Obama peut-il déjouer la malédiction des urnes?

Mardi 29 Mai 2012 - 01:12


Obama peut-il déjouer la malédiction des urnes?
Conséquence de la crise économique, de nombreux dirigeants occidentaux ont été désavoués par leurs concitoyens. Les électeurs américains pourraient être tentés de suivre le même mouvement.
Sur sa première photo de groupe avec les grands de ce monde lors du sommet du G20 à Londres, en avril 2009, le président Obama était tout sourire. Mais, à six mois de son éventuelle réélection, un bref coup d’œil à ce cliché n’est guère rassurant.
La plupart des dirigeants qui étaient à la tête des grandes économies de la planète quand la photo a été prise ne sont plus en poste. Ils ont été victimes de la crise économique mondiale et de la colère des électeurs.
Le Britannique Gordon Brown, l’Australien Kevin Rudd, l’Espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, le Japonais Taro Aso, l’Italien Silvio Berlusconi et le Français Nicolas Sarkozy ont disparu de la photo.
Seuls deux dirigeants occidentaux présents à Londres, l’Allemande Angela Merkel et le Canadien Stephen Harper, sont encore en poste aujourd’hui. A l’heure où Obama fait campagne contre Mitt Romney, la question est de savoir si les forces qui ont balayé tant de ses homologues sont également à l’œuvre aux Etats-Unis. Après la défaite de Sarkozy, de nombreux observateurs se sont demandé si Obama n’aurait pas des leçons à en tirer. Certains ont avancé que les électeurs d’Europe et d’ailleurs rejetaient les mesures d’austérité. Si les électeurs américains suivent le mouvement, cela pourrait favoriser Obama face au candidat
républicain Mitt Romney, qui appelle à des réductions plus sévères des dépenses pour enrayer la dette publique et le déficit.
Obama, tout comme Hollande, préconise, afin de faire face à la crise économique planétaire, un compromis entre l’épargne et la relance. Mais le message des électeurs dans le monde entier est peut-être davantage l’expression d’une colère envers les dirigeants sortants. Les équipes de campagne d’Obama et de Romney se sont abstenues de tout commentaire sur la défaite de Sarkozy. Jay Carney, le porte-parole du président, s’est contenté de souligner que “les conditions diffèrent d’un pays à l’autre” et a rappelé les efforts entrepris par Obama pour équilibrer les intérêts en jeu dans la reprise économique. L’équipe de campagne de Romney, de son côté, vise à convaincre les électeurs que l’approche choisie par le président face à la récession est à la fois erronée et timorée.
“Les Américains sont déçus de voir que la politique de gauche d’Obama n’a pas amélioré leur sort”, a récemment souligné Amanda Henneberg, porte-parole du candidat républicain. Alors, Obama rejoindra-t-il Sarkozy et les autres dirigeants mondiaux contraints plus tôt qu’ils ne le pensaient à une retraite post récession ? C’est ce débat crucial qui en décidera.

 
Michael D. Shear

Source: Le Courrier International

n° 1125 | du 24 au 30 mai 2012
 




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