Nous allons apaiser les cœurs des militants » : Parole d’un nomade politique qui avoue les échecs du camp de la haine. Pourquoi les déçus de l’imposture doivent rejoindre le camp républicain ?

CIVOX.NET
Mardi 26 Avril 2016 - 13:54


Joel N'guessan porte parole du RDR
Joel N'guessan porte parole du RDR

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Disait Corneille. Autrement dit : "La victoire n'a d'intérêt que si l'on donne de sa personne, au-delà même de ses propres convictions, pour l'obtenir." Pour avoir le multipartisme et un espace induit de liberté, les Ivoiriens ont connu le péril entre 1989 et 1990. Ils étaient en train de consolider cet espace de liberté quand les nostalgiques du pouvoir totalitaire sont venus leur imposer un autre péril. Mais les Ivoiriens ont du mérite ; ils auront donc la gloire. 
Les tenants du pouvoir totalitaire, après avoir triché le 19 septembre 2002 avec l’histoire de la jeune pratique démocratique en Côte d’Ivoire, se sont illustrés par un niveau de cruauté et d’horreur qu’un Ivoirien ne pouvait penser administrer à un autre Ivoirien, surtout en 2011 soit au XXIè siècle. Depuis, leurs propres horreurs les hantent. Ils ont peur de leur propre barbarie et veulent donc remettre d’autres couches de triche pour rester au pouvoir de façon pérenne. En fait, comme leur propagande avait encore prise sur ceux qui les ont suivis dans la tragédie qu’ils ont faite subir au peuple de Côte d’Ivoire, ils semblaient ne rien voir de mal autour d’eux ; ils semblaient ne rien comprendre de grave et d’anormal. 
Mais cinq ans après, la désillusion a gagné ceux en qui ils semé la haine ; ces Ivoiriens qui ont cru que ceux qu’ils considéraient comme leurs élites, ne pouvaient que leur dire la vérité ; ces Ivoiriens dont ils ont trompé les cœurs ; ces Ivoiriens dont ils ont, en fait abusé. « Nous allons apaiser les cœurs des militants ». Dixit le porte-parole du RDR dans le journal « le patriote » dans sa livraison du 25 avril 2016. Rappelons que ce quotidien est le propagandiste de «  la Charte du Grand Nord » en 1991 ; C’est ce journal qui a montré une carte de la Côte d’Ivoire divisée en deux. C’est donc depuis plus d’un quart de siècle le support d’une idéologie de division et de haine. Parce que ces gens-là ne prospèrent que dans le désordre et l’anarchie.
Pourquoi subitement : « Nous allons apaiser les cœurs des militants » ? C’est qu’après s’être débarrassés du conditionnement, dans leur enrôlement pour soutenir une politique de « rattrapage ethnique », ces Ivoiriens dont les ennemis de la démocratie ont abusé, se sont rendus compte de ce qu’ils n’ont en réalité rien à voir avec des pratiques honteuses, de gens sans cœur qui ne font que les utiliser. Ils sont donc en fait du bétail d’un groupe d’intérêt économique sans pitié, qui veut se donner un visage humain
Les tenants de la conception totalitaire de la politique ont enrôlé ces Ivoiriens. De bonne ou de mauvaise foi, ces Ivoiriens ont cru en leur mentor ; ils ont cru à ceux qui leur ont promis qu’ils prendraient les commandes de la Côte d’Ivoire pour eux. Cinq ans sont passés et rien de ce qui a été promis ne connaît aucun début d’apparition ; cinq ans durant, c’est une caste de personnes qui les paupérisent, qui développent la corruption et qui les grugent. Des travaux sont commandés aux fins d’en faire des prétextes de surfacturations ; des déguerpissements sans relogement ; des factures d’électricité gonflées sans fondement ; des caisses de l’Etat pillées pendant que les hôpitaux sont transformés en mouroirs ; des universités sans matériel alors que des budgets ont été alloués… Voilà qui révoltent des militants du RDR qui ont compris la réalité des choses.
Par ailleurs, nombre de ces Ivoiriens ont désormais compris que Laurent Gbagbo, présenté comme le bourreau est en fait la victime. C’est dire combien le virtuel ne tient pas lorsque le film projeté n’a pas sa transformation concrète dans le vécu quotidien des populations. La Côte d’Ivoire est un pays qui abrite des populations qui connaissent un brassage ethnique depuis des décennies. Les Ivoiriens sont donc condamnés à vivre ensemble. Laurent Gbagbo le démontre encore dans une déclaration qu’il a faite à La Haye : « … Nous avons besoin de la démocratie… Madame, regardez la Côte d’Ivoire. Si nous n’employons pas la démocratie, comment nous allons choisir le chef de l’Etat ? Il y a à l’Est, … les Akan qui ont un mode à eux pour choisir leur chef de village ou de canton ou leur roi. Nous avons à l’Ouest un pouvoir éparpillé… Quel mode électoral allons-nous prendre ? Donc la démocratie nous aide. Parce qu’elle fait tabula rasa de tout cela. Et elle donne à chaque individu considéré comme citoyen, une voix. C’est pourquoi je me suis engagé dans la lutte pour la démocratie. Et puis nous, qui venons des familles très modestes, s’il n’y a pas la démocratie, jamais on n’aurait des postes élevés. Mais la démocratie ce n’est pas seulement le vote… la démocratie, c’est le respect des textes… ».
Il faut donc la démocratie pour qu’il y ait la transparence ; il faut la démocratie pour qu’on puisse demander des comptes aux dirigeants ; il faut la démocratie pour que les reçus aux concours soient les vrais méritants…
Quand le RDR promet de construire une banque pour des militants, il s’agit là d’une nième escroquerie ; ce sera une autre tromperie. Courir ainsi de tromperie en tromperie finit par faire chuter la pyramide. C’est comme l’histoire de Lehman Brothers. La supercherie de ces institutions bancaires qui prêtaient l’argent dont elles ne disposaient pas en réalité.
Enfin, pour se reconstruire, le pays doit se rassembler avec les déçus du RDR, avec les démocrates de tous bords ou avec tous ceux qui font l’effort de s’ouvrir aux autres. C’est ce mouvement tranversal de Solidarité démocratique qui pourra inverser le cours des choses. Un tel mouvement pourra mettre hors d’état de nuire tous ceux qui gardent indélébilement en eux, des réflexes du parti unique quelquefois même avec des apparences « lisses ». Les Ivoiriens doivent se retrouver autour d’un idéal : « l’idée de nation et construction d’une nation ivoirienne ». Cette problématique doit être le socle d’une pensée de tolérance. Le pays peut et doit rebondir, ensemble avec ceux qui se sont trompés hier de bonne foi et/ou avec ceux dont on a grossièrement abusé.
Claude Koudou




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