconomiques qui découlent des actions du gouvernement, tardent à impacter le quotidien des populations. La grande majorité des populations vivant en Côte d’Ivoire croule sous le poids d’une vie de plus en plus chère. Si bien que nos conditions de vie ne cessent de se détériorer. Après le rendez-vous manqué de 2013, le président OUATTARA a promis aux Ivoiriens une amélioration de leurs conditions avant la fin 2014. Jeunesses Sans Frontières souhaite vivement la tenue de cette promesse. Le gouvernement ne doit ménager aucun effort pour alléger le poids de la vie à leurs concitoyens.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, annonce à juste titre qu’il entreprendra, du 08 au 14 juillet 2014, une tournée à l’intérieur du pays, en vue d’échanger avec les opérateurs économiques. Pour s’imprégner des prix des denrées alimentaires de première nécessité, de l’affichage des prix ainsi que de la conformité des instruments de mesure. Cela, en vue de lutter contre la cherté de la vie. Tout en saluant les efforts consentis, Jeunesses Sans Frontières invite le gouvernement à en faire davantage. Car en matière de gouvernance, ce qui compte ce sont les résultats et non les belles promesses, encore moins les slogans fantaisistes de campagne. Or sur bon nombre de points cruciaux, les Ivoiriens demeurent sur leurs fins quant à la qualité de la gouvernance.
 

III-  Concernant la gouvernance
 

Les années de crise qu’a connue la Côte d’Ivoire ont incontestablement contribué à affaiblir l’Etat. Toute chose qui a favorisé une croissance exponentielle de la mauvaise gouvernance. L’on a à juste titre parlé à l’époque de corruption institutionnalisée.

L’arrivée au pouvoir du président OUATTARA a entretenu les espoirs quant à une éradication de cette gangrène. Mais très tôt nos espoirs ont été douché, tant la corruption a repris des couleurs. La supposée lutte acharnée du gouvernement contre la corruption n’a convaincu aucun observateur crédible. Si bien que nous avons réclamé et obtenu en décembre 2013 la création d’un outil de répression contre la corruption : la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance. Si nous nous sommes réjouit de la signature du décret créant cette institution, nous avons cependant décrié la lenteur constaté dans son application. Pourquoi devrons-nous signer des décrets et trainer dans leurs applications, surtout lorsqu’il s’agit de lutter contre un fléau aussi préoccupant que la corruption ?

En effet, la composition des membres de cette institution n’a été rendu publique que ce 25 Avril 2014. Jeunesses Sans Frontières appelle le gouvernement à observer plus de célérité dans la mise en application des reformes. De façon spécifique, nous interpellons la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, dont les membres sont désormais connus, à s’attaquer sans délai aux problèmes pour lesquels ils ont été nommés.
Somme toute, Jeunesses Sans Frontières demeure optimiste quant à la marche globale de la nation. Cependant, nous réclamons davantage de rigueur aux autorités dans la conduite des affaires de l’Etat.
Par ailleurs, Jeunesses Sans Frontières invite l’ensemble des acteurs sociopolitique à faire davantage preuve de responsabilité et de bon sens, afin qu’au-delà des différences légitimes, l’intérêt supérieur de la nation triomphe en toute circonstance.
Pour sa part, Jeunesses Sans Frontières poursuit sans relâche ses initiatives en faveur de l’avènement d’une jeunesse nouvelle ; c'est-à-dire unie, fondamentalement responsable et entreprenante. Car, convaincu nous sommes, l’émergence de la Côte d’Ivoire demeure étroitement lié à la condition de sa jeunesse.

Abidjan, le 30 juin 2014

Pour Jeunesses Sans Frontières

Par le Présidium

Le Président

DIAKITE Tawakkal





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