Nouvelles preuves contre Gbagbo: Bensouda fait du réchauffé

Ses preuves jugées insuffisantes par la Cour pénale internationale (CPI), la procureure Fatou Bensouda avait été priée d’étoffer ses arguments contre le président Laurent Gbagbo sur sa responsabilité dans la commission de crimes contre l’humanité durant la crise postélectorale ivoirienne (2010-2011). Depuis lundi, son document qui renferme 1.300 éléments est aux mains de juges de la CPI. Rien de nouveau sous le soleil. Du grand n’importe quoi!

Jeudi 16 Janvier 2014 - 07:55


Fatou Bensouda, Procureure de la CPI
Fatou Bensouda, Procureure de la CPI
Le «document amendé» d’accusation de «crimes contre l’humanité» à l’encontre de Laurent Gbagbo – auprès de la Cour préliminaire 1 – dont la défense a également reçu copie, évoque un «Plan commun» de crimes conçu et mis en œuvre par l’ex-chef d’Etat ses proches dont Charles Blé Goudé et Bertin Kadet. Pour se maintenir au pouvoir. Ce plan, selon Fatou Bensouda, révèle que «Gbagbo a planifié, organisé, coordonné, ordonné, encouragé, autorisé et permis diverses mesures pour réaliser le plan commun et les crimes reprochés. En application de ce plan, des centaines de civils ont été persécutés, attaqués, tués, blessés et violés.» Entre autres plans dont le président Laurent Gbagbo aurait permis l’exécution, figures quatre «incidents». Il s’agirait de la répression, le 16 décembre 2010, pendant et après une marche des partisans d’Alassane Ouattara qui se rendaient à la maison de la RTI, la télévision nationale, la répression, le 3 mars 2011, à l’arme lourde d’une manifestation de femmes pro-Ouattara dans la com- mune d’Abobo (Abidjan-Nord), le bombardement «à l’aide de mortiers d’un secteur densément peuplé» dans la même commune, le 17 mars 2011, et l’attaque d’un quartier précaire de Yopougon (Abidjan-Ouest), le 12 avril 2011. Pour l’exécution de tous ces plans, argumente Fatou Bensouda, une «structure parallèle au sein des FDS (Forces de défense et de sécurité)», dirigée par l’ex-commandant de la Garde républicaine, aurait été mis en place. Son premier responsable, le général Bruno Dogbo Blé, quant à lui, prenait directement ses ordres auprès de Laurent Gbagbo. Le réquisitoire de la procureure de la CPI conclu que les crimes dont l’ex-chef d’Etat ivoirien est soupçonné «ont donc résulté de la mise en œuvre du Plan commun» et font de lui un co-auteur indirect de «meurtres, viols, autres actes inhumains et de persécution de population civile».

Du réchauffé à la sauce Bensouda

 Luis-Moreno Ocampo avait également men- tionné dans son réquisitoire les mêmes faits et chefs d’accusation déjà sus de l’opinion. Ces mêmes chefs d’accusation qui ne sont aucunement étayés de preuves indubitables, et battus en brèche par la défense de Laurent Gbagbo, viennent d’être à nouveau repris par Fatou Bensouda. Notamment des allégations de tueries des femmes à Abobo lors d’une manifestation, de bombardement d’un marché dans la même commune, ce qui a justifié l’entrée en guerre de la France par le vote de la résolution 1975. A ce stade de la procédure, après recadrage de l’Accusation, l’opinion s’attendait à des preuves palpables sur des allégations de «meurtres, viols, autres actes inhumains et de persécution de population civile» brandies contre le président Laurent Gbagbo. L’on s’attendait également à ce que Fatou Bensouda, en lieu et place d’une litanie d’événements successifs qui ont opposé des partis dans la crise post-électorale, éta- blisse la chaine de commandement (descendante et ascendante) et les différents moments d’intervention du président Laurent Gbagbo, avec forces détails. En ce qui concerne les allégations de tueries des femmes à Abobo lors d’une manifestation politique et de bombardement d’un marché d’Abobo, ces faits existent déjà au dossier et ont fait l’objet de débat lors d’une audience de confirmation des charges à la CPI. Concernant le premier chef d’accusation qui focalise l’attention de la procureure de la CPI, Le Nouveau Courrier s’était fait l’écho en février 2012 d’un ouvrage de Leslie Varenne : «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire : terrain de jeu de la France et de l'ONU», dont elle aurait pu s’inspirer. Envoyée de La Tribune de Genève, la journaliste française avait passé du temps à Abobo aux côtés des combattants du Commando invisible qui contrôlaient encore la quasi-totalité de cette commune. Après ses recherches, elle a affirmé que le RDR avait piégé ses militantes d'Abobo en leur faisant croire que le Commando invisible et les casques bleus de l’Onuci qui n’avaient pas été mis au parfum de leur marche leur garantiraient une protection en cette période si sensible. Le parti d’Alassane Ouattara, si l’on en croit Leslie Varenne qui a rencontré certaines marcheuses, a donc choisi à dessein de faire manifester ses femmes sur la voie de ralliement des FDS entre le camp de gendarmerie d’Agban et le camp commando d’Abobo.
Dans les faits liés au prétendu bombardement du marché d’Abobo, aucun témoignage précis n’a encore clarifié les circonstances. Plus troublant, le RDR avait opté pour un enterrement expéditif en dehors de toute autopsie et examen des corps des manifestantes tombées sous les balles.

Un ramassis d’insinuations et de propos hors contexte  

Dans son document, la Procureure de la Cour pénale internationale relève un certain nombre de propos qui, selon elle, auraient déclenché ce qu’elle qualifie de « crime contre l’humanité » imputables au président Laurent Gbagbo. «Votre rôle c’est de mâter tous ceux qui sont contre la République », aurait lancé l’ex-chef d’Etat à ses hommes. Ou encore des propos prêtés à Simone Gbagbo ou des proches à la légère. En quête de preuves qu’elle a du mal à trouver, Fatou Bensouda remet au goût du jour ses coupures de presse complétées avec des morceaux de discours et des affirmations gratuites qui s’inscrivent dans son schéma d’imposture judiciaire. Autant dire que la montagne a accouché d’une souris, comme il fallait s’y attendre. La Défense du président Laurent Gbagbo a jusqu’au 13 février pour apporter ses observations aux éléments contenus dans le document de l’Accusation qui comme à son habitude, attend le dernier jour pour déposer sa paperasse mensongère en se mettant en idée que la Défense aura du mal à les éplucher comme il se doit pour lui apporter la riposte appropriée.
Par Gilles Naismon
Source: Le Nouveau Courrier    N° 974 Du Mercredi 15 Janvier 2014




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